12/10/2007

Derrière l'UDC... l'union sacrée!

Derrière l'UDC... l'union sacrée!

Paolo Gilardi

[article à paraître dans "lignes rouges", le 15 octobre]
La campagne électorale s’achève. Elle a sans aucun doute été l’une des plus dramatisées depuis des lustres. La surenchère journalistique, nombre d’observateurs l’ont souligné, a fini par occulter les enjeux de ces élections, pour autant que, des enjeux, il y en ait vraiment.
L’épouvantail Blocher a permis de masquer l’absence de divergences de fond entre les uns et les autres, les principales forces –verts et PSS d’un côté, libéraux-radicaux et PDC de l’autre- s’alignant toutes, à quelques nuances près, sur la politique de libéralisation et de démantèlement social dont est championne… l’UDC.
Dès lors, c’est de «méthodes» qu’on a beaucoup parlé. A juste titre, les affiches de l’UDC, ont suscité l’indignation. Indignation et colère salutaires, qui se sont traduites en particulier par la mobilisation des jeunes. Le 6 octobre à Berne, celle-ci a abouti à reléguer Blocher à la fosse aux ours, où il a dû se résigner à prononcer son discours en lieu et place de la vénérable Bundesplatz. Excusez du peu pour la symbolique! Même si aucune illusion n’est de mise sur le fait que l’UDC,  reléguée, le soit pour de vrai…
Suite à cette manifestation, et à celle qui l’a précédée à Lausanne, la presse et les partis ont fait à qui mieux mieux pour dénoncer «les casseurs» et la «détérioration du climat» politique. Et, tandis qu’à droite on tire profit de quelques vitrines brisées pour exiger un durcissement des mesures sécuritaires au delà de l’Euro 08, à «gauche» -surtout… tout à gauche- c’est le matraquage des jeunes manifestants par la police lausannoise aux ordres d’un magistrat de «A gauche toute!» qu’on couvre!
La dénonciation des méthodes, du «populisme», fait, elle, l’unanimité de Couchepin à Christian Grobet, le candidat à vie de «A Gauche toute!», signataire, avec le premier nommé et les représentants de tous les partis, sauf l’UDC, d’une déclaration contre les méthodes de Blocher.
Et pourtant, des «excès» de l’U.D.C. on ne s’en est pas toujours plaint. La «campagne populiste» du parti de Schmid et Blocher contre les «abus des bénéficiaires de l’A.I.» n’a-t-elle pas formé le terreau fertile pour que le parti de Couchepin et Pelli y cultive la 5ème révision de l’Assurance invalidité? N’est-ce pas le «populisme» des U.D.C. Freisinger et Mörgeli qui a préparé le terrain aux multiples restrictions du droit d’asile perpétrées par les démocrates-chrétiens Koller et Metzler? Le «populisme» des Guy Parmelain et autres Jacques Pagan n’alimente-t-il pas les offensives anti-impôts des libéraux Ruey et Brunschwig-Graf ? Poser ces questions, c‘est y répondre.
L’odeur «fétide» du «populisme» n’empêche pas nombre de caciques du parti de Blocher et Schmid de siéger dans les principaux conseils d’administration de la Suisse S.A., premier parmi tous, celui de l’U.B.S. D’y côtoyer et d’y défendre les mêmes options que les respectables Vreni Spoerri et Marcel Ospel… Leur odeur «nauséabonde» ne leur ferme pas non plus la porte de la société suisse des entrepreneurs, cette S.S.E. qui dénonce la C.C.T. des maçons et fait derrière elle l’unanimité du patronat…
Et pour cause! Principal parti bourgeois, l’U.D.C. est le fer de lance des attaques tout azimut contre l’ensemble des conquêtes sociales, aussi limitées soient-elles dans ce pays.
Sa base militante n’est pas celle, caricaturale, des retraités nostalgiques issus des vallées de la Suisse profonde.
C’est dans les grandes villes, Zurich en tête, mais aussi à Berne et à Genève, que l’U.D.C. est implantée, en particulier dans les milieux d’affaires. C’est depuis belle lurette que la Zurich branchée affiche ouvertement son appartenance à l’U.D.C. Grâce à elle, une classe entrepreunariale s’affirme: décomplexée, qui en veut et prête à se débarrasser des moutons noirs, quelle que soit la couleur réelle de la laine. Sous la bannière du parti de Blocher et Schmid, elle est prête à en finir aussi bien avec les scories socialistes du P.S. qu’avec les réminiscences de la politique du compromis qui fut celle des autres forces bourgeoises. Et surtout d’en finir avec toutes les entraves à la liberté d’exploiter!
La stigmatisation de couches de la population, le racisme, n’ont pas pour unique fonction celle d’attirer l’électeur: elles fondent, idéologiquement, l’affirmation de la primauté du droit de s’enrichir sur les droits des gens: les droits collectifs, les droits humains!
L’unanimisme anti-Blocher ne contribue pas à isoler l’U.D.C., il la renforce. A preuve, les déclarations du chef de «A gauche toute!», Zizyadis. Il affirmait (area, 5.10.07) que «aucune de nos voix ne manquera pour empêcher l’élection de Blocher, dussions-nous envoyer au gouvernement quelqu’un qui, à la fin, mènera la même politique que lui». Et, au journaliste qui lui demandait s’ils –les hypothétiques députés de «A gauche toute!»- iraient jusqu’à voter pour un autre candidat U.D.C., il répondait «nous sommes prêts à aller jusqu’à ça»!
Ainsi, à force de se concentrer sur les manières de Blocher plutôt que sur sa politique, quelle que soit la personne ou les forces qui l’incarnent, c’est à l’union sacrée, même pas contre, mais derrière l’U.D.C. qu’on se condamne. Avec Couchepin et Leuthard comme compagnons…■

09:22 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (5)

Commentaires

Sacrée tirade. Qui n'est pas entièrement dénuée de fondement. Blocher, ses méthodes et ses séides sont en effet quasiment parvenus à faire l'union sacrée contre eux. Pas tout à fait, mais presque. Et c'est amplement justifié. Il y a en effet une énorme différence entre une politique libérale démocratique et une politique pas si libérale que ça (voire ce qu'il en est à l'égard des paysans ou de l'âge de la retraite par exemple, le populisme a des contraintes), une politique toute entière inféodée à un chef dont on a tout lieu de craindre les dérives si jamais il parvenait à concentrer davantage de pouvoir.
Le racisme n'est pas un détail de l'histoire. Il y a des limites à ne pas franchir et elles ont à mon sens été franchies. Libre à vous de ne pas y voire de problème, mais personnellement je suis heureux de voir que les quelques petites voix d'extrême gauche au Conseil National ne devraient pas cette fois, manquer au camp des démocrates. Contrairement à ce qui s'était passé il y a quatre ans.
Quitte ensuite à reprendre le cours normal des choses, c'est à dire débattre des vrais problèmes, c'est à dire l'organisation sociale et économique de ce pays, sans racisme ni risque de confiscation de la démocratie directe.

Écrit par : ; | 12/10/2007

Avec lUDC la politique et l'économie se rejoignent totalement et c'est bien entendu au détriment de la calsse moyenne et des pauvres. Les actionnaires en veulent toujours plus, l'UDC aussi. Quel aveuglement de ne pas voir que l'UDC veut en fait dépouiller le peuple suisse de sa richesse au profit de l'économie financière.

Écrit par : qre | 12/10/2007

Je ne vais pas commenter sur le fond de votre article mais simplement indiquer ce que j’ai vu à Lausanne, plus précisément à Chauderon, lors de la visite de M. Blocher au comptoir
J’étais sur la place depuis 17 :00 et j’y suis resté jusqu’à 22 :00.

Par exemple :
Le couple en caddy à commissions qui a déversé un liquide et de la poudre dans les caissettes contenant des gratuits et est repartie discrètement. Plus tard un groupe de personne est venu mettre le feu à ces journaux.
La demoiselle mince petite (environ 1.60) et vêtue de noir qui a traité pendent en certains temps (au moins 30 minutes) les force de l’ordre de fils de pute en espagnol. Sans compter le doigt d’honneur qu’elle exhibait constamment à l’encontre des policiers. Sa plastique était agréable à regarder je ne devrait avoir aucun problème à la reconnaître si je la croise dans la rue. J’ai vu bien d’autre chose, mais le monde est petit et je vais sûrement les rencontrer ces personnes. Je vous gratifierais d’un petit bonjour.

Écrit par : cali | 12/10/2007

Sacrée tirade. Qui n'est pas entièrement dénuée de fondement. Blocher, ses méthodes et ses séides sont en effet quasiment parvenus à faire l'union sacrée contre eux. Pas tout à fait, mais presque. Et c'est amplement justifié. Il y a en effet une énorme différence entre une politique libérale démocratique et une politique pas si libérale que ça (voire ce qu'il en est à l'égard des paysans ou de l'âge de la retraite par exemple, le populisme a des contraintes), une politique toute entière inféodée à un chef dont on a tout lieu de craindre les dérives si jamais il parvenait à concentrer davantage de pouvoir.
Le racisme n'est pas un détail de l'histoire. Il y a des limites à ne pas franchir et elles ont à mon sens été franchies. Libre à vous de ne pas y voire de problème, mais personnellement je suis heureux de voir que les quelques petites voix d'extrême gauche au Conseil National ne devraient pas cette fois, manquer au camp des démocrates. Contrairement à ce qui s'était passé il y a quatre ans.
Quitte ensuite à reprendre le cours normal des choses, c'est à dire débattre des vrais problèmes, c'est à dire l'organisation sociale et économique de ce pays, sans racisme ni risque de confiscation de la démocratie directe.

Écrit par : Philippe Souaille | 12/10/2007

Votre discours est celui de Hitler, de Mao, de Chavez et de tous ceux qui rêvent de créer des démocraties populaires et sont des dictateurs en puissance.

Nous avons vu les dégâts monstrueux de ces politiques, alors rêvez seul dans votre coin mais de grâce ne venez pas nous dire que c'est LA solution.

Marx et ses théories datent de l'époque où on s'éclarait à la bougie, ne l'oubliez jamais.

Cessez d'abuser les personnes simples et aisément convaincues par un discours mensonger.

Votre discours véhicule, à la fin, la même haine de l'autre.

La seule différence c'est qu'au lieu de vous attaquer à celui qui a une couleur de peau différente, vous vous en prenez aux riches.

Mais le discours haineux et jaloux ne varie pas.!

Autrement dit vous ne valez pas mieux que l'UDC!

Écrit par : Gaston Hermling | 12/10/2007

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