16/03/2008

Aux droits humains, Calmy-Rey?

Paolo Gilardi
La presse s’est fait écho des dissensions au sein du Conseil Fédéral entre Mme Calmy-Rey et les autres à propos de l’aide au développement. Il s’agissait de savoir si l’aide à certains pays peu regardants en matière de droits humains devait ou pas être maintenue. Contre l’avis de la ministre des affaires étrangères, le gouvernement a opté pour la fermeté. Ce qui permet de réduire l’aide au développement et de parfaire l’image de pasionaria de la ministre, forcément «socialiste».
Arrivée à la tête des affaires étrangères il y a cinq ans après la grisaille des années Cotti, celle qui avait gagné son entrée au gouvernement en redressant les finances genevoises sur le dos des salariés de la fonction publique notamment, avait fait illusion par son interprétation flamboyante de la politique de bons offices. «Diplomatie publique», l’avait-elle-même définie.
Et de promettre immédiatement de dire son fait à l’ancien secrétaire d’Etat Colin Powells qui s’en venait à Davos, on était en janvier 2003, chercher des soutiens à l’attaque imminente contre l’Irak! En fait, la rencontre fut, d’après les comptes rendus officiels, des plus cordiales: les remontrances tant annoncées avaient cédé la place à l’offre de la Suisse d’organiser une conférence internationale destinée à alléger les conséquences sur le plan humanitaire de l’attaque à venir contre l’Irak. En fait, bien plus que publique, dès le début, la diplomatie Calmy-Rey est surtout… publicitaire.
Depuis, elle s’est rarement distancée de la ligne de conduite adoptée alors, d’autant que, en termes de sondages, elle est payante. Ainsi c’est carrément en mondovision que fut organisée, il y a un peu plus de deux ans, la plus odieuse des opérations publicitaires, l’initiative de Genève sur le Moyen Orient. Plus personne ne se souvient aujourd’hui de ce qu’était censée assurer cette conférence couverte en son temps par les télés de la planète entière.
Entretemps, depuis fin janvier 2006, l’Etat d’Israël organise, avec la bénédiction du protecteur étasunien et la complicité de l’Union européenne, la punition collective des Palestiniens coupables d’avoir majoritairement voté pour Hamas plutôt que pour le candidat de l’occupant, le Fatah de Abou Mazen.
Pourtant, le blocage de Gaza, la coupure de l’électricité, la construction par Israël d’un mur entre Gaza et l’Egypte, les exécutions «extrajudiciaires» de dirigeants palestiniens n’ont pas eu l’air de l’émouvoir outre mesure, la ministre «socialiste». Ou alors, l’émotion fut toute intérieure.
En effet, lorsque l’ONU a été appelée, fin janvier, à condamner Israël, la Suisse s’est  abstenue. Ainsi, quand la moitié des habitants de Gaza sont acculés à s’engouffrer dans une brèche pour aller se procurer de la nourriture et de l’eau, -et peut-être même des cigarettes- avant de s’en retourner dans cette immense prison à ciel ouvert qu’est Gaza … la Suisse s’abstient!
Est-ce celle-ci, la politique courageuse pour laquelle la gauche gouvernementale et ses satellites nous expliquaient qu’il fallait à tout prix adhérer à l’ONU?
Mais peut-être que le sens de cette abstention est dans la déclaration que fit le Département des affaires étrangères en juillet 2006: en pleine agression militaire israélienne contre le Liban, la Suisse s’empressait de réaffirmer le «droit d’Israël de se défendre» avant de «manifester son inquiétude». Un choix on ne peut plus clair: du côté de l’agresseur et de ceux qui le protègent.
Ce choix a été confirmé par Mme Calmy-Rey lors de sa rencontre à Kloten avec Condoleeza Rice, à la veille du dernier Forum de Davos. Elle l’a assurée de «l’indéfectible solidarité de la Suisse avec les Etats-Unis»; oubliant juste que c’est ces jours là que tombait le sixième anniversaire de l’arrivée du premier convoi de prisonniers à Guantanamo… Ce n’est pas peu pour la ministre des affaires étrangères d‘un gouvernement qui est dépositaire et garant des Conventions de Genève. C’est même un exploit pour celle que Jean Ziegler verrait volontiers remplacer Louise Harbour à la tête de la division des droits humains de l’ONU.
Une proposition qui ne devrait point inquiéter Washington…■

14:25 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (3)

Commentaires

Pourquoi l'incompétence des politiciens n'est pas punie comme dans le privé, sanctionnée par une mise à la porte et inscription au chômage ?
PS = pourris et salauds
Merci à Moritz Leuenberger pour CFF Cargo...

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 17/03/2008

Où avez-vous "piqué" cette idée saugrenue d'une Madame Calmy-Rey qui serait socialiste ?
Elle fait partie, avec son collègue Leuenberger, d'un parti qui se nomme PS, mais qui n'a, depuis longtemps, plus rien de socialiste ! L'important, ce n'est ni les idées, ni l'éthique, c'est le maintien au pouvoir !

Le même procédé est utilisé par l'UDC qui se dit du centre. Avec cette nuance: Lorsque la bêtise est infinie, le centre peut être fixé n'importe où. Un concept plus mathématique que politique, j'en conviens !

Écrit par : père Siffleur | 17/03/2008

L’horreur de l’année !
Je ne suis ni contre ni pour personne du monde, je suis pour la paix, qu’ils soient Juifs ou Musulmans.
Malheureusement, aujourd’hui, je me retrouve bafouée dans ma dignité de femme, élevée dans le monde Musulman et devenue Suissesse par Mariage, je ne peux pas accepter qu’un membre du gouvernement Suisse adhère au port du foulard même symbolique pour réussir une négociation, j’aurai toléré si Micheline avait porté le foulard pour une négociation de paix.
De plus pour un pays neutre aller soutenir l’Iran pays qui a des agissements non-conforme, c’est purement scandaleux ! Je préférerai mourir de froid et de faim que d’aller négocier avec un tel pays.
Pour ma part, Micheline et tous les socialistes aujourd’hui me rappellent tous ce que j’ai refusés jusqu’à ce jour. L’humiliation de la femme par ce foulard, notre dégradation, je prie dieux de toutes les religions pour que ce foulard ne nous soit pas imposé un jour en Suisse. Le foulard est un symbole que je ne peux pas oublier, il faut avoir grandi dans ce monde pour savoir la signification.
Dorénavant, si je croise Micheline dans la rue, je changerai de trottoir car je ne veux même plus la croiser en face. Les socialistes devraient l’exclure du parti, c’est la honte de la suisse.
Je souhaite qu’une chose, que les Suissesse réagissent et qu’elles ne votent plus jamais pour cette femme qui nous a trahi.

Écrit par : Zora | 18/03/2008

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