16/03/2008

Aux droits humains, Calmy-Rey?

Paolo Gilardi
La presse s’est fait écho des dissensions au sein du Conseil Fédéral entre Mme Calmy-Rey et les autres à propos de l’aide au développement. Il s’agissait de savoir si l’aide à certains pays peu regardants en matière de droits humains devait ou pas être maintenue. Contre l’avis de la ministre des affaires étrangères, le gouvernement a opté pour la fermeté. Ce qui permet de réduire l’aide au développement et de parfaire l’image de pasionaria de la ministre, forcément «socialiste».
Arrivée à la tête des affaires étrangères il y a cinq ans après la grisaille des années Cotti, celle qui avait gagné son entrée au gouvernement en redressant les finances genevoises sur le dos des salariés de la fonction publique notamment, avait fait illusion par son interprétation flamboyante de la politique de bons offices. «Diplomatie publique», l’avait-elle-même définie.
Et de promettre immédiatement de dire son fait à l’ancien secrétaire d’Etat Colin Powells qui s’en venait à Davos, on était en janvier 2003, chercher des soutiens à l’attaque imminente contre l’Irak! En fait, la rencontre fut, d’après les comptes rendus officiels, des plus cordiales: les remontrances tant annoncées avaient cédé la place à l’offre de la Suisse d’organiser une conférence internationale destinée à alléger les conséquences sur le plan humanitaire de l’attaque à venir contre l’Irak. En fait, bien plus que publique, dès le début, la diplomatie Calmy-Rey est surtout… publicitaire.
Depuis, elle s’est rarement distancée de la ligne de conduite adoptée alors, d’autant que, en termes de sondages, elle est payante. Ainsi c’est carrément en mondovision que fut organisée, il y a un peu plus de deux ans, la plus odieuse des opérations publicitaires, l’initiative de Genève sur le Moyen Orient. Plus personne ne se souvient aujourd’hui de ce qu’était censée assurer cette conférence couverte en son temps par les télés de la planète entière.
Entretemps, depuis fin janvier 2006, l’Etat d’Israël organise, avec la bénédiction du protecteur étasunien et la complicité de l’Union européenne, la punition collective des Palestiniens coupables d’avoir majoritairement voté pour Hamas plutôt que pour le candidat de l’occupant, le Fatah de Abou Mazen.
Pourtant, le blocage de Gaza, la coupure de l’électricité, la construction par Israël d’un mur entre Gaza et l’Egypte, les exécutions «extrajudiciaires» de dirigeants palestiniens n’ont pas eu l’air de l’émouvoir outre mesure, la ministre «socialiste». Ou alors, l’émotion fut toute intérieure.
En effet, lorsque l’ONU a été appelée, fin janvier, à condamner Israël, la Suisse s’est  abstenue. Ainsi, quand la moitié des habitants de Gaza sont acculés à s’engouffrer dans une brèche pour aller se procurer de la nourriture et de l’eau, -et peut-être même des cigarettes- avant de s’en retourner dans cette immense prison à ciel ouvert qu’est Gaza … la Suisse s’abstient!
Est-ce celle-ci, la politique courageuse pour laquelle la gauche gouvernementale et ses satellites nous expliquaient qu’il fallait à tout prix adhérer à l’ONU?
Mais peut-être que le sens de cette abstention est dans la déclaration que fit le Département des affaires étrangères en juillet 2006: en pleine agression militaire israélienne contre le Liban, la Suisse s’empressait de réaffirmer le «droit d’Israël de se défendre» avant de «manifester son inquiétude». Un choix on ne peut plus clair: du côté de l’agresseur et de ceux qui le protègent.
Ce choix a été confirmé par Mme Calmy-Rey lors de sa rencontre à Kloten avec Condoleeza Rice, à la veille du dernier Forum de Davos. Elle l’a assurée de «l’indéfectible solidarité de la Suisse avec les Etats-Unis»; oubliant juste que c’est ces jours là que tombait le sixième anniversaire de l’arrivée du premier convoi de prisonniers à Guantanamo… Ce n’est pas peu pour la ministre des affaires étrangères d‘un gouvernement qui est dépositaire et garant des Conventions de Genève. C’est même un exploit pour celle que Jean Ziegler verrait volontiers remplacer Louise Harbour à la tête de la division des droits humains de l’ONU.
Une proposition qui ne devrait point inquiéter Washington…■

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Calmy-Rey aux droits humains?


 Paolo Gilardi
La presse s’est fait écho des dissensions au sein du Conseil Fédéral entre Mme Calmy-Rey et les autres à propos de l’aide au développement. Il s’agissait de savoir si l’aide à certains pays peu regardants en matière de droits humains devait ou pas être maintenue. Contre l’avis de la ministre des affaires étrangères, le gouvernement a opté pour la fermeté. Ce qui permet de réduire l’aide au développement et de parfaire l’image de pasionaria de la ministre, forcément «socialiste».
Arrivée à la tête des affaires étrangères il y a cinq ans après la grisaille des années Cotti, celle qui avait gagné son entrée au gouvernement en redressant les finances genevoises sur le dos des salariés de la fonction publique notamment, avait fait illusion par son interprétation flamboyante de la politique de bons offices. «Diplomatie publique», l’avait-elle-même définie.
Et de promettre immédiatement de dire son fait à l’ancien secrétaire d’Etat Colin Powells qui s’en venait à Davos, on était en janvier 2003, chercher des soutiens à l’attaque imminente contre l’Irak! En fait, la rencontre fut, d’après les comptes rendus officiels, des plus cordiales: les remontrances tant annoncées avaient cédé la place à l’offre de la Suisse d’organiser une conférence internationale destinée à alléger les conséquences sur le plan humanitaire de l’attaque à venir contre l’Irak. En fait, bien plus que publique, dès le début, la diplomatie Calmy-Rey est surtout… publicitaire.
Depuis, elle s’est rarement distancée de la ligne de conduite adoptée alors, d’autant que, en termes de sondages, elle est payante. Ainsi c’est carrément en mondovision que fut organisée, il y a un peu plus de deux ans, la plus odieuse des opérations publicitaires, l’initiative de Genève sur le Moyen Orient. Plus personne ne se souvient aujourd’hui de ce qu’était censée assurer cette conférence couverte en son temps par les télés de la planète entière.
Entretemps, depuis fin janvier 2006, l’Etat d’Israël organise, avec la bénédiction du protecteur étasunien et la complicité de l’Union européenne, la punition collective des Palestiniens coupables d’avoir majoritairement voté pour Hamas plutôt que pour le candidat de l’occupant, le Fatah de Abou Mazen.
Pourtant, le blocage de Gaza, la coupure de l’électricité, la construction par Israël d’un mur entre Gaza et l’Egypte, les exécutions «extrajudiciaires» de dirigeants palestiniens n’ont pas eu l’air de l’émouvoir outre mesure, la ministre «socialiste». Ou alors, l’émotion fut toute intérieure.
En effet, lorsque l’ONU a été appelée, fin janvier, à condamner Israël, la Suisse s’est  abstenue. Ainsi, quand la moitié des habitants de Gaza sont acculés à s’engouffrer dans une brèche pour aller se procurer de la nourriture et de l’eau, -et peut-être même des cigarettes- avant de s’en retourner dans cette immense prison à ciel ouvert qu’est Gaza … la Suisse s’abstient!
Est-ce celle-ci, la politique courageuse pour laquelle la gauche gouvernementale et ses satellites nous expliquaient qu’il fallait à tout prix adhérer à l’ONU?
Mais peut-être que le sens de cette abstention est dans la déclaration que fit le Département des affaires étrangères en juillet 2006: en pleine agression militaire israélienne contre le Liban, la Suisse s’empressait de réaffirmer le «droit d’Israël de se défendre» avant de «manifester son inquiétude». Un choix on ne peut plus clair: du côté de l’agresseur et de ceux qui le protègent.
Ce choix a été confirmé par Mme Calmy-Rey lors de sa rencontre à Kloten avec Condoleeza Rice, à la veille du dernier Forum de Davos. Elle l’a assurée de «l’indéfectible solidarité de la Suisse avec les Etats-Unis»; oubliant juste que c’est ces jours là que tombait le sixième anniversaire de l’arrivée du premier convoi de prisonniers à Guantanamo… Ce n’est pas peu pour la ministre des affaires étrangères d‘un gouvernement qui est dépositaire et garant des Conventions de Genève. C’est même un exploit pour celle que Jean Ziegler verrait volontiers remplacer Louise Harbour à la tête de la division des droits humains de l’ONU.
Une proposition qui ne devrait point inquiéter Washington…■

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Calmy-Rey aux droits humains?


 Paolo Gilardi
La presse s’est fait écho des dissensions au sein du Conseil Fédéral entre Mme Calmy-Rey et les autres à propos de l’aide au développement. Il s’agissait de savoir si l’aide à certains pays peu regardants en matière de droits humains devait ou pas être maintenue. Contre l’avis de la ministre des affaires étrangères, le gouvernement a opté pour la fermeté. Ce qui permet de réduire l’aide au développement et de parfaire l’image de pasionaria de la ministre, forcément «socialiste».
Arrivée à la tête des affaires étrangères il y a cinq ans après la grisaille des années Cotti, celle qui avait gagné son entrée au gouvernement en redressant les finances genevoises sur le dos des salariés de la fonction publique notamment, avait fait illusion par son interprétation flamboyante de la politique de bons offices. «Diplomatie publique», l’avait-elle-même définie.
Et de promettre immédiatement de dire son fait à l’ancien secrétaire d’Etat Colin Powells qui s’en venait à Davos, on était en janvier 2003, chercher des soutiens à l’attaque imminente contre l’Irak! En fait, la rencontre fut, d’après les comptes rendus officiels, des plus cordiales: les remontrances tant annoncées avaient cédé la place à l’offre de la Suisse d’organiser une conférence internationale destinée à alléger les conséquences sur le plan humanitaire de l’attaque à venir contre l’Irak. En fait, bien plus que publique, dès le début, la diplomatie Calmy-Rey est surtout… publicitaire.
Depuis, elle s’est rarement distancée de la ligne de conduite adoptée alors, d’autant que, en termes de sondages, elle est payante. Ainsi c’est carrément en mondovision que fut organisée, il y a un peu plus de deux ans, la plus odieuse des opérations publicitaires, l’initiative de Genève sur le Moyen Orient. Plus personne ne se souvient aujourd’hui de ce qu’était censée assurer cette conférence couverte en son temps par les télés de la planète entière.
Entretemps, depuis fin janvier 2006, l’Etat d’Israël organise, avec la bénédiction du protecteur étasunien et la complicité de l’Union européenne, la punition collective des Palestiniens coupables d’avoir majoritairement voté pour Hamas plutôt que pour le candidat de l’occupant, le Fatah de Abou Mazen.
Pourtant, le blocage de Gaza, la coupure de l’électricité, la construction par Israël d’un mur entre Gaza et l’Egypte, les exécutions «extrajudiciaires» de dirigeants palestiniens n’ont pas eu l’air de l’émouvoir outre mesure, la ministre «socialiste». Ou alors, l’émotion fut toute intérieure.
En effet, lorsque l’ONU a été appelée, fin janvier, à condamner Israël, la Suisse s’est  abstenue. Ainsi, quand la moitié des habitants de Gaza sont acculés à s’engouffrer dans une brèche pour aller se procurer de la nourriture et de l’eau, -et peut-être même des cigarettes- avant de s’en retourner dans cette immense prison à ciel ouvert qu’est Gaza … la Suisse s’abstient!
Est-ce celle-ci, la politique courageuse pour laquelle la gauche gouvernementale et ses satellites nous expliquaient qu’il fallait à tout prix adhérer à l’ONU?
Mais peut-être que le sens de cette abstention est dans la déclaration que fit le Département des affaires étrangères en juillet 2006: en pleine agression militaire israélienne contre le Liban, la Suisse s’empressait de réaffirmer le «droit d’Israël de se défendre» avant de «manifester son inquiétude». Un choix on ne peut plus clair: du côté de l’agresseur et de ceux qui le protègent.
Ce choix a été confirmé par Mme Calmy-Rey lors de sa rencontre à Kloten avec Condoleeza Rice, à la veille du dernier Forum de Davos. Elle l’a assurée de «l’indéfectible solidarité de la Suisse avec les Etats-Unis»; oubliant juste que c’est ces jours là que tombait le sixième anniversaire de l’arrivée du premier convoi de prisonniers à Guantanamo… Ce n’est pas peu pour la ministre des affaires étrangères d‘un gouvernement qui est dépositaire et garant des Conventions de Genève. C’est même un exploit pour celle que Jean Ziegler verrait volontiers remplacer Louise Harbour à la tête de la division des droits humains de l’ONU.
Une proposition qui ne devrait point inquiéter Washington…■

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Calmy-Rey aux droits humains?


 Paolo Gilardi
La presse s’est fait écho des dissensions au sein du Conseil Fédéral entre Mme Calmy-Rey et les autres à propos de l’aide au développement. Il s’agissait de savoir si l’aide à certains pays peu regardants en matière de droits humains devait ou pas être maintenue. Contre l’avis de la ministre des affaires étrangères, le gouvernement a opté pour la fermeté. Ce qui permet de réduire l’aide au développement et de parfaire l’image de pasionaria de la ministre, forcément «socialiste».
Arrivée à la tête des affaires étrangères il y a cinq ans après la grisaille des années Cotti, celle qui avait gagné son entrée au gouvernement en redressant les finances genevoises sur le dos des salariés de la fonction publique notamment, avait fait illusion par son interprétation flamboyante de la politique de bons offices. «Diplomatie publique», l’avait-elle-même définie.
Et de promettre immédiatement de dire son fait à l’ancien secrétaire d’Etat Colin Powells qui s’en venait à Davos, on était en janvier 2003, chercher des soutiens à l’attaque imminente contre l’Irak! En fait, la rencontre fut, d’après les comptes rendus officiels, des plus cordiales: les remontrances tant annoncées avaient cédé la place à l’offre de la Suisse d’organiser une conférence internationale destinée à alléger les conséquences sur le plan humanitaire de l’attaque à venir contre l’Irak. En fait, bien plus que publique, dès le début, la diplomatie Calmy-Rey est surtout… publicitaire.
Depuis, elle s’est rarement distancée de la ligne de conduite adoptée alors, d’autant que, en termes de sondages, elle est payante. Ainsi c’est carrément en mondovision que fut organisée, il y a un peu plus de deux ans, la plus odieuse des opérations publicitaires, l’initiative de Genève sur le Moyen Orient. Plus personne ne se souvient aujourd’hui de ce qu’était censée assurer cette conférence couverte en son temps par les télés de la planète entière.
Entretemps, depuis fin janvier 2006, l’Etat d’Israël organise, avec la bénédiction du protecteur étasunien et la complicité de l’Union européenne, la punition collective des Palestiniens coupables d’avoir majoritairement voté pour Hamas plutôt que pour le candidat de l’occupant, le Fatah de Abou Mazen.
Pourtant, le blocage de Gaza, la coupure de l’électricité, la construction par Israël d’un mur entre Gaza et l’Egypte, les exécutions «extrajudiciaires» de dirigeants palestiniens n’ont pas eu l’air de l’émouvoir outre mesure, la ministre «socialiste». Ou alors, l’émotion fut toute intérieure.
En effet, lorsque l’ONU a été appelée, fin janvier, à condamner Israël, la Suisse s’est  abstenue. Ainsi, quand la moitié des habitants de Gaza sont acculés à s’engouffrer dans une brèche pour aller se procurer de la nourriture et de l’eau, -et peut-être même des cigarettes- avant de s’en retourner dans cette immense prison à ciel ouvert qu’est Gaza … la Suisse s’abstient!
Est-ce celle-ci, la politique courageuse pour laquelle la gauche gouvernementale et ses satellites nous expliquaient qu’il fallait à tout prix adhérer à l’ONU?
Mais peut-être que le sens de cette abstention est dans la déclaration que fit le Département des affaires étrangères en juillet 2006: en pleine agression militaire israélienne contre le Liban, la Suisse s’empressait de réaffirmer le «droit d’Israël de se défendre» avant de «manifester son inquiétude». Un choix on ne peut plus clair: du côté de l’agresseur et de ceux qui le protègent.
Ce choix a été confirmé par Mme Calmy-Rey lors de sa rencontre à Kloten avec Condoleeza Rice, à la veille du dernier Forum de Davos. Elle l’a assurée de «l’indéfectible solidarité de la Suisse avec les Etats-Unis»; oubliant juste que c’est ces jours là que tombait le sixième anniversaire de l’arrivée du premier convoi de prisonniers à Guantanamo… Ce n’est pas peu pour la ministre des affaires étrangères d‘un gouvernement qui est dépositaire et garant des Conventions de Genève. C’est même un exploit pour celle que Jean Ziegler verrait volontiers remplacer Louise Harbour à la tête de la division des droits humains de l’ONU.
Une proposition qui ne devrait point inquiéter Washington…■

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Calmy-Rey aux droits humains?

Paolo Gilardi
La presse s’est fait écho des dissensions au sein du Conseil Fédéral entre Mme Calmy-Rey et les autres à propos de l’aide au développement. Il s’agissait de savoir si l’aide à certains pays peu regardants en matière de droits humains devait ou pas être maintenue. Contre l’avis de la ministre des affaires étrangères, le gouvernement a opté pour la fermeté. Ce qui permet de réduire l’aide au développement et de parfaire l’image de pasionaria de la ministre, forcément «socialiste».
Arrivée à la tête des affaires étrangères il y a cinq ans après la grisaille des années Cotti, celle qui avait gagné son entrée au gouvernement en redressant les finances genevoises sur le dos des salariés de la fonction publique notamment, avait fait illusion par son interprétation flamboyante de la politique de bons offices. «Diplomatie publique», l’avait-elle-même définie.
Et de promettre immédiatement de dire son fait à l’ancien secrétaire d’Etat Colin Powells qui s’en venait à Davos, on était en janvier 2003, chercher des soutiens à l’attaque imminente contre l’Irak! En fait, la rencontre fut, d’après les comptes rendus officiels, des plus cordiales: les remontrances tant annoncées avaient cédé la place à l’offre de la Suisse d’organiser une conférence internationale destinée à alléger les conséquences sur le plan humanitaire de l’attaque à venir contre l’Irak. En fait, bien plus que publique, dès le début, la diplomatie Calmy-Rey est surtout… publicitaire.
Depuis, elle s’est rarement distancée de la ligne de conduite adoptée alors, d’autant que, en termes de sondages, elle est payante. Ainsi c’est carrément en mondovision que fut organisée, il y a un peu plus de deux ans, la plus odieuse des opérations publicitaires, l’initiative de Genève sur le Moyen Orient. Plus personne ne se souvient aujourd’hui de ce qu’était censée assurer cette conférence couverte en son temps par les télés de la planète entière.
Entretemps, depuis fin janvier 2006, l’Etat d’Israël organise, avec la bénédiction du protecteur étasunien et la complicité de l’Union européenne, la punition collective des Palestiniens coupables d’avoir majoritairement voté pour Hamas plutôt que pour le candidat de l’occupant, le Fatah de Abou Mazen.
Pourtant, le blocage de Gaza, la coupure de l’électricité, la construction par Israël d’un mur entre Gaza et l’Egypte, les exécutions «extrajudiciaires» de dirigeants palestiniens n’ont pas eu l’air de l’émouvoir outre mesure, la ministre «socialiste». Ou alors, l’émotion fut toute intérieure.
En effet, lorsque l’ONU a été appelée, fin janvier, à condamner Israël, la Suisse s’est  abstenue. Ainsi, quand la moitié des habitants de Gaza sont acculés à s’engouffrer dans une brèche pour aller se procurer de la nourriture et de l’eau, -et peut-être même des cigarettes- avant de s’en retourner dans cette immense prison à ciel ouvert qu’est Gaza … la Suisse s’abstient!
Est-ce celle-ci, la politique courageuse pour laquelle la gauche gouvernementale et ses satellites nous expliquaient qu’il fallait à tout prix adhérer à l’ONU?
Mais peut-être que le sens de cette abstention est dans la déclaration que fit le Département des affaires étrangères en juillet 2006: en pleine agression militaire israélienne contre le Liban, la Suisse s’empressait de réaffirmer le «droit d’Israël de se défendre» avant de «manifester son inquiétude». Un choix on ne peut plus clair: du côté de l’agresseur et de ceux qui le protègent.
Ce choix a été confirmé par Mme Calmy-Rey lors de sa rencontre à Kloten avec Condoleeza Rice, à la veille du dernier Forum de Davos. Elle l’a assurée de «l’indéfectible solidarité de la Suisse avec les Etats-Unis»; oubliant juste que c’est ces jours là que tombait le sixième anniversaire de l’arrivée du premier convoi de prisonniers à Guantanamo… Ce n’est pas peu pour la ministre des affaires étrangères d‘un gouvernement qui est dépositaire et garant des Conventions de Genève. C’est même un exploit pour celle que Jean Ziegler verrait volontiers remplacer Louise Harbour à la tête de la division des droits humains de l’ONU.
Une proposition qui, vu ce qui précède, ne devrait point inquiéter Washington…■

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Calmy-Rey aux droits humains?

Paolo Gilardi
La presse s’est fait écho des dissensions au sein du Conseil Fédéral entre Mme Calmy-Rey et les autres à propos de l’aide au développement. Il s’agissait de savoir si l’aide à certains pays peu regardants en matière de droits humains devait ou pas être maintenue. Contre l’avis de la ministre des affaires étrangères, le gouvernement a opté pour la fermeté. Ce qui permet de réduire l’aide au développement et de parfaire l’image de pasionaria de la ministre, forcément «socialiste».
Arrivée à la tête des affaires étrangères il y a cinq ans après la grisaille des années Cotti, celle qui avait gagné son entrée au gouvernement en redressant les finances genevoises sur le dos des salariés de la fonction publique notamment, avait fait illusion par son interprétation flamboyante de la politique de bons offices. «Diplomatie publique», l’avait-elle-même définie.
Et de promettre immédiatement de dire son fait à l’ancien secrétaire d’Etat Colin Powells qui s’en venait à Davos, on était en janvier 2003, chercher des soutiens à l’attaque imminente contre l’Irak! En fait, la rencontre fut, d’après les comptes rendus officiels, des plus cordiales: les remontrances tant annoncées avaient cédé la place à l’offre de la Suisse d’organiser une conférence internationale destinée à alléger les conséquences sur le plan humanitaire de l’attaque à venir contre l’Irak. En fait, bien plus que publique, dès le début, la diplomatie Calmy-Rey est surtout… publicitaire.
Depuis, elle s’est rarement distancée de la ligne de conduite adoptée alors, d’autant que, en termes de sondages, elle est payante. Ainsi c’est carrément en mondovision que fut organisée, il y a un peu plus de deux ans, la plus odieuse des opérations publicitaires, l’initiative de Genève sur le Moyen Orient. Plus personne ne se souvient aujourd’hui de ce qu’était censée assurer cette conférence couverte en son temps par les télés de la planète entière.
Entretemps, depuis fin janvier 2006, l’Etat d’Israël organise, avec la bénédiction du protecteur étasunien et la complicité de l’Union européenne, la punition collective des Palestiniens coupables d’avoir majoritairement voté pour Hamas plutôt que pour le candidat de l’occupant, le Fatah de Abou Mazen.
Pourtant, le blocage de Gaza, la coupure de l’électricité, la construction par Israël d’un mur entre Gaza et l’Egypte, les exécutions «extrajudiciaires» de dirigeants palestiniens n’ont pas eu l’air de l’émouvoir outre mesure, la ministre «socialiste». Ou alors, l’émotion fut toute intérieure.
En effet, lorsque l’ONU a été appelée, fin janvier, à condamner Israël, la Suisse s’est  abstenue. Ainsi, quand la moitié des habitants de Gaza sont acculés à s’engouffrer dans une brèche pour aller se procurer de la nourriture et de l’eau, -et peut-être même des cigarettes- avant de s’en retourner dans cette immense prison à ciel ouvert qu’est Gaza … la Suisse s’abstient!
Est-ce celle-ci, la politique courageuse pour laquelle la gauche gouvernementale et ses satellites nous expliquaient qu’il fallait à tout prix adhérer à l’ONU?
Mais peut-être que le sens de cette abstention est dans la déclaration que fit le Département des affaires étrangères en juillet 2006: en pleine agression militaire israélienne contre le Liban, la Suisse s’empressait de réaffirmer le «droit d’Israël de se défendre» avant de «manifester son inquiétude». Un choix on ne peut plus clair: du côté de l’agresseur et de ceux qui le protègent.
Ce choix a été confirmé par Mme Calmy-Rey lors de sa rencontre à Kloten avec Condoleeza Rice, à la veille du dernier Forum de Davos. Elle l’a assurée de «l’indéfectible solidarité de la Suisse avec les Etats-Unis»; oubliant juste que c’est ces jours là que tombait le sixième anniversaire de l’arrivée du premier convoi de prisonniers à Guantanamo… Ce n’est pas peu pour la ministre des affaires étrangères d‘un gouvernement qui est dépositaire et garant des Conventions de Genève. C’est même un exploit pour celle que Jean Ziegler verrait volontiers remplacer Louise Harbour à la tête de la division des droits humains de l’ONU.
Une proposition qui, vu ce qui précède, ne devrait point inquiéter Washington…■

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