28/11/2009

Bonfanti, l'amie des riches...

Lors du G8 la police avait laissé incendier et casser durant toute une nuit. Pour ensuite ceuillir les manifestants à la pelle. Et interdire les manifs.

Elle en a fait de même aujourd'hui. Elle a laissé quelques personnes s'en prendre au Crédit Suisse et à quelques bagnoles pour pouvoir cueillir la manifestation toute entière dans la souricière des Pâquis.

Ainsi, après la clémence affichée à l'égard des voyous fils à papa sur la route du Lac, ce sont des salariés, des paysans, des chômeurs -et les habitants des Pâquis- qu'elle gaze, matraque et poursuit de ses balles en caoutchouc.

Le voilà l'ordre public version Bonfanti! Celui des riches et des puissants!

 

19/11/2009

Une tuerie révelatrice

Treize morts abattus par balle et des dizaines de blessés: c’est le résultat de la tuerie perpétrée le 5 novembre sur la base militaire de Fort Hood par le Major Nidal Malik Hassan. Cette tuerie, de par la personnalité de son auteur, sa religion, ses fonctions au sein de l’armée, son appartenance à un «institut pour la sécurité intérieure» et l’importance particulière de Fort Hood -la plus grande base de l’armée aux Etats-Unis- est révélatrice d’un grand nombre de problèmes internes à l’armée US. Et qui sont le pendant domestique des difficultés croissantes qu’elle rencontre au Moyen Orient et en Asie centrale.

Dès l’annonce de la tuerie, c’est la foi de Nidal Hassan qui a retenu l’attention. Fils de palestiniens, né aux USA, il a grandi en Virginie. Et il est musulman. Son grade de major exprime, certes, la nature pluriethnique de l’armée, bien que, d’après ce qu’il aurait confié à un cousin cité par CNN, «on te fait sentir que t’as beau être major, tu restes un Arabe, un Musulman».

Haro sur les Muslims

Mais son grade exprime aussi la volonté du Pentagone de renforcer la présence dans les troupes d’occupation de militaires musulmans. Comme les italo-américains qui débarquèrent en 1943 à Anzio et en Sicile, ils sont censés mieux comprendre les populations des pays musulmans occupés et se comporter avec moins de brutalité que d’habitude.

Sauf que cela revient à demander à des musulmans la loyauté à un pays dont l’establishment, tout en s’en défendant officiellement, admet volontiers que la guerre contre le terrorisme est bel et bien une guerre contre l’Islam. En un premier temps, la solution de Nidal Hassan à ce dilemme, à cette double loyauté aurait été, d’après les médias, l’engagement contre la guerre. Le carnage en aurait été l’aboutissement.

Depuis le 5 novembre, sa foi devient le prétexte à un regain d’islamophobie. Ainsi, Debbie Schlussel l’éditorialiste conservatrice qui signe des papiers dans le New York Post -et le Jerusalem Post-, n’hésite pas à écrire sur son site «voilà comment les musulmans servent leur pays dans l’armée des Etats-Unis! Leur pays c’est Dar Al-Islam, c’est le Grand Coranistan».

Après Pearl Harbour on parla de 5ème colonne pour interner des dizaines de milliers de japonais nés aux USA. Durant la guerre froide le même argument servit de prétexte à la chasse aux sorcières. La chasse au Muslim serait-elle à nouveau ouverte ?

Mais l’armée peut-elle se la permettre à l’heure où il faudrait trouver les 40'000 hommes exigés «pour pacifier l’Afghanistan» par le général Mc Chrystal?

Psychiatre militaire

Presse et commentateurs admettent que la fonction de psychiatre exercée par Nidal Hassan à Fort Hood aurait aussi joué son rôle. Une des associations de vétérans contre la guerre écrit que «de nombreux experts ont pointé le fait que le stress auquel cette guerre soumet les militaires et le grand nombre de suicides contribuent, chez ceux qui y sont confrontés de près, à banaliser la portée d’une tuerie».

Ceci d’autant que lorsque le psychiatre est lui-même pénétré d’un sentiment d’injustice, il est porté, ainsi que l’ont encore démontré des études menées en lien avec le 11 septembre, à une empathie envers ses patients bien plus grande que d’habitude.

Confronté professionnellement au stress post traumatique consécutif aux combats, aux doutes des jeunes s’apprêtant à partir à la guerre, aux suicides nombreux -117 durant cette année-, Nidal Hassan était l’un des 408 psychiatres de l’US Army –pour un effectif total de 553'000 militaires.

Il s’était plaint du manque de temps et de moyens mis à disposition des services psychiatriques, des services dont le rôle essentiel reviendrait à renvoyer le plus rapidement possible dans leurs unités de combat les hommes qui ont recours à l’Army’s Combat Stress Control Team.

Tentamens? Un millier par mois!

En ce sens, la tuerie de Fort Hood remet une fois encore au premier plan le sort des vétérans atteints de stress post-traumatique devenus incapables de retour à une vie normale.

Plus de 55.000 vétérans de la guerre d'Irak en souffrent déjà. Des données officieuses à propos des tentatives de suicide, données ni confirmées ni démenties par le Pentagone après leur publication par Paris Match, font état d’un millier de tentamens, ainsi qu’on les appelle pudiquement, chaque mois chez les vétérans d’Irak et d’Afghanistan.

On estime que les Etats-Unis devront fournir des pensions d'invalidité à 40 % du 1,65 million de soldats déployés depuis 2003 pour un coût total de plus de 600 milliards de dollars. C’est la raison d’ailleurs pour laquelle les services de santé de l’armée sont si rétifs à reconnaître les troubles psychiques post-traumatiques.

Ainsi, au-delà des 13 morts et 30 blessés –nombre qui demeure fort limité par rapport aux milliers d’autres innocents victimes des guerres étasuniennes-, la tuerie de Fort Hood met le doigt sur des aspects intérieurs qui vont peser, que Barak Obama décide finalement de déployer ou pas les 40'000 hommes supplémentaires en Afghanistan.■

 

 

 

 

 

09:51 Publié dans Monde | Lien permanent | Commentaires (1)

04/11/2009

Obscurantisme contre obscurantisme

Il n’y a, pour qui fait profession d’athéisme, aucune raison de préférer l’Islam au Christianisme. Ou l’inverse. Il y a lieu simplement de rappeler, à ceux qui craignent les baïonnettes de l’Islam que seraient les minarets comme aux autres, les crimes commis par une religion qui a fait d’un instrument de torture, la croix, son emblème.

Combien de massacres et génocides n’ont pas été commis en son nom? Des centaines de milliers d’albigeois exterminés au 13ème siècle aux millions de femmes mortes sous les griffes de faiseuses d’anges, la liste est longue, l’acte d’accusation insensé. Combien d’expéditions guerrières, de canons bénis au nom de la Sainte Alliance du sabre et du goupillon?

Et il y aurait lieu encore de rappeler aux pourfendeurs du seul obscurantisme musulman les noms de Giordano Bruno et Michel Servet suppliciés, l’un par l’Inquisition et l’autre par les sbires de Calvin. Et de rappeler que ce n’est qu’en 1992, trois cent soixante ans après le procès de Galilée qu’un pape a reconnu que l’Eglise s’était peut-être trompée!

Non, celui des minarets n’est pas le combat des lumières contre l’intolérance! C’est une croisade qui s’inscrit dans une logique, celle de la guerre de Civilisation –la blanche, chrétienne et adepte du libre marché- qui se combat en Irak, en Afghanistan, au Pakistan et en Palestine.

Là-bas, la faillite de la gauche, achetée et corrompue à l’image de l’OLP, a laissé la voie libre aux religieux, à la réislamisation des populations musulmanes. Quelque chose d’analogue se produit ici.

Abandonnés par les directions syndicales, sommés de s’assimiler ou se taire, trois à quatre cent mille immigrés turcs, kosovars, bosniaques, nord-africains retrouvent dans les origines culturelles et religieuses la socialisation et les identités qui font défaut. Voilà ce que représentent les jeunes filles de la deuxième génération toujours plus nombreuses à se convertir au voile.

Ce repli identitaire fait diversion face à une politique d’intégration dont l’échec est sanctionné par le fait que, chômeurs, sous-payés, sans perspectives professionnelles, les immigrés et leurs enfants restent les premières victimes de la violence sociale.

L’initiative contre les minarets enfonce encore un peu le clou. Au fond, on veut bien leur reconnaître le droit à leurs croyances, mais qu’ils se cachent, de grâce. Voilà du pain béni pour les religieux, pour les marchandes d’illusions transcendantes.

Combattre l’obscurantisme ce n’est pas soutenir une religion contre l’autre.

Ce combat n'est possible que par l’intensification de la lutte contre l’occupation de la Palestine, de l’Irak, de l’Afghanistan, contre l’extension de la guerre au Pakistan combinée à celle pour l’extension des droits sociaux, des droits des femmes, pour l’égalité entre natifs et immigrés. Voilà ce qui permettra de faire face aux fondamentalismes, quels que soient leur symboles.

Pas l’interdiction des minarets… ni des affiches, d’ailleurs.■