19/03/2010

13'000'000'000'000

par Paolo Gilardi

Treize-mille milliards. De dollars. C’est le montant cumulé des aides, subventions, prêts des gouvernements aux banques depuis le début de la crise. C’est un transfert faramineux de richesses des caisses publiques vers les coffres-forts privés: des poches des salariés contribuables vers celles d’une poignée d’actionnaires.

Grâce à ces milliers de milliards, les banques –celle qu’on a bien voulu sauver-, les compagnies d’assurance et les grands groupes financiers ont pu régler leurs problèmes de trésorerie. Et relancer les profits.

Jour après jour les annonces se succèdent qui font état de bénéfices milliardaires. En France, les quarante entreprises du CAC 40 affichent des bénéfices nets pour 2009 de presque 50 milliards d’euros. En Suisse, les entreprises de pointe voient leurs bénéfices diminuer légèrement, mais continuent à en faire. Y compris l’UBS.

Au bord de la faillite en octobre 2008, elle a renoué avec les chiffres noirs au quatrième trimestre de 2009. Elle affiche des résultats positifs. Pas pour tout-le-monde, d’ailleurs, puisqu’elle a réduit son personnel de plus de 6%!

Ce retour aux chiffres noirs est, lui aussi, le résultat d’un transfert de richesses. C’est grâce aux soixante six milliards d’argent frais que la Confédération lui a trouvés en moins d’une nuit en octobre 2008 pour la sauver de la débâcle que l’UBS a pu rétablir la situation. C’est avec notre fric qu’elle peut de nouveau verser des dividendes aux actionnaires.

Et si c’est dans nos poches que cet argent a été pris, c’est encore à nous qu’on demande de combler les trous dans les caisses publiques: en renonçant à une partie des prestations de l’assurance chômage, en acceptant l’allongement de la durée de cotisation, l’élévation de l’âge de la retraite ou des % de TVA supplémentaires pour financer l’AI…

Le cas de cette dernière est exemplaire: après avoir réduit de presque moitié le nombre de nouveaux bénéficiaires depuis juin 2007, on s’apprête, avec la 6ème révision en cours, à chasser de l’AI quelques 12'500 invalides. La raison? Un déficit annuel d’1,1 milliards et qui pourrait être couvert pendant soixante ans … avec les soixante six offerts à l’UBS.

Milliards qu’il faut qu’elle rende, car ce n’est pas à nous de payer leur crise. Et même deux fois plutôt qu’une!

paru dans L'anticapitaliste, 21ème, 18.03.2010

Commentaires

Evidemment, le chiffre est tellement astronomique que je me suis planté en écrivant en chiffrres ce qui, en toutes lettres se lit treize-mille milliards. Donc 13'000'000'000'000!!!

Écrit par : P. Gilardi | 19/03/2010

Ah ben oui Paolo, t'as raison... Faut faire payer les riches! Et pourquoi pas pendre le dernier banquier avec les tripes du dernier capitaliste?

Écrit par : Déblogueur | 19/03/2010

mon commentaire.... avec 10 milliards on eradiquerait la fin dans le monde !! en deux mois, voila la somme que l'on a reuni !! meme pas une demi annee apres, on a reussi a distribuer des bonus records.. conclusion, ni les dixaines de milliers de familles mises a la rue, ni ce nombre incalculable d'enfants au ventre surgonfle d'eau qui sont entre la vie et la mort ne touche vraiment les gens ! les gens bouffent l'argent, le digerent, le chient et le vivent tres bien.

Écrit par : Ryter | 19/03/2010

(Etes-vous sûr de votre chiffre, car il y a souvent confusion en les "billion" anglo-saxon - qui vaut un millard de chez nous - et le "billion" de chez nous, qui vaut 1000 millard de chez nous aussi :-) )

Écrit par : Djinius | 19/03/2010

Soyez sérieux svp, çà en devient indécent, on ne va tout de même pas chipoter pour quelques billions !

Écrit par : Pierre-André Dupuy | 19/03/2010

Quand on n'aime on ne compte pas!

Et on voudrait nous faire croire que nos politiciens ne sont pas mouillés en plus!

La fin 2010 va être très rocknroll!

Écrit par : dominiquedegooumois | 19/03/2010

Il existe un moyen fort simple et efficace de faire cesser cette c.......
Introduisons par voie d'initiative populaire une taxe sur l'héritage digne de ce nom. Le barême serait simple et pourrait s'établir ainsi:
1. million: 0 %
2. million 5%
3. million: 10%
4. million 15%
etc... au delà de 20 millions 100% de taxation
Après tout, n'est-ce pas, ma dernière chemise n'aura pas de poches et je n'ai jamais vu une déménageuse qui suivait un corbillard...
Et c'est un fait, que beaucoup de multimilliardaires sont CONTRE l'héritage, tels Andrew Carnegie ou Bill Gates ou d'autres.

Écrit par : J.C. Simonin | 20/03/2010

le remaniement de la gestion des transferts d'aide serait-il pour maintenant?

tandis que nous continuons:
la mémoire à court-terme est utilisée pour faire passer tous bugs, toutes 'erreurs' type financement par le public de ces erreurs...

ex
Les français (européens) ont réussi à faire passer une sur ou ré évaluation de leurs monnaies,

absorbant d'énormes déficits par là-même

dévaluation defacto
qui est maintenant absorbée dans le cerveau des jeunes actifs

pour expliquer: pour la nouvelle génération active, 10 euros ont la valeur des 10 frs. de leurs anciens.

Effet psy de la valeur monnaie.

Autre :
Nos institutions internationales responsables
établissent-elles les chiffres des aides au développement /tous pays/tous azimuts
financées depuis les décolonisations de 1950,
ainsi que les coûts de leurs non-effet,
sachant que leurs conséquences
de même que les besoins économico-logico-politiques
ne feront que s'accroître.

Écrit par : na...ya | 20/03/2010

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