13/12/2010

Avec Julian Assange

A l’heure d'écrire ces lignes, Julian Assange, le boss de Wikileaks reste en taule. Malgré l’offre du cinéaste Ken Loach et du journaliste John Pilger de payer la caution de 280'000 dollars, il reste au frais jusqu’à la prochaine audience.

Recherché par l’establishment états-unien qui voudrait le poursuivre en vertu de l’Espionnage Act qui date de 1917, il a des raisons de craindre que la décision de la cour britannique -à laquelle il s’était spontanément rendu- de le mettre sous les verrous ne soit qu’un moyen de gagner du temps pour permettre son extradition aux USA.

C’est sous l’imputation d’avoir exigé des rapports sexuels sans préservatif, d’avoir conduit à terme une relation sexuelle après rupture d’un condom et d’avoir eu des relations avec une femme pendant son sommeil qu’il était recherché par Interpol!

Quel soudain intérêt pour les violences faites aux femmes! On n’attend pas moins de sévérité pour les violences sexuelles perpétrées par les soldats de l’Otan en Irak ou les centaines de viols commis par les ceux de l’ONU dans les camps de sans abris en Haïti!

Sauf que, en août, Eva Finne, la magistrate suédoise en charge du dossier déclarait qu’aucune accusation de viol ne pouvait être retenue contre lui. En septembre, le doyen des juges considérait «dénouées de tout fondement» les accusations portées contre Julian Assange. C’était avant que Wikileaks ne publie les documents du Pentagone concernant les violations des droits en Irak. Ce n’est qu’après que l’enquête a été confiée à un autre juge qui a relancé les accusations contre lui.

De toute évidence, ce sont les organisateurs d’un système mondial d’espionnage, de déportations dans des pays peu regardants en matière de droits humains, ce sont ceux qui ne ferment toujours pas le lager de Guantanamo, qui poursuivent aujourd’hui celui qui n’a fait qu’une chose: rendre publiques une partie de leurs infamies. Une (petite) part de vérité.

Pour les maîtres du monde, c’est insupportable. Ironie de l’histoire, c’est par ces nouvelles technologies symbolisant leur triomphe, l’enrichissement facile et le contrôle de la pensée qu’une partie, encore fort minime, de leurs forfaits est rendue publique.

Ce sont les mêmes qui à longueur d’année fustigent la censure chinoise sur l’Internet qui essaient aujourd’hui de faire taire Wikileaks.

Dans cette affaire, la Suisse a aussi sa part. Alors que, au sein même du gouvernement on se cache les informations comme l’a prouvé l’affaire libyenne, on supporte mal que les gens sachent.

D’abord, on s’émeut que Wikileaks puisse se prévaloir d’une extension « .ch ». Ensuite, c’est Postfinance, succursale de La Poste -une entreprise qui reste aux mains de la Confédération- qui participe au lynchage de Julian Assange en asséchant ses ressources financières sous prétexte qu’il n’a pas de domicile en Suisse, au pays des comptes numérotés !

Hypocrites et valets !

Commentaires

Très bien dit.
Vivement la fin de la chute de l'empire. Même si c'est pas pour demain et même si un autre empire risque de le remplacer, on ne peut qu'espérer un monde meilleur.

Écrit par : Fufus | 14/12/2010

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