22/03/2011

Mise au point

Une dépêche de l'ATS reprise par plusieurs sites prétend que lors de la manifestation de dimanche à Genève en soutien aux révolutions de la région arabe, j'aurais eu une altercation avec des femmes libyennes et les aurais interdites d'affirmer leur satisfaction de voir les avions français bombarder des cibles en Libye.

La Radio suisse romande en a même fait sa première nouvelle lors du 7h30 du 21 mars, donnant la parole pendant plus de deux minutes à une de ces personnes sans pour autant me demander mon point de vue.

C'est pourquoi je tiens à préciser ce qui suit:

  1. Convoquée par une large coalition de forces, la manifestation en faveur des révolutions dans la région arabe s'opposait à toute forme d'occupation et d'intervention occidentale dans cette région. Partant, aucune forme de soutien aux bombardements de cibles en Libye n'était préconisée par les organisateurs, ceux-ci étant condamnés par notre volonté commune. La présence de quatre personnes arborant drapeau français et pancartes félicitant l'aviation de Sarkozy était dès lors pour le moins incongrue mais tolérée par les organisateurs,
  2. En tant que orateur désigné par les organisateurs, j'ai publiquement invité ces personnes non pas à quitter la manifestation, mais à nous rejoindre pour confronter nos points de vue à la salle du Maïl où était prévue la partie conviviale de la journée.
  3. J'ai réitéré cette proposition une deuxième fois de nouveau par hauts parleurs et directement à ces personnes qui l'ont refusée prétendant qu'elles ne pouvaient pas venir car, comme l'a dit l'une d'entre elles, elle avait "un avion à prendre, ses affaires n'attendant pas".
  4. Il  n'y a eu aucune forme d'altercation et le fait de ne pas leur avoir mis à disposition le micro pour diffuser des points de vue contraires à ceux des organisateurs de la manifestation est donc logique.
  5. L'origine libyenne de ces personnes vivant à Genève depuis des longues années d'où certaines dirigent des sociétés commerciales qui interviennent au Moyen Orient ne leur donne aucun droit particulier. A cet effet, si un Libyen supporter de Al Quaeda avait demandé le micro pour appeler à la Djihad contre Kadhafi et l'Occident, aurais-je dû le lui mettre à disposition? Evidemment que non. Par contre, je serais anti-démocratique pour l'avoir nié à quelqu'un qui, en vertu de ses origines libyennes voulait saluer des "libérateurs" qui larguent des bombes -des rumeurs font état d'utilisation d'uranium appauvri comme au Kosovo-  sur un pays avec tous les risques de "dommages collatéraux"? Poser la question c'est y répondre.

    Paolo Gilardi

Commentaires

Oui, c'est juste une violation de gauche de la liberté d'expression.

Très habituel et normal. Pa de quoi en parler à la radio.

Écrit par : Sebastien | 22/03/2011

La provocation est de se balader avec une panosse aux couleurs de l'hexagone !

Écrit par : Antoine | 22/03/2011

Bravo pour votre prestation sur infrarouge de même que celle de Messieurs Alexandre Vautravers, professeur Webster University, rédacteur en chef de la Revue militaire suisse et de Marcel A. Boisard, ancien sous-secrétaire général de l'ONU.

Alors, que dire de ces ahuris hurlant et coupant la parole à vous trois. C'est vraiment un manque d'éducation élémentaire. Le pire bien entendu fut l'apologie de la "France coloniale" par Abir Oreibi.

Écrit par : Hypolithe | 23/03/2011

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