05/09/2011

Aide aux banques, constat d'échec!

Trois ans jour pour jour après la faillite de Lehmann Brothers le 15 septembre 2008, la finance internationale traverse de nouvelles turbulences. Et les peuples avec.

Trop grandes pour qu’on les laisse tomber, banques et assurances ont bénéficié depuis d’aides colossales de la part des Etats.

Ce ne sont pas moins de 15'000 milliards de dollars d’argent public qu’ont été engagés, mis à disposition, pour les sauver. Une vraie saignée pour les budgets des collectivités publiques que l’on a reportée sur les populations, à force de coupes dans les retraites, dans les dépenses publiques, les prestations sociales, les traitements des salarié.e.s du secteur public.

Trois ans après, pourtant, l’histoire se répète. Tout d’abord, la crise de liquidité des banques se confirme. Malgré des taux d’usuriers imposés à la Grèce, au Portugal, à l’Espagne et à leurs populations, malgré les transferts de capitaux vers les banques par les systèmes de capitalisation des retraites, aujourd’hui comme en 2008, le credit crunch est là.

Cet étranglement du crédit indique le fait que les banques elles-mêmes, peu sûres de la solvabilité l’une de l’autre, rechignent à se prêter entre elles. Et encore plus, of course, aux investisseurs industriels. On s’abstiendra, par respect de l’intelligence de qui nous lit, d’énumérer les conséquences sur l’économie réelle… et sur la vie de centaines de millions d’êtres humains.

Le ralentissement de l’activité économique est déjà à l’œuvre. En Suisse, la croissance est anémique alors qu’en Allemagne, vaisseau amiral des capitalismes européens, elle stagne au 2ème trimestre à +0,1%. Pas de quoi pavoiser.

Aux USA, la crainte d’une nouvelle récession est déjà là. En août, le nombre de places de travail n’a pas augmenté alors que les spécialistes tablaient sur une création d’emploi de l’ordre de 70'000 places. La faute, d’après le peu gauchiste The Economist, au fait que, pour contenir les déficits occasionnés par des aides aux banques, à l’industrie automobile, au secteur de la construction et aux assurances, de l’ordre de 2500 milliards de dollars depuis 2009 on a supprimé 600'000 emplois publics.

Cette nouvelle récession créerait une situation que les économistes appellent de double dip, caractérisée par une succession à court terme de deux récessions interrompue juste par une reprise avortée. C’est quelque chose qui ne s’était plus produit depuis la grande crise de 1929.

C’est dire si les risques sont grands d’une longue stagnation au cours de laquelle les attaques contre les dépenses publiques, contre les salaires et les retraites ne peuvent que s’accélérer. Et contre lesquelles, la construction de mobilisations larges, de masse s’impose avec un seul et unique fil à plomb, l’intérêt de celles et ceux qui n’ont que leur salaire -et qui souvent ne l’ont même pas- pour vivre.

Car, entre les besoins des banques et ceux de la majorité des gens, il faut choisir son camp.
(à paraître dans L'anticapitaliste, 53ème, 9 septembre 2001)