14/01/2012

David Hiler: aux ordres de S&P!

David Hiler
aux ordres de S&P !

Encensé de droite à gôche, poids lourd des partis genevois de l’Alternance, le patron des finances David Hiler jouit d’une réputation «d’intraitable». Il l’est, face aux les salariés de l’Etat et aux syndicats; il l’est beaucoup moins devant les exigences des agences de notation. Voilà qui en fait pour le très libéral IDEHAP le «troisième meilleur ministre cantonal des finances».

Déjà en septembre 2010 lorsque Genève avait décroché le AA- de Standard & Poor’s et la grève à l’aéroport chez ISS battait son plein, le Vert s’inquiétait de ces grèves «qui pourraient entacher la bonne réputation de Genève». Sûr que, pour attirer les hedge founds comme Hiler le souhaite, grèves et manifestations font désordre…

Aujourd’hui, il confirme à propos de la fusion des caisses de retraites du personnel de l’Etat et des hôpitaux. Combattue par le seul Syndicat des Services Publics, la fusion prévoit l’élévation de l’âge donnant droit à la retraite, l’allongement de la durée de cotisation, l’augmentation conséquente de celles-ci et une diminution des rentes versées.

Pour Standard & Poor’s, la réalisation de cette fusion est la condition sine qua non du maintien de la notation AA- pour Genève. Elle l’écrit le 5 août 2011 de manière on ne peut plus claire. Dans son communiqué, qui figure sur le site officiel du Département des finances, on peut lire que «l’absence de réforme des caisses de pensions publiques pourrait affecter notre appréciation de la gouvernance du Canton et ainsi mettre sous pression la note actuelle».

Ainsi, la péjoration des retraites de quelques 40'000 assurés et de leurs familles est la condition pour le maintien de la note. Faute de quoi, elle pourrait être dégradée. Alors, les taux d’intérêt pour les emprunts et les obligations d’Etat, eux, augmenteraient, comprimant davantage les dépenses publiques.

Donc, soit vous fusionnez les caisses en faisant payer les assurés, soit les conditions d’emprunt faites à l’Etat de Genève vont se durcir, puisque la notation baissera. Et, come la fusion exige aussi une injection d’argent frais, S&P rappelle qu’«un surcroît de dépenses (…) pourrait remettre en cause la note actuelle».

Lige exécutant, David Hiler a déjà convoqué les syndicats favorables à la fusion des caisses de pension pour leur demander des efforts supplémentaires. Après avoir assuré qu’un accord avec Hiler permettrait d’éviter les détériorations plus importantes voulues par la majorité de droite du Grand Conseil, syndicats et corporations vont-ils faire de nouvelles courbettes devant le «magistrat-ami»?

C’est pourtant lui qui s’est engagé, il y a deux ans, à ne plus toucher aux salaires. Jusqu’en décembre dernier, lorsqu’il a décidé de ne verser qu’une demie annuité avant que le Grand Conseil décide de … supprimer l’annuité tout court.

La soumission aux diktats des agences de notation n’est pas une fatalité. Des villes comme Zurich ne font pas partie du système de notation. D’autant que pour être notées, les collectivités publiques comme les privés paient un montant forfaitaire.

Celui payé par Genève à S&P s’élève à 50'000 euros par an. Auquel on rajoute une commission à la prestation dont le % n’est pas dévoilé.

Pour se faire donner des ordres!