16/02/2012

Les manifs, la casse et la violence

Genevoises, genevois, le matériel de vote est dans vos boîtes. Le 11 mars vous devrez décider si oui ou non vous renoncez à un droit fondamental, celui de manifester.

Voici la position claire de la Gauche anticapitaliste (www.gauche-anticapitaliste.ch) contre la loi Jornot, une loi à renvoyer à l'exéditeur.

 

Combattre un système qui génère la violence,
pas le droit de manifester !

Les tenants de la loi font appel aux quelques débordements survenus lors de manifestations pour durcir l’exercice du droit de manifester. Par contre, jamais ils ne se penchent sur l’origine de cette violence.

Un oubli? Sûrement pas! L’origine de cette violence se trouve dans les politiques mises en place et appliquées par la même caste qui veut restreindre, voire supprimer, le droit de manifester.

Les politiques mises en place depuis quinze ans en matière de logement, d’école, de santé, d’assurances sociales vont toujours dans le sens de limiter les prestations, de couper dans les dépenses, de réduire la maîtrise des citoyens sur ce qui les concerne, d’octroyer des faveurs fiscales aux mieux lotis.

Exigée par «les marchés», cette politique en laisse plus d’un sur le carreau. Combien de chômeurs en fin de droit qui n’ont plus de moyens pour vivre autres que l’assistance publique auraient envie de «tout fiche en l’air»? Combien de ces jeunes laissés au bord du chemin du système de formation n’ont jamais eu envie de «casser la baraque» ?

Combien de rentiers AI n’ont pas une fois eu l’envie de «mettre le feu à la boutique»? C’est dans l’humiliation, celle de ne pas avoir un boulot comme tout le monde, d’avoir été mis dehors, de se sentir un looser que la violence prend racine.

Mais, pour les cerveaux qui ont concocté cette loi, les prestations sociales et des services publiques de qualité sont des préoccupations aussi exotiques que les conditions de vie des babouins en Botswana: ils n’en ont pas besoin pour vivre.

La violence des uns et celle … des autres

Les neufs dernières années, seules trois manifestations ont «dégénéré» avec des dégâts matériaux en vitrines et voitures de l’ordre de quelques dizaines de milliers de francs.

Ces débordements ne sont pas une stratégie. Ils servent tout au plus à donner des arguments à ceux qui veulent limiter le droit de manifester.

Mais que représentent ces quelques milliers de francs à côté des effets de la politique néo-libérale de ces trente dernières années? Combien de familles ont été plongées dans la précarité, par des licenciements arbitraires, par les coupes successives dans les assurances sociales, AI, chômage, aide sociale?

Le coût de cette casse-là ne se calcule pas en francs, mais en familles et êtres humains brisés. Par exemple, la 4ème révision de la loi sur le chômage d’avril 2011, a mis, du jour au lendemain, entre 15 et 18'000 chômeurs à l’aide sociale! Avec quelles conséquences sur leur santé mentale et sur les budgets familiaux ?

Combien de milliers de ménages a-t-on privé d’avenir à coups de restructurations et de délocalisations? La voilà, la violence.

Cette violence, qui est celle du capitalisme, n’émeut nullement l’inspirateur de la loi et ses libéraux collègues. Leur souci est celui d’avoir un pays et une ville policés, havres de paix pour les clients de ces banquiers privés qui sont leurs mandants.

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