29/02/2012

L'avenir commence à Athènes...

Quand la malnutrition fait des ravages parmi les petits élèves de l’école primaire et la faim pointe le nez dans les quartiers même petit bourgeois des villes grecques, la mesure est donnée de l’ampleur de ce qui est en train de se passer.

Malnutrition et faim! Qui s’ajoutent à des coupes brutales dans les retraites, les salaires et les prestations publiques et qui sont loin d’être de simples ajustements. Oui, ce qui se passe en Grèce prend les contours d’un changement d’époque. Et d’une crise de Civilisation.

Faim, malnutrition, retraites de misère, c’est ça «la fin du modèle social européen», dont se réjouit Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne. Il sait de quoi il cause: c’est la BCE, qui prête aux banques à un taux de 1% pour qu’elles puissent prêter à leur tour à La Grèce, au Portugal, à l’Espagne à des taux cinq, six fois supérieurs.

C’est sans qu’aucune richesse n’ait été produite que les banques réalisent les bénéfices. Le profit, ce n’est même plus sur la plus-value, le surtravail non rémunéré fourni par les salarié.e.s, qu’elles le réalisent, mais sur la gestion de la dette. C’est la logique vampirique de ce système.

C’est une vampirisation qui induit de graves reculs de Civilisation. C’est la Civilisation qui recule quand on condamne des centaines de milliers de vieux à vivre avec moins de 500 francs par mois, même au soleil et au son du sirtaki.

C’est la Civilisation qui fait un bond en arrière quand, par les coupes dans les dépenses publiques on renvoie les femmes aux tâches d’entretien, de reproduction de la vie sociale que plusieurs décennies de combat féministe avaient permis de socialiser, par des crèches, des EMS…

C’est la Civilisation qui recule quand ce sont la BCE, le FMI et la commission européenne qui «élisent» les chefs de gouvernement, come ils l’ont fait en Grèce et en Italie, en installant à la tête de ces pays deux anciens de Goldman Sachs.

Elle recule encore quand ces exécutants fidèles sont en plus doublés de proconsuls permanents du FMI et de la BCE installés à Athènes pour contrôler l’exécution de leurs mesures.

Il y a recul de Civilisation quand la cheffe du gouvernement de la principale économie capitaliste européenne, l’Allemagne, distribue les bonnes et les mauvaises notes aux autres gouvernants.

La Grèce aujourd’hui est un laboratoire grandeur nature. Pour eux et pour nous.

Elle a pour les capitalistes un intérêt certain. Imposer une réduction brutale du niveau de vie de presque onze millions de personnes, les asservir, les soumettre, et baisser celui de tous les autres, ailleurs en Europe, le voilà leur intérêt.

Symétriquement, c’est la capacité des Grecs à repousser ces attaques, qui nous renforcera tous. Voilà pourquoi, au-delà de la simple et indispensable solidarité humaine, le soutien au peuple grec est indispensable.

Parce que l'avenir commence à Athènes...

Commentaires

Et oui, à force de reculer, tout finit par basculer dans le vide.. Bien des civilisations ont connu une triste fin, vous connaissez l'Histoire mieux que personne. Bien sûr que l'on perd nos droits, bien sûr que l'on s'approche du gouffre, ce n'est qu'une question de temps. En lisant ces jours derniers ds notre chère Tribune que le sieur Muller s'en va avec une petite miette de 400'000 petits frs, je me sens proche du gouffre, c'est tout simplement indécent. Faire partie du commun des mortels qui se demande s'il aura de quoi vivre de son travail honnête dans les années à venir (pour autant qu'il arrive à le garder...)je crois que c'est être solidaire de peuple grec.

Écrit par : madeleine | 29/02/2012

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