08/02/2013

Et si le 3 mars? Question de plan B...

 

Conseil d’Etat et supporters de la LCPEG ne cessent de donner dans l’alarmisme : si la loi était refusée le 3 mars, prétendent-ils, Genève serait condamnée à 10 ans de crise politique, rien que ça. Mais qu’en est-il vraiment ?

Après nous le déluge ?

Si le Non devait l’emporter, Genève disposerait jusqu’au 1er janvier 2014 pour mettre sa loi en conformité avec la loi fédérale. D'après le département des finances, il pourrait même demander que le délai du 1er janvier soit reporté "d'au minimum six mois".

Si le canton ne devait pas se mettre en conformité, resteraient deux hypothèses, la liquidation de la CIA ou la capitalisation forcée à 100% par l’Etat de la nouvelle caisse.

D’après les calculs du Département des finances, une liquidation de la CIA coûterait quelque huit milliards à l’Etat de Genève car c’est lui qui reprendrait à son compte le versement des prestations de libre passage pour les actuels assurés et le paiement de toutes les rentes dues par la caisse.

Une capitalisation totale imposée par l’autorité de surveillance coûterait quant à elle quelque onze milliards à l’Etat de Genève, donc aux contribuables.

Dans les deux cas, aussi bien les finances publiques que l’image du Canton, sans parler de sa notation, seraient mises à mal.

C’est pourquoi, pour ne pas courir ces risques, le gouvernement n’aurait plus qu’une solution: négocier avec les syndicats représentant le personnel une nouvelle LCPEG qui ne prétérite pas autant les salarié-e-s des services publics.  

L’effort qui leur est demandé actuellement -augmentation des cotisations, baisse des rentes et allongement de la durée du travail- représente une moyenne de 159 millions par an. Dans une nouvelle loi, il pourrait être pris en charge partiellement ou totalement par l’Etat.

Une autre LCPEG est possible

C’est possible et sans augmenter les impôts puisque, en taxant les niches fiscales que la droite n’a pas voulu supprimer au Parlement et en supprimant les 690 forfaits fiscaux dont bénéficient de richissimes étrangers on trouverait l’argent qu’il faut!

La responsabilité du gouvernement serait ainsi engagée: ce serait à lui, et avec lui aux partis des banques et de la finance, de tout faire pour éviter ce qu’il appelle «le chaos».

C’est à lui de négocier une nouvelle LCPEG qui ne puise pas de l’argent frais dans les poches de celles et ceux qui travaillent pour renflouer les banques et les compagnies d’assurance, celles-là même qui ont indûment encaissé des surprimes et refusent de nous les rendre.

Et si c’était oui ?

Par contre, si un Oui venait à sortir des urnes, ce ne serait qu’une première étape.

Une fois eu l’assentiment populaire au fait que pour renflouer les caisses, c’est aux salariés qu’il faut s’en prendre, les représentants du grand patronat ne vont plus se gêner.

Le chef de file du Parti libéral-radical, Pierre Weiss n’a-t-il pas déjà annoncé que, en cas de l’acceptation de la LCPEG le 3 mars, il allait déposer un nouveau projet de loi la durcissant ?

C’est devant l’assemblée des délégués du PLR qu’il l’a promis, le 10 janvier. Une fois levé «grâce à la collaboration des Verts et des Socialistes et de certains syndicats, l’obstacle mental à une remise en cause des retraites des fonctionnaires», c’est à la primauté des prestations, à l’âge de la retraite, à la reconnaissance de la pénibilité de certaines tâches et au financement majoritaire du 2ème pilier par l’Etat, qu’il va s’en prendre!

De même, c’est le 7 mars que le PLR va décider du lancement d’une initiative pour instaurer le salaire au mérite pour le personnel de l’Etat. Un oui le 3 mars l’y encouragerait fortement.

Voilà, pourquoi, encore une fois, il faut dire NON à cette LCPEG le 3 mars.    

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