16/03/2014

Elections judiciaires

Contre l’ordre à Jornot !

 

Spécificité genevoise, le 18 avril, électeurs et électrices sont appelé.e.s à élire pour cinq ans le procureur général (PG). C’est la présentation par Ensemble à gauche de Pierre Bayenet qui empêche la réélection tacite du libéral radical Olivier Jornot en charge depuis 2011.

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03/03/2014

12'000, et après?

C’est pour «Une suisse ouverte et solidaire» que Verts, Parti socialiste et Union syndicale suisse ont mis dans la rue, samedi passé, quelques 12'000 personnes, d’après leur comptage.

Sauf que, au-delà des bons sentiments, les contours de tant de solidarité et d’ouverture avaient de la peine à se dessiner autrement que sous les traits de ce qu’une partie des couches populaires ont rejeté le 9 février, les accords bilatéraux.

A preuve, le fait que la revendication qui pourrait être en mesure de répondre aux craintes des couches populaires en matière de sous-enchère salariale et sociale, «pour une réelle protection des salaires et des conditions de travail», figurait en … 6ème position, bien loin des incantations «antiracistes» et «anti-xénophobes» au premier plan de l’appel à manifester.

Incantations. Le terme s’impose, car sans mesures d’accompagnement salariales et sociales, l’invocation de «l’ouverture au monde» ne peut, au mieux, qu’être inefficace et, au pire, stigmatiser les classes populaires qui ont peur.

Est-ce au nom de «l’antiracisme» qu’il faut accepter la sous-enchère salariale? Qu’il faut subir l’explosion de l’armée industrielle de réserve, pour reprendre une catégorie marxiste, du nombre de demandeurs d’emploi résultant d’une ouverture des frontières sans véritables mesures d’accompagnement? Poser la question, c’est y répondre…

Une étude officielle explique que c’est dans les quartiers populaires de Zürich que le basculement massif contre les accords bilatéraux a eu lieu, pas dans le centre ni sur la huppée Goldene Küste, au bord du lac. A cette inquiétude, les incantations antiracistes n’apporteront aucune réponse.

Pourtant, après le vote du 9 février les conditions restent réunies pour exiger autre chose. Alors que le gouvernement s’empresse de mettre un terme aux négociations avec la Croatie et que le grand patronat suisse craint pour son accès aux marchés européens, le moment pourrait être propice pour obtenir les mesures d’accompagnement dont le patronat ne veut pas.

Après le 9 février, ce n’est qu’en accordant des avancées sociales significatives qu’il pourrait retrouver une marge de manœuvre vers l’Europe. Veulent-ils des accords avec la Croatie ? Des contingents élevés à Genève, Bâle ou Lausanne? Chiche, à condition qu’ils nous accordent 4000 francs de salaire minimum, une protection contre les licenciements, la réduction des horaires, l’extension des CCT et des centaines d’inspecteurs du travail!

 

Par leur profession de foi sans contenus sociaux, les directions des Verts, du PSS et de l’Union syndicale suisse font exactement le contraire de ce qu’il faudrait. A l’heure où Johann Schneider, le ministre de l’économie qui a «optimisé» l’imposition fiscale de l’empire industriel de son épouse, Madame Amman, lance la campagne contre le salaire minimum, le signal donné samedi passé par l’USS est prélude de nouvelles défaites.