30/04/2014

Revoilà le 1er Mai!

Revoilà le 1er Mai. Avec ses défilés à la fréquentation «en tous les cas pas inférieure à celle des années passées», ses banderoles, ses slogans, ses fanfares, ses sardines grillées et autres raclettes…


Et avec ses discours, aussi. Ceux des conseillers fédéraux, Berset et Sommaruga, fer de lance de l’élévation de l’âge de la retraite des femmes pour le premier et exécutante zélée de l’initiative de l’UDC, pour la deuxième. Tout un symbole…

Mais aussi ceux des autres, présidents de parti ou des unions syndicales locales, plaidant pour plus de partenariat social, plus de justice, plus, plus, plus… Et qui rappelleront, of course, l’importance du vote du 18 mai, thème du jour, s’il en est.

En effet, rarement journée du 1er Mai aura été si proche, chronologiquement, d’une échéance aussi importante que ce vote du 18 mai sur le salaire minimum -et de celui sur l’achat des avions de combat. Du coup, la coïncidence temporelle aurait pu être l’occasion d’une vraie mobilisation sociale, de classe, en faveur du salaire minimum et contre les dépenses militaires.

En d’autres termes, ce 1er Mai aurait pu être préparé autrement que ce à quoi nous a habitué la liturgie syndicale: par un appel, dans les entreprises privées et dans les services publics, à rejoindre les cortèges du 1er Mai pour exiger un salaire minimum et la fin des blocages des dépenses sociales, pour la suppression des dépenses d’armement.

Il aurait pu être l’occasion pour les activistes syndicaux d’être sur les lieux de travail pour appeler à la mobilisation, pour l’organiser. Il aurait pu donner lieu à des moments de pratique collective pour convaincre les collègues à participer aux cortèges, pour préparer ensemble pancartes et banderoles, slogans et chansons…

Et ça aurait pu être le point de départ de la mobilisation des derniers quinze jours, pour retourner du cortège vers les lieux de travail avec l’intention commune de convaincre les collègues et de susciter -pourquoi pas?- des prises de position d’assemblées du personnel en faveur du salaire minimum, contre les dépenses militaires.

Ca aurait pu être l’occasion de construire un rapport de forces différent que celui qui nous est imposé par la toute puissance financière des associations patronales et des officines de propagande -la presse- qu’elles possèdent.

Ca aurait pu. Que de conditionnels pour des pratiques qui devraient -un conditionnel, encore- relever du b.a.-ba syndical! Ailleurs qu’en Suisse, de telles méthodes, élémentaires, sont le propre du syndicalisme au quotidien. Pas besoin donc de se demander pourquoi, ailleurs, justement, le salaire minimum et une véritable sécurité sociale existent depuis longtemps.

Car, pour obtenir cela, même les plus enflammés des discours du 1er Mai ne suffisent point. Accompagnés des fanfares, ils feront tout au plus office de … fanfaronnades.

 

A la satisfaction, courroucée mais entière, du patronat.

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