30/04/2014

Revoilà le 1er Mai!

Revoilà le 1er Mai. Avec ses défilés à la fréquentation «en tous les cas pas inférieure à celle des années passées», ses banderoles, ses slogans, ses fanfares, ses sardines grillées et autres raclettes…

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27/04/2014

Ordre moral: Porno-Lehrer ?

Elle est kafkaïenne l’histoire de Daniel Saladin, enseignant dans un lycée zurichois, arrêté en 2009 et exclu de l’enseignement pour avoir traité en classe dans le cadre de son cours de littérature allemande de la pièce de Frank Wedekind, L’éveil du printemps, parue en 1891 et de deux autres ouvrages qu’une dénonciatrice anonyme qualifiait de «lecture pornographique».

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14/04/2014

Merci Pierre Bayenet

Avec 34% des voix lors l’élection du procureur général, il aura fait plus que de la figuration. Et contrairement aux prévisions des Cassandres socialistes et écologistes, Pierre Bayenet n’aura pas provoqué un plébiscite en faveur d’Olivier Jornot. Loin de là!

De plus, il a également réussi à faire vivre un comité de soutien qui a débordé largement les frontières organisationnelles de la coalition Ensemble à gauche dont il était le candidat.

Au soir du vote, c’est en termes de victoire qu’il s’est exprimé. Car, au-delà du strict résultat comptable, c’est bien de victoire qu’il faut parler. En effet, après deux mois de campagne, ce que le seul candidat Bayenet prétendait fin janvier est peu à peu devenu une réalité largement admise.

Une victoire politique

Il en est ainsi en ce qui concerne l’incarcération systématique d’étrangers en situation illégale. Alors qu’en début de campagne l’actuel procureur général refusait d’admettre que des dizaines de personnes croupissent à Champ Dollon pour le simple fait de ne pas être porteuses de papiers en règle, il a été forcé de reconnaître, et avec lui la presse toute entière, qu’il s’agit bel et bien d’une réalité.

Au même titre, c’est la campagne du candidat Bayenet qui a permis de dénoncer les libertés d’interprétation que l’actuel procureur général s’accorde en matière de droits humains. Prétendre comme il n’a cessé de le faire, que «l’insécurité dans les prisons est moins inquiétante que l’insécurité à l’extérieur» au moment où le Tribunal fédéral dénonce des «traitements inhumains et dégradants» à Champ Dollon, c’est particulièrement dangereux. Cela suppose une universalité toute relative des droits humains: les personnes embastillées les mériteraient-elles moins que celles et ceux qui sont dehors?

En vertu d’un supposé climat «propice au tout sécuritaire» rares étaient les dénonciations de telles pratiques. Grâce à la campagne de Bayenet et de son comité de soutien, le principe d’universalité des droits a refait surface au point que certains chroniqueurs ont fini par critiquer les pratiques d’un Olivier Jornot promu par la Tribune de Genève au grade de «Général procureur».

Et c’est toujours grâce à la campagne de Pierre Bayenet que le «principal mérite» de Jornot qui était, selon la presse de début février, la réorganisation du ministère public, se transforme, deux mois plus tard, en une «restructuration difficile qui connaît des à-coups, notamment en matière de gestion du personnel». Difficile en effet de contester le nombre élevé de cas de burnout dans les services de Jornot que Bayenet a dénoncés…

Le peuple a bon dos

C’est au nom d’un supposé «climat général propice aux solutions musclées» que les directions des Verts et des Socialistes ont refusé de soutenir Pierre Bayenet. Au final, force est de constater que ce climat n’est pas si général et qu’il l’est encore moins dans les quartiers populaires. Les Pâquis -plus de 55% en faveur de Bayenet- sont, à ce titre, édifiants.

Erigé en laboratoire des politiques sécuritaires de Jornot et de son compère radicalement libéral Pierre Maudet, le quartier leur inflige un cinglant désaveu en rejetant le «tout sécuritaire» censé «pacifier les Pâquis» et, surtout, avoir conquis les classes populaires. Et ce vote n’est pas seul, puisque tous les arrondissements populaires de Genève, sans exception, ont voté pour Bayenet. La situation est par contre différente dans les communes suburbaines, notamment à Vernier, où le MCG a depuis longtemps labouré le terrain déserté par la gauche.

Ce sont des considérations qui devraient convaincre celles et ceux qui, sans les arrière-pensées hypocrites des appareils politiques, craignent que l’actuel contexte n’autorise pas d’audaces. Le succès de Pierre Bayenet démontre le contraire. Sans cette campagne, le procureur général et sa politique auraient été confirmés tacitement, privant de droit de cité toute conception discordante.

Et la suite? Tout de suite

Des couches nouvelles, extérieures aux appareils de parti, se sont engagées dans cette campagne contre la politique du procureur général. Il ne faut pas qu’elles se dispersent en attendant la prochaine élection, dans six ans. Dès aujourd’hui, c’est une unité large qui conteste au quotidien la politique du général procureur qui est nécessaire.

 

C’est la suite logique des espoirs suscités par Pierre Bayenet.