29/05/2014

C’est qui qui commande ? La présidente du DIP ou ses hauts fonctionnaires ?

Vous souvenez-vous des déclarations dans la presse de Mme Emery-Torracinta, présidente du DIP?

 

Tout en annonçant des années à venir difficiles, elle se réjouissait d’avoir obtenu de la part de la commission des finances du Grand Conseil une rallonge budgétaire permettant d’envisager «de manière sereine  la prochaine rentrée scolaire». Elle s’en est d’ailleurs réjouie par un courrier personnel à tou.te.s les salarié.e.s du DIP. Cette rallonge aurait dû permettre notamment d’éviter la fermeture de classes, les suppressions de postes et empêcher la constitution de classes « bourrées », avec des effectifs maximum.


Dans les faits, les choses se passent de manière bien différente. Avec une liberté de ton inhabituelle à l’égard de la présidente du DIP, tel directeur d’un Cycle d’Orientation, relate devant un plenum d’enseignants que «le message rassurant de Mme Emery-Torracinta n’a pas été suivi d’effets: aucun correctif budgétaire n’a été apporté».

 

 

Avec d’autres directeurs d’établissement, il confirme qu’une directive de la direction générale du cycle d’orientation, la DGCO, demande à tous les directeurs de préparer la rentrée selon le budget qui faisait craindre à la cheffe du DIP qu’il ne soit «pas possible de réaliser la rentrée sans porter préjudice à l’encadrement et aux conditions de l’enseignement » (La Tribune de Genève, 7 mai).

 

Concrètement, cela doit se traduire par :

1.      La constitution de classes de LS et CT (R3 et R1) avec des effectifs maximum dès la rentrée d’août 2014 tout en laissant, «si possible», une certaine marge pour les regroupements R2 et LC. Cette mesure réduit de manière importante la réalisation de transferts en cours d’année tout en poussant à des effectifs de classe qui gonflent au-delà des maxima et prétéritent tout autant les possibilités d’enseignement différencié et adapté que la charge de travail du personnel enseignant. C’est une approche qui n’est pas partagée par la présidente du DIP qui s’est à plusieurs reprises exprimée à ce propos en termes négatifs.

2.      Le transfert vers d’autres établissements des élèves «en trop ». Ainsi, si 138 élèves s’inscrivent en LS dans le même établissement, la direction n’est pas autorisée à ouvrir un nombre de classes à effectifs légèrement réduits, dans ce cas six classes de 23 élèves. Elle est obligée de n’en ouvrir que cinq à 24 élèves pour 120 élèves. Les 18 restants seront déplacés dans d’autres établissements, sur la base de critères qui restent pour le moins aléatoires.

3.      La suppression de postes dans l’enseignement. Cela a d’ailleurs déjà commencé avec le non renouvellement de certains contrats de jeunes enseignant.e.s. «C’est dans le domaine de la musique, des arts visuels et de l’enseignement de l’histoire qu’il devrait y avoir le plus de problèmes», dixit un directeur…

 

Puisque ces informations ont été données de manière très officielle par des directeurs d’établissement, il n’y a aucune raison d’en mettre en cause l’authenticité. Il est à se demander à ce point si c’est bien la Présidente du DIP qui commande ou bien si c’est la direction générale du CO qui fait la politique scolaire.

 

Jeudi prochain, les syndicats et associations d’enseignants rencontreront la présidente du DIP pour discuter de ces questions.

 

Dans l’attente, les directeurs continuent à préparer une rentrée dans des conditions qui ne permettent pas vraiment de « l’envisager sereinement ».

 

 

A moins que Mme Emery-Torracinta rappelle au plus vite à ses hauts fonctionnaires que la cheffe… c’est bien elle.

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