07/11/2014

Jo-Wilfrid contre Stan : vraiment ?

Il est émouvant, le président du Parti socialiste suisse dans sa croisade pour l’égalité fiscale … entre riches.


Que ferait, sans lui, ce pôvre Stanislas Wawrinka, lui qui ne gagnait, avant de faire son apparition dans le top-ten, qu’un million de francs par an alors que son compétiteur et voisin, Jo-Wilfried Tsonga, qui gagne autant que lui, paie nettement moins d’impôts ?

Heureusement que Levrat est là pour dénoncer cette ignoble inégalité de traitement entre (multi)millionnaires! Pourquoi, d’ailleurs, ne pas pointer aussi la scandaleuse inégalité de traitement fiscal entre Levis Hamilton et Sébastien Buemi, entre le patron d’Ikea et le PDG de Nestlé? Nantis de tout le pays, tous unis derrière la rose…

Rien n’est dit par contre sur ce qui devrait faire la motivation de base, profonde, socialiste, de la guerre aux forfaits fiscaux!

Qui sont à combattre d’abord parce qu’ils permettent à ceux qui en bénéficient d’échapper au fisc, tout autant à celui de leurs pays d’origine qu’à celui et de leur pays d’élection fiscale. Or, chaque euro, chaque livre soustraite au fisc français ou britannique sont autant d’euros ou de livres qui vont manquer pour financer les politiques publiques de la France ou du Royaume Uni.

Ce sont des dizaines, voire des centaines de milliers de livres et d’euros qui ne contribuent pas à financer les cantines scolaires, dans les banlieues de Londres ou de Birmingham, de Saint Denis ou de Villeurbanne, qui manqueront au financement des soins de santé de Madame Dupond et de Monsieur Choukroune, ou au versement des retraites de millions de gens qui ont passé leur vie à travailler.

Tout comme chaque franc soustrait au fisc helvétique en vertu des faveurs fiscales que la Suisse accorde aux nantis l’est aussi, soustrait, au financement de l’AVS ou de l’AI, par exemple, assurances sociales dont, ni Tsonga, ni Wawrinka, et encore moins les  patrons de Nestlé et Ikea n’ont pas vraiment besoin pour vivre…

Voilà pourquoi j’ai voté pour l’abolition des forfaits fiscaux, par pour l’égalité entre nantis mais pour que, chez eux ou en Suisse, comme tout un chacun, ils paient leur dû.

 

Paolo Gilardi

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