12/11/2014

La voix de ses maîtres ?

Décidément, rien n’arrête les propagandistes de la RTS, la radio-télévision suisse, la radio du service public.


 

De nouveau ce matin, juste après avoir remercié Federer et Wawrinka de porter si haut les couleurs nationales, voilà, à 6h50 tapantes, le billet de la rédaction.

Consacré, ce matin, à la pluie de critiques qui s’abattent sur les faveurs fiscales accordées par le Luxembourg à quelques 340 sociétés en quête d’optimisation (sémantique de l’euphémisme quand tu nous tiens…)  fiscale.

 

Vous admettrez que, juste avant l’aube, le sujet demande concentration. Mais rien n’effraie les chargés de liturgie de la RSR: on sait faire passer le message.

 

Ainsi, c’est avec un aplomb certain que Romain Clivaz, l’officiant du jour, narre les tribulations de ce pauvre Jean-Claude Junker, ancien premier ministre du Grand-Duché et nouveau président de la commission européenne, qu’une opinion vengeresse clouerait rien de moins qu'au «pilori».

 

Indigné, c’est une sacrée philippique qu’il nous sert: au lieu de s’en prendre au Luxembourg, «accusé de siphonner le revenu des Etats belge, français ou grec» il faudrait plutôt se demander si ce n’est pas «l’irresponsable» classe politique grecque qui «a mis à genou le pays» ou encore si «l’incapacité des élites de mettre en cause un modèle social à bout de souffle » n’est pas plus responsable des déficits de la France.

 

De par la grâce d’un étrange glissement logique et géographique, du Grand-Duché à la Confédération, il nous prend ensuite à témoin: la Suisse est-elle responsable, nous demande-t-il, «de la structure étatique baroque et dispendieuse d’une Belgique si difficile à remettre sur les rails » ?

 

Demeurant dans la métaphore ferroviaire, il nous livre enfin l’espoir du jour: qu’à l’heure où «le train de la réglementation fiscale... désormais sur les rails» il faudrait que «Jean-Claude Junker président de la Commission européenne n’oublie pas le Jean-Claude Junker grand argentier luxembourgeois», celui qui comprend les avantages d’une «saine concurrence fiscale».

 

Une profession de foi étonnante sur les ondes du service public à trois semaines tout juste du vote pour l’abolition des forfaits fiscaux.

 

Profession de foi ?

Mal réveillé, je l’ai prise pour telle. En fait, non, l’opinion de Monsieur Clivaz n’est que de l’information, objective et impartiale… L’info RTS.

 

Paolo Gilardi

 

 

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