21/11/2014

Pôvre Bartachat

"Si dix centimes arrivent sur la table, on saute tous dessus! Et on a des incertitudes quant aux revenus fiscaux". C'est ce que, nous explique dans la Tribune de ce jour le ministre cantonal des transports. 

Le pôvre!


Les "incertitudes" l'empêchent de dormir, lui et ses pairs du gouvernement. Seule certitude sur laquelle ils peuvent compter: la troisième réforme de l'imposition des entreprises. Si elle est acceptée, c'est certain, elle priverait les finances publiques cantonales de six-cent millions  de francs par an. L'équivalent, en gros, du budget annuel cumulé du département de l'instruction publique et de celui dit de la sécurité.

600 millions par an de pertes fiscales qui résultent de la volonté de baisser l'imposition des bénéfices de 24 à 13% (elle l'est de 42% en Allemagne et de plus de 50% aux USA). C'est ainsi que des modestes entreprises -UBS, Novartis et autres Nestlé...- pourront faire d'importantes économies d'impôts et verser des dividendes accrus aux actionnaires. Tandis que l'Etat devrait réduire aussi bien les traitements du personnel que les prestations aux gens. 

C'est ce qui est prévu aux TPG: réduire les coûts de personnel en licenciant et supprimer des lignes de bus. Mais c'est aussi ce qui est promis à qui travaille dans les hôpitaux, les écoles, à l'hospice général, à la voirie et aux bénéficiaires des prestations publiques. A moins qu'enfin la révolte s'organise, comme aux TPG. 

Loin d'être la "trahison" dont se plaint Bartachat -qui se désole de ne pas pouvoir envoyer l'armée contre les grévistes-, la grève du personnel des TPG -suisses, résidents etfrontaliers, tous ensemble- montre la voie.

Pour que la satisfaction des besoins de celles et ceux qui n'ont que leur salaire -et parfois pas- pour vivre passe avant la rémunération des actionnaires.

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