05/02/2015

Donner au peuple grec les moyens de ses choix!

Quoi qu’on pense, qu’on suppose ou qu’on prédise à propos de  Syriza, un fait est clair: le 27 janvier, c’est le gouvernement Samaras, le gouvernement de l’austérité, qui a été renversé.

Dans une Europe qui semblait figée, où privatisations et privations font des ravages, où les sans-emploi se comptent en dizaines de millions, le fait est tout sauf anodin.

Pour la première fois depuis longtemps ce n’est pas juste un gouvernement qui se dit «de gauche» qui est élu: c’est un gouvernement qui se positionne clairement contre l’austérité, contre les mémorandums, contre la troïka, qui est entré en fonction fin janvier.

La victoire d’ Alexis Tsipras n’a aucune parenté avec l’arrivée de François Hollande au sommet de la république française ni avec celle de Matteo Renzi à la tête de l’Italie, ne serait-ce parce que, quoi que disent certains «observateurs», Syriza n’est ni le PS français, ni le parti démocrate de Renzi. Et contrairement à ce dernier, Tsipras n’était pas -et n’est toujours pas- le poulain des banquiers et des industriels.

Coalition de forces diverses réunies autour du refus de l’austérité, de courants issus de l’eurocommunisme jusqu’aux forces révolutionnaires, Syriza est attendue au tournant.

Partant, c’est toute l’idée d’une option de rupture en Europe qui se joue en Grèce. Est-ce que Syriza pourra réaliser ne serait-ce qu’une partie de son programme? Ou est-elle inéluctablement appelée à se coucher devant les bailleurs de fonds ?

Sera-t-elle en mesure de satisfaire un mouvement de masse qui, en plus de voter, a donné vie à une telle succession de grèves générales qu’on finit par en oublier le nombre? Ou bien ce gouvernement va-t-il, devant les exigences des capitalistes, s’efforcer de freiner, de modérer les revendications populaires?

Tout ce que la BCE et les  chancelleries européennes ont proposé depuis le 27 janvier va exactement dans cette deuxième direction: étouffer sous le poids de "l'aide" toute tentative des Grecs de sortir de la logique de l'austérité.

Dès lors, tout doit être mis en œuvre pour desserrer l’étau qui enserre la Grèce. A commencer par la restitution au peuple grec des quelques six-cent milliards d’euros planqués dans les paradis fiscaux.

 

Une tâche, en Suisse, particulièrement urgente…