13/09/2016

RIE3 : Parrrole, parrrole…, chantait Dalida !

Conscient des pertes fiscales qu'occasionnerait le cadeau annuel de 800 millions à de grandes entreprises telles Rolex, ABB Sécheron, Givaudan ou Firmenich, le Conseil d’Etat se veut rassurant : il entend « demander au Parlement de suspendre le frein au déficit ».

Autrement dit, il suggèrera au Grand Conseil de s’abstenir de trancher dans les prestations à la population et dans les coûts de personnel de l’Etat, mais, «durant la phase de transition», d’approfondir la dette.


Mis à part le fait qu’une telle suspension ne pourra pas figurer dans la loi sur la REI3 genevoise et qu’elle ne devra son adoption qu’au bon vouloir des majorités parlementaires, il s’agit uniquement de propos censés rassurer.

Tout d’abord, tout un chacun est en droit de se poser la question de l’autorité de ce gouvernement auprès des partis qui composent sa majorité.

Déjà désavoué par ses propres députés sur le Personal-stop en novembre 2015, il passera aux annales pour avoir été le premier et unique gouvernement genevois capable de faire l’unanimité des partis représentés au parlement … contre lui et son projet de budget en décembre.

C’est ce gouvernement qui nous demande d’accepter une saignée majeure dans les caisses publiques contre une hypothétique trêve  budgétaire qu’il n’est en aucune mesure capable de garantir!

D’autre part, comment croire à de telles promesses de … retenue alors que le Conseil d’Etat aurait aussi proposer aux députés d’autres mesures permettant de compenser, en partie du moins mais sur le long terme, les pertes occasionnées par le cadeau à 800 millions ?

A-t-il, par exemple, suggère au Parlement la suppression, ou pour le moins la suspension, du bouclier fiscal qui protège les plus gros revenus ? Sachant que, d’après l’estimation des services de Monsieur Dal Busco, sa suppression pourrait rapporter presque cent millions par an, il est intéressant de constater que cette mesure n’a même pas été envisagée.

Tout comme a été à priori écartée l’idée d’inviter les députés à adopter le projet de loi d’Ensemble à Gauche qui propose une réadaptation socialement acceptable de la réduction linéaire d’impôts de 12%, ce qui permettrait d’engranger deux ou trois centaines de millions de francs payés par les plus fortunés!

Ecartée d’emblée aussi l’hypothèse de demander au Parlement de revenir sur les allègements fiscaux accordés aux plus riches au cours des deux dernières décennies.

Illusoire de croire que la majorité de droite aurait accédé à de telles demandes ? Absolument!

Illusoire, comme le fait de croire que cette même majorité respecterait son éventuel engagement à suspendre -pendant cinq ans ou sine die- le frein à l’endettement !

Parrrole, parrrole…

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