28/12/2016

Bonne pour les vieux, la RIE3?

Invoqué à tout bout de champs pour légitimer le relèvement de l'âge de la retraite et la baisse des prestations du 2ème pilier, le vieillissement de la population est singulièrement absent du débat sur la troisième réforme de l'imposition des bénéfices des entreprises, la RIE3.

Et pourtant, s'il est vrai que les dépenses de l'AVS vont augmenter avec l'allongement de l'espérance de vie, est-il bien raisonnable que la Confédération renonce à des rentrées fiscales de l'ordre de trois milliards de francs par an pour les offrir à de grandes entreprises qui réalisent des bénéfices millionnaires?

Il en va de même au plan cantonal. D'après le "Rapport de planification sanitaire du Canton de Genève: 2016-2019" présenté par le Département des affaires sociales et de la Santé (DEAS), en 2020, le nombre des personnes âgées de plus de 80 ans aura augmenté dans notre Canton de 32% par rapport à 2010.

Comme le relève le DEAS, l'allongement de l'espérance de vie "s'accompagne d'une forte croissance des maladies chroniques et dégénératives" entraînant, d'ici à 2019, une augmentation des besoins d'heures de soins à domicile de l'ordre de 4,5% par an.

Le système de santé genevois pourrait-il relever ce défi si, à cause de la RIE3, les finances publiques étaient privées de quelques 500 millions de francs par an? Comment l'Etat pourrait-il faire face si on le prive des moyens financiers nécessaires?

En augmentant le temps de travail du personnel déjà surchargé de l'aide à domicile? En demandant aux proches de se substituer aux services sociaux? Ou en réduisant les prestations en soins?

Le plus simple c'est encore de renoncer aux cadeaux fiscaux faits à une poignée d'actionnaires.

En disant NON, le 12 février, à la troisième réforme de l'imposition des bénéfices des entreprises, la RIE3!

 

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