14/01/2017

RIE3: s'endetter pour les cadeaux?

Le pari des tenants de la RIE3 est le suivant : en baissant l’imposition des bénéfices des entreprises, celles-ci vont réinvestir et créer ainsi les conditions de la relance. Mais, attention, une étude commanditée par le Conseil d’Etat genevois met en garde.

Pour que le pari soit couronné de succès, dit-elle  «cette baisse [de la fiscalité des entreprises] ne doit pas être compensée par […] une baisse des dépenses publiques». Autrement dit, pour que l’hypothétique relance ait lieu grâce aux économies d’impôts, il faudra que l’Etat continue à dépenser…

Et, puisque les rentrées fiscales vont diminuer et que le personnel n’est pas prêt à se laisser imposer l’augmentation du temps et des rythmes de travail, cet argent que les les sociétés les plus riches ne verseront plus, il faudra le trouver ailleurs. En empruntant.

En juin dernier, Serge Dal Busco, le patron des finances, a chiffré le coût de ce recours à l’emprunt: un milliard supplémentaire par an!

Le recours à l’endettement est une pratique courante pour financer l’Etat : il permet de disposer des sommes nécessaires pour les investissements, pour construire des écoles, des routes, des hôpitaux, patrimoine à long terme de la société toute entière. Et il reporte une partie des coûts d’investissements d’aujourd’hui sur les bénéficiaires de demain.

Par contre, creuser la dette pour accorder des rabais fiscaux aux entreprises qui réalisent des bénéfices milliardaires, c’est reporter sur les générations de demain les coûts des cadeaux faits aux actionnaires d’aujourd’hui!

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