27/01/2017

"Ferme-la, Mémé..."

 

C'est ce que semble dire le ministre des finances Ueli Maurer à celle qui l'a précédé à la tête du département fédéral des finances, Mme E. Widmer-Schlumpf, en réaction à la distanciation de cette dernière par rapport à la RIE3.

En gros, l'argument de Maurer -et du commentateur de la Radio suisse romande (pour rappel, radio de service public)- est le suivant: Mme EWS n'est plus aux affaires,elle est désormais hors du coup puisqu'elle s'occupe, je cite la RSR- "deux jours par semaine de ses petits enfants". Conclusion: elle radote.

Bonne éventuellement pour suppléer au manque de crèches, pour le reste, elle n'est plus dans le coup, l'Evelyne!

C'est pourtant elle qui fut à l'origine il y a quelques années seulement, de la RIE3. A moins de penser que les Conseillers fédéraux sont des incompétents patentés, elle doit quand-même maîtriser un peu le sujet, non?

Car, si elle n'y connaît rien, que pouvons bien y connaître, nous, les quelques millions de citoyen.ne.s appelé.e.s à voter et dont les préocupations quotidiennes -garder nos enfantes ou petits enfants, faire nos courses, payer nos loyers et les assurances...- nous empêchent ... d'être dans le coup?

Partant, il ne nous resterait plus qu'à suivre le conseil donné par l'inénarrable Ueli à Mme Schlumpf, la fermer!

 "Le peuple souverain", disiez-vous?

19/01/2017

En voilà une nouvelle!

En voilà, une nouvelle ! A l’heure où le Royaume Uni envisage son avenir comme paradis fiscal, Goldmann Sachs délocalise à Francfort et peut-être aussi dans cet « enfer discal » qu’est la France. A preuve, que le facteur fiscal n’est point le seul qui est pris en considération lorsqu’il s’agit d’implanter ou délocaliser une entreprise.

N’en déplaise à MM Maurer, Dal Busco et à ce conseiller national genevois –vous savez, l’avocat de l’autre éthylique au volant- qui immatricule sa grosse voiture en Valais, histoire d’économiser quelques centaines de francs…

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14/01/2017

RIE3: s'endetter pour les cadeaux?

Le pari des tenants de la RIE3 est le suivant : en baissant l’imposition des bénéfices des entreprises, celles-ci vont réinvestir et créer ainsi les conditions de la relance. Mais, attention, une étude commanditée par le Conseil d’Etat genevois met en garde.

Pour que le pari soit couronné de succès, dit-elle  «cette baisse [de la fiscalité des entreprises] ne doit pas être compensée par […] une baisse des dépenses publiques». Autrement dit, pour que l’hypothétique relance ait lieu grâce aux économies d’impôts, il faudra que l’Etat continue à dépenser…

Et, puisque les rentrées fiscales vont diminuer et que le personnel n’est pas prêt à se laisser imposer l’augmentation du temps et des rythmes de travail, cet argent que les les sociétés les plus riches ne verseront plus, il faudra le trouver ailleurs. En empruntant.

En juin dernier, Serge Dal Busco, le patron des finances, a chiffré le coût de ce recours à l’emprunt: un milliard supplémentaire par an!

Le recours à l’endettement est une pratique courante pour financer l’Etat : il permet de disposer des sommes nécessaires pour les investissements, pour construire des écoles, des routes, des hôpitaux, patrimoine à long terme de la société toute entière. Et il reporte une partie des coûts d’investissements d’aujourd’hui sur les bénéficiaires de demain.

Par contre, creuser la dette pour accorder des rabais fiscaux aux entreprises qui réalisent des bénéfices milliardaires, c’est reporter sur les générations de demain les coûts des cadeaux faits aux actionnaires d’aujourd’hui!

09/01/2017

RIE3: investissement ou pari ... perdant?

C’est en termes d'investissements et de pari que nous est présentée la troisième réforme de l’imposition des bénéfices des entreprises soumise au vote le 12 février.

En gros, le raisonnement est simple : baissons les impôts sur les bénéfices, cela permettra de réinvestir les sommes économisées et de créer des places de travail, de la richesse et, « dans cinq ans », d’enregistrer de nouvelles rentrées pour les finances publiques.

Ce raisonnement est tenu par une étude commanditée par le Conseil d’Etat à l’Université, étude qui met néanmoins en garde sur le fait que, « cette baisse [de la fiscalité des entreprises] ne doit pas être compensée […] par une baisse des dépenses publiques ». Autrement dit, pour que l’hypothétique relance ait lieu grâce aux économies d’impôts, il faudra que l’Etat continue à dépenser…

Or, bien que d’âpres marchandages semblent se dérouler en coulisse (Tribune de Genève, 7.12), rien ne garantit que les partis bourgeois renonceraient à s’en prendre aux dépenses publiques pendant cinq ans au moins.

D’ailleurs, qui pourrait empêcher que, même si une « trêve fiscale » était signée entre les partis gouvernementaux, de nouvelles attaques contre les dépenses publiques ne soient lancées par des forces extraparlementaires au service des milieux patronaux ?

Mais, même si rien de tout cela venait à se produire et que les loups se muaient par miracle en agneaux, croire que la baisse de l’imposition des entreprises se traduirait par la relance relève au mieux de la béatitude, au pire de l’escroquerie : aucune garantie n’est donnée que les économies d’impôts réalisées seraient réinvesties.

Bien au contraire, ce à quoi l’on assiste depuis des années, ce n’est pas à une intensification des investissements, mais bel et bien à l’accroissement de la rémunération des actionnaires et à la spéculation sur les capitaux. Pourquoi en serait-il du coup autrement ?

D’ailleurs, qui donc pourrait obliger les conseils d’administration à réinvestir les bénéfices réalisés plutôt qu’à verser de juteux dividendes aux actionnaires ? Personne, évidemment !

Il s’agit, ainsi que le dit Mme Emery-Torracinta dans la Tribune de Genève du 10 décembre, d’un « pari dont la réussite devra être vérifiée ». Un pari dont la mise de départ serait d’un demi-milliard de francs par an pour le Canton et les communes genevoises et de deux à trois milliards, toujours par an, pour la Confédération !

De plus, en admettant que les propriétaires des capitaux investissent les économies d’impôts réalisées, rien ne garantit que c’est en Suisse ou à Genève qu’ils placeraient leur argent : la réalité des délocalisations prouve le contraire...

Quant à moi, je ne fais pas de paris risqués. Et je voterai non à la RIE3, le 12 février.