17/09/2017

Alarmisme ancien pour aujourd’hui et demain…

« L’allongement de la durée de la vie est l’épée de Damoclès qui condamnera l’AVS à la faillite si l’on ne prend pas de mesures d’assainissement ».

C’est l’argument auquel ont recours les tenants de l’élévation de l’âge de départ à la retraite pour les femmes soumise au vote le 24 septembre (PV2020). C’est ce même argument qu’utilise la droite patronale pour prôner l’élévation pour toutes et tous de l’âge de la retraite à 67 ans.


 

 

En ce sens, l’excuse de celles et ceux qui, au nom d’une prétendue « défense de l’AVS » s’accommodent de sa détérioration ne tient pas la rampe : y aurait-il une raison pour que l’argument soi-disant pertinent aujourd’hui pour agir sur le dos des femmes ne le soit plus, demain, pour s'en prendre à toutes et tous ?

L’argument de l’allongement de l’espérance de vie, de la détérioration du ratio entre actifs et retraités n’est de loin pas nouveau.

La droite patronale y avait déjà eu recours durant l’entre-deux-guerres et encore juste avant le plébiscite en faveur de l’AVS le 1er juillet 1947. D’après ces prédictions, c’est à la faillite au bout de quelques décennies qu’était promise l’AVS !

Aujourd’hui bientôt septuagénaire, l’AVS est loin d’être en faillite. A la fin de l’année 2016, sa fortune s’établissait à 29,6 milliards de francs et ses rendements, une fois déduits les frais de couverture, s’établissaient autour de 4%. Des chiffres éloquents.

Pourtant, malgré ces réalités, l’argument est toujours utilisé. Et à dessein, pas par bêtise.

Car il permet, avec la complicité des directions du PSS et de l’Union syndicale suisse, d’exercer une pression forte sur les prestations de l’AVS et de légitimer par conséquent un besoin de prestations complémentaires, celles promises par le deuxième pilier, voire par le troisième.

Ainsi, par exemple, l’élévation de l’âge de la retraite des femmes va inciter celles qui le peuvent à racheter des annuités de leur caisse de pension pour pouvoir continuer à bénéficier de la même prestation, à savoir pour pouvoir partir à la retraite plus tôt.

Ainsi que l’écrivait en 2013 l’Office fédéral des assurances sociales « la modestie des retraites fédérales […] va servir de marchepied aux caisses de pension […] car pour les assureurs-vie seule une AVS minimale garantissant l’autonomie et le développement de la prévoyance privée est acceptable ». (http://www.histoiredelasecuritesociale.ch/institutions/lo...).

La voilà, la vraie raison de l’alarmisme à propos de l’AVS.

On peut aisément comprendre les assureurs : forts d’une AVS au rabais, ils gèrent un pactole, celui du 2ème pilier, qui représentait, en 2015, 1019 milliards de francs! Ils défendent leurs intérêts, en se félicitant d’ailleurs de la nième baisse du taux de conversion.

A nous de défendre les nôtres, d’intérêts, en votant deux fois non à PV2020 !

Commentaires

Très bon billet !

Écrit par : lovejoie | 17/09/2017

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