19/06/2018

Nuls en calcul?

 

C'est ce que se demande la presse à propos de l'administration fiscale fédérale. Il y a deux ans, elle aurait oublié de compter exactement le nombre de couples fiscalement "pénalisés"d'après le PDC dont l'initiative était refusée par 50,8% des votant-e-s. Au point que aujourd'hui la légitimité du résultat du vote est mise en discussion.

Cette erreur de calcul intervient une dizaine d'années après que la même administration -et avec elle le gouvernement- eut chiffré à 700 millions de francs les pertes prévisibles de la deuxième réforme de l'imposition des bénéfices des entreprises.

En fait, il y avait juste quelques zéros de différence, puisque les 700 millions étaient en fait 700 ... milliards. Zéro plus, zéro moins, dira-t-on. Sauf que, en mathématiques, la place du zéro n'est pas secondaire du tout....

Officiellement, c'est pour éviter de répéter cette erreur que, l'année passée, le gouvernement avait renoncé à chiffrer les pertes de rentrées fiscales qu'aurait occasionnées la troisième réforme de l'imposition des entreprises, la RIE3 refusée par 59% des votants en février 2017.

"Estimation trop difficile, voire impossible" avait alors expliqué le Conseil fédéral.

Ce qui ne l'empêche aucunement aujourd'hui d'estimer que le PF17, rebaptisé depuis peu RFFA, -une reprise très légèrement light de la RIE3- occasionnera des pertes de substance fiscale de l'ordre de 2,1 milliards. Ah bon?

Et c'est sur la base de prévisions faites par des nuls en calcul qu'on nous demande, d'accepter des cadeaux milliardaires aux entreprises qui réalisent des bénéfices. Et de priver la société toute entière des moyens d'assurer le financement des services et des prestations publiques.

Avec la bénédiction des chefs du PSS et de l'USS qui, au nom d'un véritable marché de dupes, une fois de plus volent au secours du grand patronat.

Et tant pis pour celles et ceux qui ne comptent pas sur le versement de dividendes -en hausse grâce à la réduction de l'impôt sur le bénéfice- mais qui n'ont que leur salaire pour vivre..

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