Le PL Fontanet, enfant légitime du PL Longchamp...

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Ainsi, c’est demain que le parlement adoptera un projet de recapitalisation de la CPEG. Il était temps car la temporisation dont font preuve les député.e.s et le département en reportant systématiquement les décisions -alors que la majorité de la commission des finances a depuis juin adopté le PL 12 228 présenté par la gauche, les Verts et le MCG- expose des dizaines de milliers d’affili@s au risque de voir entrer en vigueur les mesures draconiennes décidées par le comité de la caisse contre l’avis unanime de l’assemblée des délégué.e.s.
La présentation tardive du PL12 404 -le PL Fontanet- aggrave ce risque et vise à empêcher l’adoption du PL 12 228, agrée par les assemblées des délégu@s de la CPEG et du cartel intersyndical.

Fils légitime du PL 12188 (le projet Longchamp) dont il reprend les axes fondamentaux, le PL 12 404 en corrige toutefois les aspects les plus choquants. 

Ainsi, il adapte le PL 12 188 sur trois points importants:

  1. il établit des mesures compensatoires qui devraient contenir à -5% les baisses des rentes provoquées par le passage en primauté des cotisations, alors que le PL 12 188 n'en envisageait aucune. En ce sens, c'est une amélioration, … pour autant que les finances de la caisse le permettent.
  2. en fixant une recapitalisation immédiate à 75% avec un seuil initial de couverture de 65%, il éloigne l'urgence de nouvelles mesures de rationalisation à court terme alors que le PL Longchamp, avec une couverture initiale de 75% rendait presque inévitables de nouvelles mesures structurelles. 
  3. il maintient à 27% le taux de cotisation limitant de la sorte les risques de sous-capitalisation.

Toutefois, ce projet reste inacceptable aux yeux des délégu@s de la CPEG -les représentan@s des affili@s- qui, réunis en assemblée, lundi passé, l'ont rejeté par 82 voix contre 2 et 3 abstentions.

Ce rejet, net et sans appel se fonde sur le fait que le PL 12 404:

  1. induit une nouvelle baisse de 5% des prestations qui vient s'ajouter aux 17% de baisses des rentes subies par les affili@s de la CPEG depuis sa création il y a quatre ans. Cela frappe de manière particulièrement importante les bas salaires et les femmes dont le taux d'activité est généralement moins élevé que celui des hommes;
  2. instaure pour les plus de 45 ans trois plans de retraite fondés sur la capacité financière de tout un chacun perpétuant ainsi les inégalités salariales existantes durant la vie active;
  3. modifie la répartition du financement de la CPEG puisque la participation de l'employeur -actuellement de 66%- serait réduite à 58%. Ainsi, si l'Etat économiserait 75 millions de francs lors de la première année, la cotisation des employ@s  augmenterait, elle, de plus de 1500 francs par an en moyenne et ceci … pour des rentes réduites;
  4. permet à l'Etat de voir son effort de financement compensé, grâce aux économies réalisées par la baisse de sa participation au financement, au bout de 36 ans: en ce sens, la recapitalisation ne lui coûterait in fine pas un centime;
  5. fera immanquablement porter aux salari@s les effets de l'inflation -elle atteint 2,2% aujourd'hui déjà- alors que le scénario imaginé par les services de Mme Fontanet prévoit une inflation nulle;
  6. et, digne rejeton du projet Longchamp, le PL 12 404 modifie le régime de la CPEG en remplaçant la primauté des prestations -qui permet de fixer des objectifs de rente- par la primauté des cotisations qui subordonne les rentes aux soubresauts des marchés boursiers.

Puissent, Mesdames et Messieurs les déput@s faire propres ces raisons exprimées par les premières/ers concern@s et adopter, demain, le PL 12 228, un projet qui, tout en assurant la pérennité de la CPEG et le maintien des conditions actuelles permettrait de soustraire des terrains constructibles du PAV à la convoitise des spéculateurs...

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