12/01/2019

La rémission selon Marc et Pierre

Rémission: un terme tout aussi biblique que Marc et Pierre. Sauf que, si la quête de la rémission, du pardon, les anime les deux, ils ne sont, pas plus le second que le premier nommé, pas vraiment des apôtres. C'est d'ailleurs Marc qui, à la recherche de rémission avait, au printemps 2012, ouvert la voie à Pierre...


Coupable de frasques extraconjugales et d'un pugilat entre cocus au cours d'une soirée bien arrosée, Marc avait fini par jeter l'éponge et renoncer en cours de législature au mandat que le peuple lui avait confié, celui de Conseiller d'Etat.

Il avait présenté sa démission, prélude et condition à une éventuelle rémission, pour une affaire qui relevait, somme toute et quoi qu'on pense des tromperies de l'ancien magistrat -dans le respect du dicton tout aussi biblique concernant la célèbre "première pierre"-, du domaine strictement privé.

Toute autre est la nature de l'affaire concernant Pierre, le successeur de Marc à la Tour Baudet.

Beau fils idéal, c'est la population qu'il a reconnu avoir cocufiée pendant trois ans en "omettant de dire la vérité". Ce sont ses électeurs qu'il reconnait avoir trompés en continuant la construction d'un "édifice de mensonges".

C'est la Justice et l'Etat qu'il abuse en élaborant la fable "des amis d'amis d'autres amis" qui auraient financé le fameux voyage. C'est à la police, dont il a la charge en tant que ministre, qu'il fait un enfant dans le dos en supervisant l'exercice de "préparation" d'un témoin par son chef de cabinet avant l'interrogatoire par les services de police et par les juges d'instruction! 

Et c'est le PLR qu'il trompe en bénéficiant de coquettes sommes de campagne que lui octroient à l'insu de son propre parti deux relations parallèles qui répondent aux noms glorieux du radicalisme historique genevois.

Et c'est la loi qu'il prend pour une demeurée quand il déduit de sa déclaration fiscale des dépenses que ces mêmes maîtresses ont réglées pour lui.

Et ce sont des explications dignes d'un mari volage qu'il avance à propos du financement par des privés de sa prétendue "fête d'anniversaire", devenue, dix jours plus tard et selon ses propres mots, "soirée de lancement de la campagne pour sa réélection".

Fort du mépris de celui pour qui le caractère négatif du verbe "tromper" ne s'applique qu'aux autres, il a présenté sa candidature à la charge politique suprême, celle qui lui aurait permis de devenir un jour président de la Confédération!

Une affaire privée avait suffi pour que Marc cherche la rémission par la démission; qu'attend donc Pierre dont la coulpe ne se réduit pas aux aléas plus ou moins sordides des existences parallèles mais relève de l'affaire d'Etat pour en faire autant?

Et qu'attendent le Parlement, le gouvernement et son parti pour lui indiquer la porte?

Car, en fin de compte, c'est avec les deniers publics, les nôtres,  que lui est versé un salaire de ministre!

Et ceci pour ne presque rien faire, dessaisi qu'il est de pratiquement toutes ses tâches ministérielles... 

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