Une lettre de mon dentiste...

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Il y avait une lettre dans ma boîte, hier matin. Tiens, mon dentiste m'écrit, me dis-je, va falloir prendre rendez-vous pour un détartrage...

En fait, non, ce n'est pas mon dentiste qui m'écrit, ce sont tous les dentistes de Genève qui m'écrivent, le mien ne fait que transmettre…

 

Et ce n'est pas pour me rappeler le tartre. C'est juste pour me dire, à titre "d'information", tout le mal que les dentistes de Genève pensent de la loi soumise au vote le 10 février pour la prise en charge des frais dentaires.

Si elle passe, écrivent-ils, une ponction sur les salaires de 1%, pour moitié versée par les employeurs, sera opérée.

Il s'agirait donc de quelques 840 francs par an qui seraient saisis sur un salaire de 7000 francs dont la moitié à charge des employeurs, ce que la lettre des dentistes se garde bien de relever.

Ne resteraient plus pour les salarié.e.s que 420 francs par an à payer pour la prise en charge des soins dentaires de base. 420 francs? C'est moins que le coût d'une carie et de deux consultations...

Ces 420 francs qui ne seraient pas prélevés si l'initiative était refusée, personne ne peut, évidemment, vous obliger à les dépenser pour les soins dentaires; au fond chacun est libre d'avoir des caries, non?

On m'explique ensuite que l'initiative n'est pas bonne dans la mesure où "les soins sophistiqués ou spécialisés, implants, traitements orthodontiques et les soins cosmétiques ne seraient pas pris en charge".

Aujourd'hui non plus, il ne sont pas pris en charge. Il faut les payer de sa poche, en plus des traitements de base qui sont , actuellement, aussi à notre charge.

Avec la même logique, on pourrait même supprimer l'assurance maladie de base puisqu'elle ne permet pas la prise en charge les soins cosmétiques ou l'hospitalisation en division privée par exemple...

Faisant preuve de sensibilité sociale, ces chers -que chacun.e interprète l'adjectif à sa convenance- dentistes craignent que cela crée une médecine à deux vitesses, celle accessible à toutes et tous et l'autre, à la portée des seuls nantis.

Certes, mais sans remboursement des soins dentaires, l'écart entre les deux vitesses est encore plus profond.

D'ailleurs, on le connaît déjà, cet écart: c'est celui qui existe entre qui peut s'offrir des soins cosmétiques en plus des soins de base et tous les autres, celles et ceux qui ne peuvent parfois même pas se permettre d'aller se faire soigner une carie...

Ensuite, la missive rappelle que les dentistes "préconisent des mesures ciblées à un coût raisonnable". Elle se garde pour autant de dire lesquelles...

Et c'est ainsi que le courrier de la Société Suisse d'odonto-stomatologie m'invite "à voter NON à une assurance dentaire obligatoire".

Une assurance qui pourrait notamment impliquer un contrôle public des tarifs pratiqués par les arracheurs de dents.

Et en faveur de laquelle j'ai coché la case OUI sur mon bulletin de vote…

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