09/10/2008

Une loi sur l'Uni inspirée par les chantres de la libre entreprise

En 1995, emmenés par feu David de Pury, quelques chantres des privatisations et des vertus du libre marché -celles dont on voit ces jours les conséquences au niveau de l'économie mondiale- publiaient la seconde partie de leur Livre blanc, un agenda de réformes néolibérales depuis lors en large partie adoptées par les Chambres fédérales. En matière universitaire, le Livre blanc demandait que soient  déterminés « … de façon plus importante les contenus de l’enseignement en fonction des besoins d’une économie nationale compétitive du point de vue international et afin d’accroître la collaboration entre l’économie et les hautes écoles ». Et il ajoutait que « …dans le cadre d’un système de hautes écoles basé sur la logique de marché, les étudiants et leurs parents doivent fondamentalement assumer sans limites le prix des études. »[1]

 

Pour sa part, la Loi sur l’aide aux universités entrée en force le 1er avril 2000 insiste sur un double axe, à savoir l’encouragement de la « compétition entre les universités » et la création -par le regroupement des formations et des filières, voire par leur suppression- de « centres de compétences »[2]. C’est cette loi qui a été invoquée par le rectorat de l’université de Neuchâtel pour supprimer en 2005 les filières de grec et d’italien. C’est toujours en vertu de cette loi que des enseignements ont été supprimés à l’Université de Lausanne avec le transfert des sciences exactes à l’EPFL qui les a vite dissoutes dans les très porteuses « sciences de la vie »...

Les années ont passé.

En 2006, la presse dénonçait de « graves irrégularités à l’Université » clouant l’institution au pilori. L’enquête, on s’en souvient, a accouché d’une souris : les « immenses sommes détournées » n’étaient pour finir pas si immenses qu’on a bien voulu le dire. Mais cela n’a pas empêché l’élaboration d’une nouvelle loi sur l’université, celle qui a été adoptée pratiquement sans oppositions par le Parlement cantonal et sur laquelle nous sommes appelés à voter. L’élaboration de la nouvelle loi a bénéficié de précieux conseils notamment ceux de l’ancienne Conseillère fédérale, Mme Dreifuss qui avait présidé à l’adoption de la loi fédérale sur l’aide aux universités, ceux de M. Rolf Soiron, président du trust Holcim, et membre de la direction de Lonza et de Nobel Biocare ainsi que ceux de Mme Barbara Haering, de l’IDHEAP[3]. Les résultats de cette collaboration ne se sont pas fait attendre puisque les principales revendications du Livre blanc ainsi que les options de la loi de 1999 se retrouvent dans celle qui nous est soumise le 30 novembre.

Il en va ainsi de la collaboration avec les entreprises privées dès le moment où l’article 21 de la nouvelle loi oblige l’université, sous peine de sanctions, à rechercher « activement des sources de financement complémentaires », en clair, des fonds privés. Et comme qui tient les cordons de la bourse fixe aussi les conditions, il est facile d’imaginer quelle sera l’autonomie réelle de l’université face aux exigences d’une « économie nationale compétitive » pour reprendre les termes de de Pury et consorts. De plus, et alors que le premier projet interdisait que la sanction soit d'ordre financier -en clair, que la subvention de l'Etat ne soit pas fonction de la recherche réussie ou pas de financements privés- le projet adopté par le Parlement a biffé ce dernier garde fou. Ce qui signifie que, si le pouvoir politique estime que l'université n'a pas fait preuve d'assez de zèle pour obtenir des financements privés, il pourra lui couper les vivres!

Il en va encore de même pour ce qui est des taxes universitaires puisque, l’adoption de la nouvelle loi supprime l’article 63 de la loi actuelle qui fixe le montant des taxes à 500 francs par semestre. La loi se contente de les contenir dans la moyenne suisse qui est, aujourd'hui déjà, trois fois supérieure aux taxes genevoises.

Il en va toujours ainsi en matière de «concurrence entre les universités » puisque d’après l’art. 13.4 de la nouvelle loi, le rectorat peut pratiquer la surenchère salariale pour attirer les professeurs à Genève. Après les scandales des rétributions des grands commis des TPG ou des SI, c’est le financement par les deniers publics de véritables mandarins que la nouvelle loi nous promet. Des mandarins qui, d’ailleurs, pourraient se voir gratifiés de la propriété privée et exclusive de leurs découvertes pourtant obtenues grâce à l’argent des contribuables ! Et c’est toujours dans la ligne des libéralisateurs que la loi attribue des pouvoirs étendus au rectorat qui reste pratiquement seul à décider de la suppression de tel ou tel autre enseignement. Ceci, bien évidemment, dans le but de créer des « centres de compétences »… Bien que cette loi de privatisation partielle de l’Université ait fait la quasi unanimité du Grand Conseil, elle a été combattue par référendum à l’initiative du syndicat des services publics. Le succès de la récolte de signatures durant l’été montre qu’une part importante de la population ne veut pas d’un renforcement de la mainmise des intérêts privés sur l’université et sur le droit aux études.

Au printemps dernier, les électrices et électeurs ont refusé les mesures de privatisation de l’hôpital, des TPG et des SI.

Il est temps de confirmer ce refus en renvoyant à l’expéditeur cette loi de privatisation de l’université.


[1] David de Pury, Heinz Hauser, Beat Schmid, Mut zum Aufbruch. Eine Wirtshaftpolitische Agenda für die Schweiz, Zürich, 1995
[2] Loi fédérale sur l’aide à l’université et la coopération dans le domaine des Hautes écoles du 8 octobre 1999, RO (2000), 948-957
[3] Institut de hautes études en administration publique et vrai lieu d’élaboration des stratégies de modernisation marchande des services publics et de leur privatisation.

30/09/2008

"La voix de son maître"?

Jour après jour, heure après heure, la Radio suisse romande se penche au chevet des finances du monde.

Et pour éclairer l'auditeur, elle n'a pas trouvé mieux, à part la notable exception ce matin du professeur Bürgenmeier, que d'avoir recours aux banquiers.

Ce sont en effet eux qui viennent, jour après jour, voire heure après heure, pontifier sur la crise financiaire en cours.

Avant-hier encore, ils juraient, la main sur le coeur, que la crise  se limitait aux Etats Unis. Hier, devant l'effondrement de la belgo-néerlandaise Fortis, ils devaient bien admettre que le problème est un peu plus étendu, mais ce matin, au lendemain du vote du Congrès étasunien contre le pseudo-plan de sauvetage de l'économie mondiale, ils proclamaient en coeur que le pessimisme n'est tout de même pas de mise...

Mais comment peut-on les croire un seul instant, ces "experts" des banques privées, puisque ce sont eux qui jusqu'à il y a si peu de temps vendaient à leurs clients des produits structurés? 

Ce sont eux qui avec d'autres de leur espèce, ont contribué à créer cette bulle spéculative qui explose maintenant. 

Quel crédit peut-on accorder aux commentaires de ceux qui ont gonflé une bulle qui équivalait à quinze fois le produit mondial brut?

Seule la RSR sait, elle qui se fait si volontier la voix de son maître.

28/09/2008

Incitation à la haine religieuse

Entrepreneur et conseiller national de l'UDC, Jean François Rime vient de faire un gag choquant à l'émission "la soupe est pleine". Alors qu'on discourait des "perspectives bouchées de l'industrie du bois", un des gais lurons qui animent "la soupe" a fait la suggestion, en référence à l'initiative anti-minarets, de construire des minarets en bois. Ce à quoi, le "démocrate du centre" Rime a, du tac au tac répondu "comme ça on pourrait mieux les brûler". En termes juridiques, cela s'appelle de "l'incitation à la haine religieuse" et en tant que telle elle devrait être poursuivie d'office. Cela n'a pas empêché la poursuite de l'émission. Après un bref moment d'embarras, les animateurs de "la soupe" n'ont pas estimé utile de marquer leur désaprobation:ils continué l'émission sans broncher... Une émission où l'on peut tout dire, n'est-ce pas?

31/08/2008

Bonjour les dégâts

Au delà de l’horreur et de l’inquiétude légitimes que les faits d’Ossetie suscitent, quelques commentaires s’imposent que l’officialité médiatique s’abstient soigneusement de faire.

 

Trop occupée qu’elle est à dénoncer “les provocations russes”, elle semble ne rien trouver d’insolite dans le déploiement de l’OTAN tout au long des frontières de la Russie. C’est de la Pologne jusqu’à la Georgie que des rampes de missiles -le mal nommé “bouclier antimissiles”- sont installées et pointées en direction de la Russie.

 

En 1962, lorsque l’URSS avait commencé à installer des rampes à Cuba, le monde avait retenu son souffle: depuis le bureau ovale, le président Kennedy avait menacé l’URSS de représailles atomiques. En réponse, Kroutchev, le leader soviétique, s’était alors demandé si Kennedy n’avait pas perdu la raison. Mais pas les gouvernements et groupes de presse qui fustigent aujourd’hui la positioin russe: ils avaient tous applaudi “la fermeté” d’une Amérique qui se sentait menacée à moins de cent miles marins de ses frontières. Deux poids, deux mesures; et qui restent d’actualité...

 

Lorsque Moscou reconnaît l’indépendance de l’Ossetie du Sud et de l’Abkhazie, les Chacelleries se déchaînent. De Washington à Paris, de Berlin à Berne elles vitupèrent en coeur: “elles n’accepterons jamais la violation des traités internationaux et de l’intégrité territoriale de la Georgie”. Ils n’ont pas pour autant été aussi pointilleux en 1991, lors de la reconnaissance par l’Allemagne et le Vatican de l’indépendance de la Croatie qui signifia le début du démembrement de la Yougoslavie. Au bout du cycle yougoslave, c’est l’indépendance du Kosovo à la barbe des des traités internationaux et du mandat de l’ONU que les USA, les gouvernements de l’UE et la Suisse se sont empressés de reconnaître. Et ils ne font d’ailleurs pas plus mine de s’offusquer des velleités séparatistes récemment manifestées par les riches provinces orientales de la Bolivie!

 

Ce qui frappe dans la couverture médiatique de l’affaire ossète, c’est aussi l’abondance de reportages détailés sur les atrocités, incontestables, commises à Gori par les troupes russes et leurs forces supplétives. Dommage que les médias n’en fassent pas autant à propos de l’Irak -des crimes commis à Faloudja par exemple- ou de l’Afghanistan! Mais, pour reprendre les termes du journaliste socialiste étasunien Lee Sustar, “600'000 morts irakiens ne sont que les dégâts collatéraux d‘une guerre nécessaire”, tandis que les 31 passagers d‘un bus tués accidentelement par une bombe russe relèvent du “mépris de la vie humaine dont font preuve Poutine et Medvedev”!

 

De l’Iraq et de l’Afghanistan se sont bien gardés de parler les deux candidats à la Maison Blanche. Avec une cynisme consommé, Mc Cain s’est même permis d’affirmer “qu’il est inadmissible, en plein 21ème siècle, qu’un pays en envahisse un autre”, lui qui a fait de la poursuite de l’occupation de l’Irak son cheval de bataille contre Obama! Lequel Obama, infatigable paladin de l’occupation de l’Afghanistan, a carrément menacé la Russie de représailles.

 

Il n’a pas spécifié lesquelles, mais elles n’ont pas eu l’air d’impressionner outre mesure le Kremlin. “Les chiens aboyent, semble-t-il dire, mais la caravane passe” car personne ne saurait mordre. En effet, les occidentaux les moyens de mordre ils ne les ont pas et pas seulement parce qu’une action militaire contre la Russie aurait des effets dévastateurs. Le gouvernement des USA a besoin de compter sur la Russie dans la crise iranienne, tandis que les pays européens sont tributaires à la Russie d’un quart du gaz naturel qu’ils importent... Excusez du peu...

 

Ainsi, affaiblie par l’attaque inconsidérée de son allié contre l’Ossetie du Sud -et qui a, de toute évidence, bénéficié de son feu vert- la puissance étasunienne n’a pas les moyens pour imposer son vouloir à la Russie. Cela ne l’empêche cependant pas d’aboyer très fort: ça justifie le renforcement de sa présence en Georgie. En plus des dizaines de conseillers militaires  étasuniens et, évidemment, israéliens, ce sont désormais les bâtiments de guerre battant pavillon étoilé qui croisent en nombre dans la mer Noire. Et qui ne sont pas prêts d’en partir!

 

Et pour cause! C’est à travers la Georgie que passe le tout nouvel oléoduc BTC, celui qui transporte le brut de la mer Caspienne, de Bakou au port méditerranéen de Ceyhan, en Turquie. Détenu pour un tiers de BP et, dans la mesure de 15% par des compagnies étasuniennes, l’oléoduc long de 1760 km a l’avantage de ne traverser ni le territoire russe, ni celui de l’Iran. La voilà la raison de la disponibilité étasunienne à une intégratioin de la Georgie à L’OTAN.

 

Retrospectivement, l’hypothèse fait froid dans le dos. Que se serait-il passé si, lors des incursions russes sur le sol de la Georgie cette dernière avait déjà été membre de l’OTAN? Faut-il rappeler que l’article 5 du traite Atlantique prévoit l’intervention automatique des Etats membres en cas d’attaque contre l’un d’entre eux? Aurions-nous vu les USA et le Canada, la Norvège, la France, l’Italie, la Belgique, les Pays-Bas et tous les autres lancer leurs troupes contre les russes? Bonjour les dégâts!■

 

17:47 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (8)

Tempête dans un verre d'eau au DDPS

 

Presque 300'000 francs d’indemnités pour Roland Nef, le désormais ex-chef de l’armée, des menaces de mort pour Samuel Schmid et un gouvernement qui fait corps autour du ministre de la défense : c’est comme ça que se termine, temporairement du moins, le feuilleton fédéral de l’été.

 

Les conditions étaient pourtant réunies pour relancer le débat sur l’armée, mais jusqu’à ce jour il n’en a rien été.

 

On règle les comptes

 

La manière dont l’affaire Nef-Schmid a fait surface durant l’été tient tout d’abord du règlement de comptes au sein de l’appareil militaire. Imposé à la hiérarchie par un Samuel Schmid qui avait jeté sur lui son dévolu, Roland Nef n’aura pas survécu au limogeage décidé par lui du chef de l’armée de l’air. Suite à la mort de six jeunes soldats durant un exercice paramilitaire dirigé par un capitaine, la polémique avait éclaté sur la qualité de formation et de choix des cadres, celui ayant dirigé l’exercice meurtrier étant connu pour un certain fanatisme. C’est en démissionnant le chef de l’aviation que le DDPS et Nef espéraient mettre un terme à la polémique.

 

L’engagement de jeunes « Rambos » militaristes et leur progression au sein de l’appareil intermédiaire de l’armée avait été la réponse donnée durant les années ’90 par l’alors Département militaire fédéral à la crise de légitimité de l’institution qui s’était exprimée de manière éclatante lors de la votation de novembre 1989 (un tiers des votants et deux cantons avaient alors approuvé l’initiative pour l’abolition de l’armée).

 

Résumée par l’expression « moins de graisse et plus de muscles », la réforme Armée XXI avait ainsi fait une large place à une nouvelle génération de cadres, plus musclés, mais aussi plus politiques. Pour eux, contrairement à la génération précédente, la carrière militaire n’était plus un outil pour des carrières dans la vie civile -dans le monde de la banque et de l’industrie, de la politique, de l’administration fédérale- mais, au contraire, un but en soi exigeant un haut niveau d’adhésion idéologique.

 

L’éclosion et l’affirmation de cette génération a aussi été renforcée par la modification des missions de l’armée. Le renforcement des tâches de sécurité intérieure, la participation à des missions à l’étranger, le développement de l’espionnage demandent ainsi bien plus de compétences et de disponibilités, mais aussi d’autonomisation par rapport au pouvoir politique, que ne l’exigeait la vieille logique pépère du « faire carrière à l’armée pour mieux grader dans le civil ».

 

Ce n’est dès lors pas au laxisme du chef de l’aviation qu’il fallait imputer ces « négligences dans la sélection des cadres » : c’est l’organisation de l’armée qui a favorisé en son sein la prise de poids des « Rambo’s ».

 

L’UDC revient

 

Paradoxalement, c’est sont les « négligences dans la sélection » du premier parmi les cadres que les fuites dont la Sonntagszeitung s’est par la suite fait l’écho ont mises en évidence.

 

Mais les révélations, qui émanent de toute évidence du cercle étroit de l’état major général et des hauts cadres du département de la défense, ont tout de suite pris une allure politicienne, l’UDC s’étant saisie de l’affaire pour tirer à boulets rouges contre son ancien conseiller fédéral Samuel Schmid et en demander la démission. Fait assez inhabituel, c’est Pascal Couchepin qui, en tant que président de la Confédération, en a pris la défense.

 

Si ce fait, ainsi que le soutien à Schmid réaffirmé fin août par le gouvernement et tous les partis mise à part l’UDC, a des allures de mise sous tutelle d’un ministre dont la stature est mise à mal, il exprime surtout l’embarras du gouvernement.

 

Trompé par Schmid dans la sélection du chef de l’armée -et pas d’un quelconque sous-chef de l’inexistante commission fédérale des fanfares populaires !-, le gouvernement s’abstient même de le tancer. C’est que la fragilisation de Schmid et son éventuelle démission rouvriraient le débat sur le retour de l’UDC au Conseil fédéral. En attendant donc « le départ groupé de plusieurs conseillers fédéraux », on soutient Schmid, même s’il nous trompe.

 

En se saisissant à fond de l’affaire, l’UDC a su montrer sa capacité de peser sur le débat et sur l’opinion publique. Elle a ainsi de fait négocié son retour au Conseil fédéral et avec succès puisque ce dernier semble acquis pour tous, socialistes y compris, lors d’un prochain renouvellement important du Conseil fédéral.

 

Un débat stratégique

 

En soi l’affaire se réduit donc à une tempête dans un verre d’eau. Pourtant, elle aurait été l’occasion pour ouvrir le débat sur l’armée, son utilité et sa place aujourd’hui. En lieu et place, nous avons eu droit à l’exigence des co-présidentes des femmes socialistes de porter une femme à la tête de l’armée, complétée par la proposition du Congrès de ces mêmes femmes socialistes de supprimer l’obligation de servir au profit d’une armée professionnelle.

 

Si la première des deux revendications ne mérite pas qu’on s’y attarde -la nomination d’une femme dans les mêmes conditions aurait-elle été plus acceptable que celle de Roland Nef ?- la deuxième ouvre en effet le débat stratégique qui ne s’était pas imposé jusqu’ici. Hélas, dans la mauvaise direction !

 

En effet, sous prétexte de pacifisme, ensuite relativisé par des raisons bien plus prosaïques de politique internationale, la proposition des femmes socialistes escamote le débat sur l’existence de l’armée pour se poser sur le terrain de son efficacité, de sa fonctionnalité. Si elle était «pacifiste», la proposition des femmes à la rose s’en prendrait pour le moins à l’instrument des guerres, de l’embrigadement et de l’exaltation des valeurs mâles qu’est l’armée.

 

En fait, en abrogeant l’obligation de servir sans poser la question de l’existence de l’armée, c’est, justement, l’existence d’un corps de « Rambo’s » fanatiques et virils échappant largement au contrôle politique que l’on favorise. Ceci d’autant plus que, en passant l’éponge sur les silences de Schmid, on vient de reconnaître que, au fond, en matière d’armée on peut se passer de trop de surveillance, fût-elle celle du gouvernement…

 

Femmes socialistes en phase…

 

Mais, surtout, la proposition des femmes socialistes -soit dit en passant, fortement applaudie par certains secteurs de l’armée- est parfaitement en phase avec les temps. Elle se situe dans le cadre de la nouvelle doctrine militaire qui veut que la « sécurité du pays » passe par la « capacité de projection » de l’armée à l’extérieur dans le cadre de coalitions internationales particulièrement dans le but d’assurer la protection des voies d’approvisionnement.

 

En ce sens, l’armée de professionnels et professionnelles proposée par les femmes socialistes serait parfaitement fonctionnelle à ces nouvelles tâches que sont la participation à des opérations internationales et la sécurité intérieure, notamment par le développement de « l’intelligence » militaire, à savoir des tâches de surveillance « contre le terrorisme » et des tâches de police.

 

C’est dans ce contexte que l’initiative du GSsA contre l’achat de nouveaux avions de combat prend toute son importance. Elle la prend non seulement parce qu’elle s’oppose au gaspillage de deux milliards et demi de francs, mais aussi parce que la modernisation de la flotte aérienne est fonctionnelle à la capacité de projection dans des contextes de crise pour protéger, au sens large, les voies d’approvisionnement, notamment énergétique.

 

Préparer cette bataille-là

 

En effet, pourquoi faudrait-il une flotte aérienne de telle importance dans un pays à l’espace aérien plus que limité et qu’aucun « ennemi » ne menace puisque toute attaque aérienne contre la Suisse devrait franchir les systèmes de défense de l’OTAN ? La seule réponse qu’on puisse donner à cette question est celle de l’utilisation de cette flotte dans le cadre de missions à l’extérieur du pays, donc dans le cadre de coalitions internationales. Car, puisque l’OTAN nous abrite, nous nous devons bien de lui apporter notre contribution, n’est-ce pas ?

 

C’est pourquoi il faudra préparer la bataille à venir sur l’achat des avions de combat. En faisant aboutir l’initiative du GSsA d’abord. Et en œuvrant à la construction d’un front large qui combine le refus des dépenses militaires au profit des dépenses d’utilité sociale d’une part et le refus de la participation suisse au dispositif de maintien de cet ordre international.

 

Car, contrairement au feuilleton de l’été, cette bataille-là ne sera pas une tempête dans un verre d‘eau…■

 

17:46 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1)

CQFD

 

Au-delà de l’incompétence réelle ou présumée de Samuel Schmid, l’affaire Nef et la manière dont elle a été réglée est emblématique.

 

Que Schmid n’ait pas informé ses collègues du gouvernement relève d’une vieille pratique, celle qui veut que moins on s’intéresse à l’armée, mieux elle se porte. De l’affaire des Mirages en 1964 à la nomination de Nef, en passant par le bunker secret du Conseil fédéral ou l’existence des armées de l’ombre P26 et P27, la politique du secret est toujours la même…

 

Qui plus est, pourquoi se formaliser pour une enquête pénale en cours pour harcèlement, une pratique que la franche camaraderie virile que l’on cultive à l’ombre du drapeau aurait plutôt tendance à tenir pour broutille ?

 

Mais que le Conseil fédéral et la majorité des partis ne trouvent en fin de comptes rien à redire face à ces omissions est la mesure de la considération et l’importance dans laquelle ils tiennent l’armée.

 

Considérer que d’omettre de signaler qu’on est en train de nommer à la tête de l’armée un type qui fait l’objet d’une enquête judiciaire n’a pas une gravité particulière, relèverait partout ailleurs de la faute professionnelle grave.

 

Car, à bien y regarder, c’est à la tête d’une institution qui dispose d’immenses moyens financiers et d’une capacité de nuisance particulière que la nomination se fait, excusez du peu ! Que l’on pense seulement aux incidents survenus depuis l’introduction de la garde avec munition engagée décidée par Roland Nef…

 

Il en va de même lorsqu’on maintient en place un ministre qui admet avec la plus grande candeur ne pas avoir voulu en savoir plus sur l’enquête en cours contre Nef. C’est tout-de-même du responsable de ce qui est le plus officiellement du monde défini comme la « défense de la population » qu’il s’agit! Et qui devrait, en cas de conflit prendre la tête des opérations !

 

A moins de penser que l’armée elle-même est à tel point inutile qu’on peut la confier à un «narcissique pathologique» supervisé par un notaire bernois cachottier…CQFD !■

 

17:44 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

16/03/2008

Aux droits humains, Calmy-Rey?

Paolo Gilardi
La presse s’est fait écho des dissensions au sein du Conseil Fédéral entre Mme Calmy-Rey et les autres à propos de l’aide au développement. Il s’agissait de savoir si l’aide à certains pays peu regardants en matière de droits humains devait ou pas être maintenue. Contre l’avis de la ministre des affaires étrangères, le gouvernement a opté pour la fermeté. Ce qui permet de réduire l’aide au développement et de parfaire l’image de pasionaria de la ministre, forcément «socialiste».
Arrivée à la tête des affaires étrangères il y a cinq ans après la grisaille des années Cotti, celle qui avait gagné son entrée au gouvernement en redressant les finances genevoises sur le dos des salariés de la fonction publique notamment, avait fait illusion par son interprétation flamboyante de la politique de bons offices. «Diplomatie publique», l’avait-elle-même définie.
Et de promettre immédiatement de dire son fait à l’ancien secrétaire d’Etat Colin Powells qui s’en venait à Davos, on était en janvier 2003, chercher des soutiens à l’attaque imminente contre l’Irak! En fait, la rencontre fut, d’après les comptes rendus officiels, des plus cordiales: les remontrances tant annoncées avaient cédé la place à l’offre de la Suisse d’organiser une conférence internationale destinée à alléger les conséquences sur le plan humanitaire de l’attaque à venir contre l’Irak. En fait, bien plus que publique, dès le début, la diplomatie Calmy-Rey est surtout… publicitaire.
Depuis, elle s’est rarement distancée de la ligne de conduite adoptée alors, d’autant que, en termes de sondages, elle est payante. Ainsi c’est carrément en mondovision que fut organisée, il y a un peu plus de deux ans, la plus odieuse des opérations publicitaires, l’initiative de Genève sur le Moyen Orient. Plus personne ne se souvient aujourd’hui de ce qu’était censée assurer cette conférence couverte en son temps par les télés de la planète entière.
Entretemps, depuis fin janvier 2006, l’Etat d’Israël organise, avec la bénédiction du protecteur étasunien et la complicité de l’Union européenne, la punition collective des Palestiniens coupables d’avoir majoritairement voté pour Hamas plutôt que pour le candidat de l’occupant, le Fatah de Abou Mazen.
Pourtant, le blocage de Gaza, la coupure de l’électricité, la construction par Israël d’un mur entre Gaza et l’Egypte, les exécutions «extrajudiciaires» de dirigeants palestiniens n’ont pas eu l’air de l’émouvoir outre mesure, la ministre «socialiste». Ou alors, l’émotion fut toute intérieure.
En effet, lorsque l’ONU a été appelée, fin janvier, à condamner Israël, la Suisse s’est  abstenue. Ainsi, quand la moitié des habitants de Gaza sont acculés à s’engouffrer dans une brèche pour aller se procurer de la nourriture et de l’eau, -et peut-être même des cigarettes- avant de s’en retourner dans cette immense prison à ciel ouvert qu’est Gaza … la Suisse s’abstient!
Est-ce celle-ci, la politique courageuse pour laquelle la gauche gouvernementale et ses satellites nous expliquaient qu’il fallait à tout prix adhérer à l’ONU?
Mais peut-être que le sens de cette abstention est dans la déclaration que fit le Département des affaires étrangères en juillet 2006: en pleine agression militaire israélienne contre le Liban, la Suisse s’empressait de réaffirmer le «droit d’Israël de se défendre» avant de «manifester son inquiétude». Un choix on ne peut plus clair: du côté de l’agresseur et de ceux qui le protègent.
Ce choix a été confirmé par Mme Calmy-Rey lors de sa rencontre à Kloten avec Condoleeza Rice, à la veille du dernier Forum de Davos. Elle l’a assurée de «l’indéfectible solidarité de la Suisse avec les Etats-Unis»; oubliant juste que c’est ces jours là que tombait le sixième anniversaire de l’arrivée du premier convoi de prisonniers à Guantanamo… Ce n’est pas peu pour la ministre des affaires étrangères d‘un gouvernement qui est dépositaire et garant des Conventions de Genève. C’est même un exploit pour celle que Jean Ziegler verrait volontiers remplacer Louise Harbour à la tête de la division des droits humains de l’ONU.
Une proposition qui ne devrait point inquiéter Washington…■

14:25 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (3)

Calmy-Rey aux droits humains?


 Paolo Gilardi
La presse s’est fait écho des dissensions au sein du Conseil Fédéral entre Mme Calmy-Rey et les autres à propos de l’aide au développement. Il s’agissait de savoir si l’aide à certains pays peu regardants en matière de droits humains devait ou pas être maintenue. Contre l’avis de la ministre des affaires étrangères, le gouvernement a opté pour la fermeté. Ce qui permet de réduire l’aide au développement et de parfaire l’image de pasionaria de la ministre, forcément «socialiste».
Arrivée à la tête des affaires étrangères il y a cinq ans après la grisaille des années Cotti, celle qui avait gagné son entrée au gouvernement en redressant les finances genevoises sur le dos des salariés de la fonction publique notamment, avait fait illusion par son interprétation flamboyante de la politique de bons offices. «Diplomatie publique», l’avait-elle-même définie.
Et de promettre immédiatement de dire son fait à l’ancien secrétaire d’Etat Colin Powells qui s’en venait à Davos, on était en janvier 2003, chercher des soutiens à l’attaque imminente contre l’Irak! En fait, la rencontre fut, d’après les comptes rendus officiels, des plus cordiales: les remontrances tant annoncées avaient cédé la place à l’offre de la Suisse d’organiser une conférence internationale destinée à alléger les conséquences sur le plan humanitaire de l’attaque à venir contre l’Irak. En fait, bien plus que publique, dès le début, la diplomatie Calmy-Rey est surtout… publicitaire.
Depuis, elle s’est rarement distancée de la ligne de conduite adoptée alors, d’autant que, en termes de sondages, elle est payante. Ainsi c’est carrément en mondovision que fut organisée, il y a un peu plus de deux ans, la plus odieuse des opérations publicitaires, l’initiative de Genève sur le Moyen Orient. Plus personne ne se souvient aujourd’hui de ce qu’était censée assurer cette conférence couverte en son temps par les télés de la planète entière.
Entretemps, depuis fin janvier 2006, l’Etat d’Israël organise, avec la bénédiction du protecteur étasunien et la complicité de l’Union européenne, la punition collective des Palestiniens coupables d’avoir majoritairement voté pour Hamas plutôt que pour le candidat de l’occupant, le Fatah de Abou Mazen.
Pourtant, le blocage de Gaza, la coupure de l’électricité, la construction par Israël d’un mur entre Gaza et l’Egypte, les exécutions «extrajudiciaires» de dirigeants palestiniens n’ont pas eu l’air de l’émouvoir outre mesure, la ministre «socialiste». Ou alors, l’émotion fut toute intérieure.
En effet, lorsque l’ONU a été appelée, fin janvier, à condamner Israël, la Suisse s’est  abstenue. Ainsi, quand la moitié des habitants de Gaza sont acculés à s’engouffrer dans une brèche pour aller se procurer de la nourriture et de l’eau, -et peut-être même des cigarettes- avant de s’en retourner dans cette immense prison à ciel ouvert qu’est Gaza … la Suisse s’abstient!
Est-ce celle-ci, la politique courageuse pour laquelle la gauche gouvernementale et ses satellites nous expliquaient qu’il fallait à tout prix adhérer à l’ONU?
Mais peut-être que le sens de cette abstention est dans la déclaration que fit le Département des affaires étrangères en juillet 2006: en pleine agression militaire israélienne contre le Liban, la Suisse s’empressait de réaffirmer le «droit d’Israël de se défendre» avant de «manifester son inquiétude». Un choix on ne peut plus clair: du côté de l’agresseur et de ceux qui le protègent.
Ce choix a été confirmé par Mme Calmy-Rey lors de sa rencontre à Kloten avec Condoleeza Rice, à la veille du dernier Forum de Davos. Elle l’a assurée de «l’indéfectible solidarité de la Suisse avec les Etats-Unis»; oubliant juste que c’est ces jours là que tombait le sixième anniversaire de l’arrivée du premier convoi de prisonniers à Guantanamo… Ce n’est pas peu pour la ministre des affaires étrangères d‘un gouvernement qui est dépositaire et garant des Conventions de Genève. C’est même un exploit pour celle que Jean Ziegler verrait volontiers remplacer Louise Harbour à la tête de la division des droits humains de l’ONU.
Une proposition qui ne devrait point inquiéter Washington…■

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Calmy-Rey aux droits humains?


 Paolo Gilardi
La presse s’est fait écho des dissensions au sein du Conseil Fédéral entre Mme Calmy-Rey et les autres à propos de l’aide au développement. Il s’agissait de savoir si l’aide à certains pays peu regardants en matière de droits humains devait ou pas être maintenue. Contre l’avis de la ministre des affaires étrangères, le gouvernement a opté pour la fermeté. Ce qui permet de réduire l’aide au développement et de parfaire l’image de pasionaria de la ministre, forcément «socialiste».
Arrivée à la tête des affaires étrangères il y a cinq ans après la grisaille des années Cotti, celle qui avait gagné son entrée au gouvernement en redressant les finances genevoises sur le dos des salariés de la fonction publique notamment, avait fait illusion par son interprétation flamboyante de la politique de bons offices. «Diplomatie publique», l’avait-elle-même définie.
Et de promettre immédiatement de dire son fait à l’ancien secrétaire d’Etat Colin Powells qui s’en venait à Davos, on était en janvier 2003, chercher des soutiens à l’attaque imminente contre l’Irak! En fait, la rencontre fut, d’après les comptes rendus officiels, des plus cordiales: les remontrances tant annoncées avaient cédé la place à l’offre de la Suisse d’organiser une conférence internationale destinée à alléger les conséquences sur le plan humanitaire de l’attaque à venir contre l’Irak. En fait, bien plus que publique, dès le début, la diplomatie Calmy-Rey est surtout… publicitaire.
Depuis, elle s’est rarement distancée de la ligne de conduite adoptée alors, d’autant que, en termes de sondages, elle est payante. Ainsi c’est carrément en mondovision que fut organisée, il y a un peu plus de deux ans, la plus odieuse des opérations publicitaires, l’initiative de Genève sur le Moyen Orient. Plus personne ne se souvient aujourd’hui de ce qu’était censée assurer cette conférence couverte en son temps par les télés de la planète entière.
Entretemps, depuis fin janvier 2006, l’Etat d’Israël organise, avec la bénédiction du protecteur étasunien et la complicité de l’Union européenne, la punition collective des Palestiniens coupables d’avoir majoritairement voté pour Hamas plutôt que pour le candidat de l’occupant, le Fatah de Abou Mazen.
Pourtant, le blocage de Gaza, la coupure de l’électricité, la construction par Israël d’un mur entre Gaza et l’Egypte, les exécutions «extrajudiciaires» de dirigeants palestiniens n’ont pas eu l’air de l’émouvoir outre mesure, la ministre «socialiste». Ou alors, l’émotion fut toute intérieure.
En effet, lorsque l’ONU a été appelée, fin janvier, à condamner Israël, la Suisse s’est  abstenue. Ainsi, quand la moitié des habitants de Gaza sont acculés à s’engouffrer dans une brèche pour aller se procurer de la nourriture et de l’eau, -et peut-être même des cigarettes- avant de s’en retourner dans cette immense prison à ciel ouvert qu’est Gaza … la Suisse s’abstient!
Est-ce celle-ci, la politique courageuse pour laquelle la gauche gouvernementale et ses satellites nous expliquaient qu’il fallait à tout prix adhérer à l’ONU?
Mais peut-être que le sens de cette abstention est dans la déclaration que fit le Département des affaires étrangères en juillet 2006: en pleine agression militaire israélienne contre le Liban, la Suisse s’empressait de réaffirmer le «droit d’Israël de se défendre» avant de «manifester son inquiétude». Un choix on ne peut plus clair: du côté de l’agresseur et de ceux qui le protègent.
Ce choix a été confirmé par Mme Calmy-Rey lors de sa rencontre à Kloten avec Condoleeza Rice, à la veille du dernier Forum de Davos. Elle l’a assurée de «l’indéfectible solidarité de la Suisse avec les Etats-Unis»; oubliant juste que c’est ces jours là que tombait le sixième anniversaire de l’arrivée du premier convoi de prisonniers à Guantanamo… Ce n’est pas peu pour la ministre des affaires étrangères d‘un gouvernement qui est dépositaire et garant des Conventions de Genève. C’est même un exploit pour celle que Jean Ziegler verrait volontiers remplacer Louise Harbour à la tête de la division des droits humains de l’ONU.
Une proposition qui ne devrait point inquiéter Washington…■

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Calmy-Rey aux droits humains?


 Paolo Gilardi
La presse s’est fait écho des dissensions au sein du Conseil Fédéral entre Mme Calmy-Rey et les autres à propos de l’aide au développement. Il s’agissait de savoir si l’aide à certains pays peu regardants en matière de droits humains devait ou pas être maintenue. Contre l’avis de la ministre des affaires étrangères, le gouvernement a opté pour la fermeté. Ce qui permet de réduire l’aide au développement et de parfaire l’image de pasionaria de la ministre, forcément «socialiste».
Arrivée à la tête des affaires étrangères il y a cinq ans après la grisaille des années Cotti, celle qui avait gagné son entrée au gouvernement en redressant les finances genevoises sur le dos des salariés de la fonction publique notamment, avait fait illusion par son interprétation flamboyante de la politique de bons offices. «Diplomatie publique», l’avait-elle-même définie.
Et de promettre immédiatement de dire son fait à l’ancien secrétaire d’Etat Colin Powells qui s’en venait à Davos, on était en janvier 2003, chercher des soutiens à l’attaque imminente contre l’Irak! En fait, la rencontre fut, d’après les comptes rendus officiels, des plus cordiales: les remontrances tant annoncées avaient cédé la place à l’offre de la Suisse d’organiser une conférence internationale destinée à alléger les conséquences sur le plan humanitaire de l’attaque à venir contre l’Irak. En fait, bien plus que publique, dès le début, la diplomatie Calmy-Rey est surtout… publicitaire.
Depuis, elle s’est rarement distancée de la ligne de conduite adoptée alors, d’autant que, en termes de sondages, elle est payante. Ainsi c’est carrément en mondovision que fut organisée, il y a un peu plus de deux ans, la plus odieuse des opérations publicitaires, l’initiative de Genève sur le Moyen Orient. Plus personne ne se souvient aujourd’hui de ce qu’était censée assurer cette conférence couverte en son temps par les télés de la planète entière.
Entretemps, depuis fin janvier 2006, l’Etat d’Israël organise, avec la bénédiction du protecteur étasunien et la complicité de l’Union européenne, la punition collective des Palestiniens coupables d’avoir majoritairement voté pour Hamas plutôt que pour le candidat de l’occupant, le Fatah de Abou Mazen.
Pourtant, le blocage de Gaza, la coupure de l’électricité, la construction par Israël d’un mur entre Gaza et l’Egypte, les exécutions «extrajudiciaires» de dirigeants palestiniens n’ont pas eu l’air de l’émouvoir outre mesure, la ministre «socialiste». Ou alors, l’émotion fut toute intérieure.
En effet, lorsque l’ONU a été appelée, fin janvier, à condamner Israël, la Suisse s’est  abstenue. Ainsi, quand la moitié des habitants de Gaza sont acculés à s’engouffrer dans une brèche pour aller se procurer de la nourriture et de l’eau, -et peut-être même des cigarettes- avant de s’en retourner dans cette immense prison à ciel ouvert qu’est Gaza … la Suisse s’abstient!
Est-ce celle-ci, la politique courageuse pour laquelle la gauche gouvernementale et ses satellites nous expliquaient qu’il fallait à tout prix adhérer à l’ONU?
Mais peut-être que le sens de cette abstention est dans la déclaration que fit le Département des affaires étrangères en juillet 2006: en pleine agression militaire israélienne contre le Liban, la Suisse s’empressait de réaffirmer le «droit d’Israël de se défendre» avant de «manifester son inquiétude». Un choix on ne peut plus clair: du côté de l’agresseur et de ceux qui le protègent.
Ce choix a été confirmé par Mme Calmy-Rey lors de sa rencontre à Kloten avec Condoleeza Rice, à la veille du dernier Forum de Davos. Elle l’a assurée de «l’indéfectible solidarité de la Suisse avec les Etats-Unis»; oubliant juste que c’est ces jours là que tombait le sixième anniversaire de l’arrivée du premier convoi de prisonniers à Guantanamo… Ce n’est pas peu pour la ministre des affaires étrangères d‘un gouvernement qui est dépositaire et garant des Conventions de Genève. C’est même un exploit pour celle que Jean Ziegler verrait volontiers remplacer Louise Harbour à la tête de la division des droits humains de l’ONU.
Une proposition qui ne devrait point inquiéter Washington…■

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Calmy-Rey aux droits humains?

Paolo Gilardi
La presse s’est fait écho des dissensions au sein du Conseil Fédéral entre Mme Calmy-Rey et les autres à propos de l’aide au développement. Il s’agissait de savoir si l’aide à certains pays peu regardants en matière de droits humains devait ou pas être maintenue. Contre l’avis de la ministre des affaires étrangères, le gouvernement a opté pour la fermeté. Ce qui permet de réduire l’aide au développement et de parfaire l’image de pasionaria de la ministre, forcément «socialiste».
Arrivée à la tête des affaires étrangères il y a cinq ans après la grisaille des années Cotti, celle qui avait gagné son entrée au gouvernement en redressant les finances genevoises sur le dos des salariés de la fonction publique notamment, avait fait illusion par son interprétation flamboyante de la politique de bons offices. «Diplomatie publique», l’avait-elle-même définie.
Et de promettre immédiatement de dire son fait à l’ancien secrétaire d’Etat Colin Powells qui s’en venait à Davos, on était en janvier 2003, chercher des soutiens à l’attaque imminente contre l’Irak! En fait, la rencontre fut, d’après les comptes rendus officiels, des plus cordiales: les remontrances tant annoncées avaient cédé la place à l’offre de la Suisse d’organiser une conférence internationale destinée à alléger les conséquences sur le plan humanitaire de l’attaque à venir contre l’Irak. En fait, bien plus que publique, dès le début, la diplomatie Calmy-Rey est surtout… publicitaire.
Depuis, elle s’est rarement distancée de la ligne de conduite adoptée alors, d’autant que, en termes de sondages, elle est payante. Ainsi c’est carrément en mondovision que fut organisée, il y a un peu plus de deux ans, la plus odieuse des opérations publicitaires, l’initiative de Genève sur le Moyen Orient. Plus personne ne se souvient aujourd’hui de ce qu’était censée assurer cette conférence couverte en son temps par les télés de la planète entière.
Entretemps, depuis fin janvier 2006, l’Etat d’Israël organise, avec la bénédiction du protecteur étasunien et la complicité de l’Union européenne, la punition collective des Palestiniens coupables d’avoir majoritairement voté pour Hamas plutôt que pour le candidat de l’occupant, le Fatah de Abou Mazen.
Pourtant, le blocage de Gaza, la coupure de l’électricité, la construction par Israël d’un mur entre Gaza et l’Egypte, les exécutions «extrajudiciaires» de dirigeants palestiniens n’ont pas eu l’air de l’émouvoir outre mesure, la ministre «socialiste». Ou alors, l’émotion fut toute intérieure.
En effet, lorsque l’ONU a été appelée, fin janvier, à condamner Israël, la Suisse s’est  abstenue. Ainsi, quand la moitié des habitants de Gaza sont acculés à s’engouffrer dans une brèche pour aller se procurer de la nourriture et de l’eau, -et peut-être même des cigarettes- avant de s’en retourner dans cette immense prison à ciel ouvert qu’est Gaza … la Suisse s’abstient!
Est-ce celle-ci, la politique courageuse pour laquelle la gauche gouvernementale et ses satellites nous expliquaient qu’il fallait à tout prix adhérer à l’ONU?
Mais peut-être que le sens de cette abstention est dans la déclaration que fit le Département des affaires étrangères en juillet 2006: en pleine agression militaire israélienne contre le Liban, la Suisse s’empressait de réaffirmer le «droit d’Israël de se défendre» avant de «manifester son inquiétude». Un choix on ne peut plus clair: du côté de l’agresseur et de ceux qui le protègent.
Ce choix a été confirmé par Mme Calmy-Rey lors de sa rencontre à Kloten avec Condoleeza Rice, à la veille du dernier Forum de Davos. Elle l’a assurée de «l’indéfectible solidarité de la Suisse avec les Etats-Unis»; oubliant juste que c’est ces jours là que tombait le sixième anniversaire de l’arrivée du premier convoi de prisonniers à Guantanamo… Ce n’est pas peu pour la ministre des affaires étrangères d‘un gouvernement qui est dépositaire et garant des Conventions de Genève. C’est même un exploit pour celle que Jean Ziegler verrait volontiers remplacer Louise Harbour à la tête de la division des droits humains de l’ONU.
Une proposition qui, vu ce qui précède, ne devrait point inquiéter Washington…■

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Calmy-Rey aux droits humains?

Paolo Gilardi
La presse s’est fait écho des dissensions au sein du Conseil Fédéral entre Mme Calmy-Rey et les autres à propos de l’aide au développement. Il s’agissait de savoir si l’aide à certains pays peu regardants en matière de droits humains devait ou pas être maintenue. Contre l’avis de la ministre des affaires étrangères, le gouvernement a opté pour la fermeté. Ce qui permet de réduire l’aide au développement et de parfaire l’image de pasionaria de la ministre, forcément «socialiste».
Arrivée à la tête des affaires étrangères il y a cinq ans après la grisaille des années Cotti, celle qui avait gagné son entrée au gouvernement en redressant les finances genevoises sur le dos des salariés de la fonction publique notamment, avait fait illusion par son interprétation flamboyante de la politique de bons offices. «Diplomatie publique», l’avait-elle-même définie.
Et de promettre immédiatement de dire son fait à l’ancien secrétaire d’Etat Colin Powells qui s’en venait à Davos, on était en janvier 2003, chercher des soutiens à l’attaque imminente contre l’Irak! En fait, la rencontre fut, d’après les comptes rendus officiels, des plus cordiales: les remontrances tant annoncées avaient cédé la place à l’offre de la Suisse d’organiser une conférence internationale destinée à alléger les conséquences sur le plan humanitaire de l’attaque à venir contre l’Irak. En fait, bien plus que publique, dès le début, la diplomatie Calmy-Rey est surtout… publicitaire.
Depuis, elle s’est rarement distancée de la ligne de conduite adoptée alors, d’autant que, en termes de sondages, elle est payante. Ainsi c’est carrément en mondovision que fut organisée, il y a un peu plus de deux ans, la plus odieuse des opérations publicitaires, l’initiative de Genève sur le Moyen Orient. Plus personne ne se souvient aujourd’hui de ce qu’était censée assurer cette conférence couverte en son temps par les télés de la planète entière.
Entretemps, depuis fin janvier 2006, l’Etat d’Israël organise, avec la bénédiction du protecteur étasunien et la complicité de l’Union européenne, la punition collective des Palestiniens coupables d’avoir majoritairement voté pour Hamas plutôt que pour le candidat de l’occupant, le Fatah de Abou Mazen.
Pourtant, le blocage de Gaza, la coupure de l’électricité, la construction par Israël d’un mur entre Gaza et l’Egypte, les exécutions «extrajudiciaires» de dirigeants palestiniens n’ont pas eu l’air de l’émouvoir outre mesure, la ministre «socialiste». Ou alors, l’émotion fut toute intérieure.
En effet, lorsque l’ONU a été appelée, fin janvier, à condamner Israël, la Suisse s’est  abstenue. Ainsi, quand la moitié des habitants de Gaza sont acculés à s’engouffrer dans une brèche pour aller se procurer de la nourriture et de l’eau, -et peut-être même des cigarettes- avant de s’en retourner dans cette immense prison à ciel ouvert qu’est Gaza … la Suisse s’abstient!
Est-ce celle-ci, la politique courageuse pour laquelle la gauche gouvernementale et ses satellites nous expliquaient qu’il fallait à tout prix adhérer à l’ONU?
Mais peut-être que le sens de cette abstention est dans la déclaration que fit le Département des affaires étrangères en juillet 2006: en pleine agression militaire israélienne contre le Liban, la Suisse s’empressait de réaffirmer le «droit d’Israël de se défendre» avant de «manifester son inquiétude». Un choix on ne peut plus clair: du côté de l’agresseur et de ceux qui le protègent.
Ce choix a été confirmé par Mme Calmy-Rey lors de sa rencontre à Kloten avec Condoleeza Rice, à la veille du dernier Forum de Davos. Elle l’a assurée de «l’indéfectible solidarité de la Suisse avec les Etats-Unis»; oubliant juste que c’est ces jours là que tombait le sixième anniversaire de l’arrivée du premier convoi de prisonniers à Guantanamo… Ce n’est pas peu pour la ministre des affaires étrangères d‘un gouvernement qui est dépositaire et garant des Conventions de Genève. C’est même un exploit pour celle que Jean Ziegler verrait volontiers remplacer Louise Harbour à la tête de la division des droits humains de l’ONU.
Une proposition qui, vu ce qui précède, ne devrait point inquiéter Washington…■

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17/02/2008

Sous les ordures, le fric...

La crise des ordures à Naples n’est pas un fait isolé, une expression ultérieure d’un folklore napolitain qui pousserait les braves gens excédés à demander l’asile au Tessin. Elle est inscrite dans l’ordre des choses…
La production d’impressionnantes quantités de déchets est une donnée structurelle du capitalisme tardif, inhérente à son fonctionnement. En effet, la destruction rapide des marchandises est une dimension fondamentale de ce mode de production. Il en est ainsi du bout de cellophane, du papier d’alu et de la barquette synthétique qui emballent le poulet que nous achetons, tout comme des téléphones cellulaires fabriqués pour ne pas durer plus d’un an ou les ordinateurs que l’évolution constante et rapide condamne à la casse au bout de dix-huit mois.
Ainsi, en 2005, la production de déchets par tête a atteint en France 360 kg, soit l’équivalent de presque un kilo par jour par habitant; de plus, depuis une dizaine d’années elle augmente de 1% par an. La part des déchets ménagers est relativement peu importante: d’après une étude de 2004, les ordures ménagères représentaient moins de 10% des 434 millions de tonnes de déchets produits en 2003 en Grande Bretagne. C’est une donnée dont il faudrait plus souvent faire état car c’est en général le consommateur qui est tenu pour responsable et qu’on tend ainsi à culpabiliser.
Il n’est dès lors pas étonnant que l’élimination de ces masses de déchets devienne un marché. Toujours outre Manche, son volume s’élevait en 2004 à 4,85 milliards de livres, soit plus de dix milliards de francs, enregistrant une augmentation de 5,5% par rapport à 2003. A titre de comparaison, dix milliards de francs équivalent au PNB cumulé, au cours de la même année, du Mali, du Burkina et de la Namibie ou, sur un autre registre, au budget du Canton de Genève.
Marché juteux, il l’est d’autant plus que le développement technologique soumis à la règle du profit maximal implique l’utilisation dans les processus industriels de matières particulièrement polluantes et difficiles à recycler ou à éliminer. Le retraitement des scories nucléaires en est l’illustration. Juste avant Noël, un train contenant 235 tonnes de déchets nucléaires a quitté l’Italie pour l’usine française de retraitement de La Hague. Coût du retraitement : 250 millions d’euros, soit plus de 1000 euros le kilo!
Un marché de cette ampleur ne pouvait pas ne pas intéresser les organisations maffieuses. Fortes de la démission de l’Etat qui a privatisé en les «externalisant» les tâches de récolte, d’incinération, de retraitement ou de recyclage des ordures, ces organisations se sont ainsi approprié un marché immense. Elles ont fait d’une pierre deux coups car, dans bien des cas, les transports d’ordures par camions à travers l’Europe camouflent aisément d’autres trafics: sous les ordures, les armes et la coke.
Les organisations maffieuses ont pu faire valoir les offres les plus avantageuses pour les Etats, à tel point que la Camorra napolitaine a pu s’adjuger l’élimination de déchets nucléaires et chimiques en provenance du Nord de l’Europe. Ses coûts ont pu être réduits au minimum, et pour cause: c’est dans des décharges à ciel ouvert qu’elle s’en débarrasse, complices les politiciens locaux et la pénétration du système maffieux dans les méandres d’un tissus social ravagé par le chômage.
C’est sur ces terres infestées par mille poisons que vivent des centaines de milliers de personnes; c’est sur ces terres que paissent les bufflonnes qui produisent les millions de mozzarelles que de respectables entreprises commercialisent à travers la planète…■

18:02 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (2)

28/01/2008

C'est pas Kerviel ni les subprimes, c'est le capitalisme!

Comme l’écrit le Canard enchaîné (23.01), pour nous qui n’avons que le travail pour vivre, l’angoisse des actionnaires et autres boursicoteurs devant l’évolution du SMI, du Down Jones, du CAC 40 ou du Nikkei aurait presque quelque chose de jubilatoire, une sorte de divine revanche…
Et pourtant, puisque ce n’est point un dieu qui fait l’histoire, mais les bonnes vieilles classes sociales, ceux qui ont les capitaux et les moyens de production d’un côté et ceux qui ne possèdent que leur force de travail, de l’autre, c’est encore ces derniers, nous toutes et tous, en fin de compte, qui, les effets de la crise boursière, risquent de se les ramasser sur le coin de la figure…
Les effets tragiques de l’éclatement de la crise des subprimes pour des centaines de milliers de familles étasuniennes en sont la preuve: certes, les indices boursiers baissent et les banquiers s’angoissent, mais ce sont des centaines de milliers d’hommes et de femmes qui sont forcés d’abandonner leurs maisons, qui se retrouvent à la rue. Avec, en prime, des dettes monstrueuses à payer et une réduction brutale du pouvoir d’achat, de leur capacité de consommer…
Autrement dit, si quand les cotations boursières sont à la hausse c’est signe que ça va mal pour les salariés -les actions grimpent lorsqu’on rationalise et qu’on licencie-, quand elles baissent, c’est pour celles et ceux «d’en bas» que l’avenir s’assombrit... En somme, face je perds, pile tu gagnes.
Pudiquement, les ministres de l’économie parlent de «ralentissement de la croissance», de «corrections à apporter aux prévisions économiques». Plus brutalement, les analystes économiques, tout comme les banquiers d’ailleurs, c’est de récession aux Etats-Unis qu’ils parlent. Comment pourrait-il en être autrement dans un pays où la consommation intérieure constitue le principal moteur de l’économie?
Là-bas, les salaires horaires réels stagnent depuis la fin des années 1970. Donc, pour gagner plus, il faut travailler plus. Cependant, dans un contexte de rationalisation, l’offre de places de travail n’a pas augmenté suffisamment pour stimuler de manière décisive la demande intérieure. C’est par le crédit qu’elle a été dopée, en particulier dans l’accession à la propriété immobilière, mais non seulement.
Aujourd’hui, les limites du crédit sautent aux yeux avec les subprimes, les crédits pourris! Et le système bancaire vacille. Citigroup, le premier groupe bancaire étasunien affiche «les plus fortes pertes depuis 200 ans» (Le Temps, 16.01). Quant à l’autre grand, Merril Lynch, ce sont des pertes de l’ordre de 6,6 milliards de dollars qu’il annonce pour le seul quatrième trimestre de 2007. A elles seules, les deux banques ont dû être refinancées depuis le mois d’août à hauteur de 100 milliards de dollars!
L’explosion du crédit n’est de loin pas une spécialité nord-américane: elle est le propre du capitalisme dans sa phase actuelle marquée par une surcapacité de production du secteur industriel. Le «payable en 48 mensualités», la généralisation du crédit, le leasing, l’endettement des ménages sont devenus la norme dans le capitalisme contemporain, l’expression de sa fragilité, en Europe comme aux Etats Unis.
Certes, la crise des subprimes a moins affecté les banques européennes. UBS, très présente sur le marché étasunien, aurait perdu, officiellement du moins, 15 milliards, tandis que d’autres banques auraient été moins touchées. De même, les 7 milliards d’euros perdus par la Société générale seraient le fait des malversations d’un seul individu, le dénommé Jérôme Kerviel (qui aurait eu une marge d’action de 50 milliards d’euros, à savoir l’équivalent du PBI d’un pays comme l’Algérie). L’empressement unanime des politiques de tout bord à reprendre cette thèse la prive de toute crédibilité, comme si l’on pouvait en douce faire disparaître de telles sommes… Plus probablement, c’est la vague de fonds déclenchée par la crise des subprimes qui agit…
Sauf que, celle des subprimes n’est pas une turbulence épisodique dans le monde de la finance. Rien que durant les derniers dix ans, de la crise asiatique de janvier 98 à aujourd’hui, en passant par l’éclatement de la bulle technologique en 2001, le 11 septembre ou encore les tensions sur les taux d’intérêt à la mi-2004, les tensions se succèdent dans le monde de la finance.
Leurs répercussions vont bien au-delà. A ce titre, la crise actuelle aux Etats Unis pourrait avoir des effets dévastateurs sur l’ensemble de la planète. D’après de directeur général de l’Organisation internationale du travail, Juan Somavia, elle va «priver d’emploi» 5 millions de personnes de par le monde qui viendraient s’ajouter aux 189,9 millions d’autres chômeurs officiellement recensés à l’échelle planétaire (http:/www.ilo.org).
C’est cette succession de soubresauts qui commande en partie le fonctionnement de l’économie ; c’est elle qui détermine qu’on ait un travail ou pas, de quoi se loger, se nourrir convenablement ou pas… C’est de ce système si fragile que dépendent les conditions de vie de milliards d’êtres humains.
Voilà pourquoi c’est avec ce système, le capitalisme, qu’il faut en finir…■

16:14 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (1)

27/01/2008

Guantanamo: six ans déjà!

P.Gilardi

C’est le 11 janvier d’il y a six ans qu’un premier convoi de prisonniers « combattants illégaux » selon la terminologie officielle de l’administration Bush, arrivait au tristement célèbre camp Delta situé sur la base étasunienne de Guantanamo, à Cuba.
Depuis, un millier de « méchants », ainsi que les définissait le président Bush, ou de « dangereux assassins parmi les plus déterminés et mieux entraînés de la planète » pour reprendre l’expression de l’ancien ministre de la défense Donald Rumsfeld, ont été internés à Guantanamo. Ils y ont subi nombre de sévices régulièrement dénoncés aussi bien par les organisations nord-américaines de défense des droits humains que par le comité international de la croix rouge, le CICR.
Seuls dix d’entre eux ont été officiellement accusés, et pour cause ! Comme l’écrit Anthony D. Romero, directeur de l’Union américaine pour la défense des droits civiques, «seul un infime pourcentage des centaines d’hommes détenus à Guantanamo ont été capturés sur le terrain de bataille, tous les autres ont été vendus par les seigneurs de la guerre contre monnaie sonnante» (salon.com).
Aujourd’hui, plusieurs centaines d’entre eux ont été soit libérés, soit mis entre les mains des gouvernements de leurs pays d’origine qui les ont remis en liberté, faute de chefs d’accusation à porter à leur encontre. Pourtant, il y en a toujours un grand nombre qui restent enfermés dans les cages exposées au soleil tropical de Guantanamo.
Alors que même l’ancien secrétaire d’Etat Colin Powell plaide pour la fermeture de la prison, l’administration Bush ne cède pas. En effet, traduire les 275 prisonniers restants devant les tribunaux étasuniens serait pour Bush un parfait autogoal dans la mesure où les preuves manquent pour leur inculpation. Les libérer purement et simplement serait reconnaître définitivement la violation par le gouvernement des Etats Unis des lois internationales.
Madame Calmy-Rey, représentante du Conseil Fédéral dépositaire des Conventions de Genève en aurait-elle touché un mot à Condoleeza Rice la semaine passée à Kloten lorsqu’elle l’assurait de «l’indéfectible solidarité de la Suisse»?■

16:44 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (0)

22/01/2008

A l'écoute, le WEF?

Alors que -Radio Suisse Romande toujours complice- on essaie de nous vendre l'idée d'un Forum de Davos nouveau style, "à l'écoute des gens", on apprend que le WEF à venir s'apprête à accueillir Pervez Musharraf. En voilà un type qui sait ce que "écouter les gens" veut dire...

Et lui, a Davos on l'écoute, pas les quelques deux cent jeunes manifestants de Berne contre lesquels la majorité rose-verte de la ville fédérale a envoyé sept cent pandores armés jusqu'aux dents...

11:22 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (1)

25/11/2007

Dimanche de surprises aux CFF

Dimanche de surprises pour les usagers des CFF! Tandis qu'en gare de Genève un "problème technique" bloque tous les trains - à force d'économiser sur l'entretien, la panne finit par arriver et tant pis pour les usagers-, la presse dominicale fait état de la volonté des CFF d'augmenter les tarifs aux heures de pointe, une augmentation qui viendrait s'ajouter à celle, déjà annoncée, de 3,3% en moyenne des prix des billets à partir du 1er janvier.

Mais pourquoi aux heures de pointe? Parce que, d'un strict point de vue marchand, avec l'augmentation de la demande pour une offre stable -le nombre de sièges dans les wagons ne varie pas selon les heures- les prix augmentent.

Ceci d'autant que, toujours d'un strict point de vue économique, la demande ne peut pas être "comprimée" du fait que si heures de pointe il y a c'est bien parce que les gens n'ont pas forcément le choix de l'heure à laquelle ils entrent et sortent du travail.

Voilà donc pour les CFF le marché idéal décrit dans les manuels d'économie libérale: celui d'usagers captifs ne pouvant que se soumettre aux tarifs fixés pour le plus grand profit de l'entreprise. En d'autres occasions, on parlerait de "prise en otage", voire de "galère pour les usagers"...

A moins que, -et l'environnement reconnaîtra les siens- ils décident d'abandonner le train au profit de leur voiture.

En voilà encore un exemple de ce qui arrive lorsqe les régies fédérales se transforment en S.A.! C'étaient des services publics faits pour venir à l'encontre des besoins des usagers; devenues des "entreprises comme les autres", ce sont les principes du rendement maximum qu'elles appliquent. Comme les autres et en rakettant l'usager.

"Entreprises comme les autres", certes, mais qui restent toujours propriété de la Confédération. Qui pourrait, si la volonté politique existait, faire valoir les intérêts de la population... Ce que, évidemment, le "socialiste" Leuenberger se garde bien de faire...

13:38 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (0)

16/11/2007

Pakistan: Après la crise le cachemar?

P. Gilardi
Moins de trente personnes ont pris part le 12 novembre à Genève à un rassemblement de protestation contre l’instauration de l’état d’urgence au Pakistan. La palette des organisateurs –du CADTM au GSsA, de solidaritéS à Gauche anticapitaliste- aurait du être garante de plus de mobilisation. Raté.
Et pourtant, de l’issue de la crise actuelle au Pakistan pourraient découler des conséquences inquiétantes. Explications.
Loi martiale!
L’état d’urgence décrété le 3 novembre semble destiné à durer. Le 10 novembre, le général-président Pervez Musharraf a confirmé, sur pression étasunienne, que les élections auront bel et bien lieu le 9 janvier. Il a toutefois refusé d’indiquer une date pour la levée de l’état d’urgence. Bien au contraire ! Il a annoncé que désormais les civils pourraient être jugés par des tribunaux militaires, une pratique qui avait eu cours durant la dictature de Zia ul-Haq et qui avait été abolie après sa chute en 1989.
C’est donc de fait sous la loi martiale que des élections libres devraient avoir lieu! Etonnante perspective, d’autant plus que, dans la foulée des déclarations du 10 novembre, Musharraf a aussi dit que «puisque la presse s’est faite porte-voix du terrorisme, que Allah bénisse notre lutte anti-terroriste!». Cela signifie que ce n’est pas seulement sous l’état de siège et avec la loi martiale en vigueur que les élections devraient avoir lieu, mais, qui plus est, avec la presse totalement bâillonnée.
Une transition tranquille ?
Quant à l’opposition officielle, celle du Parti du peuple pakistanais, le PPP de Benazir Bhutto et qui semble jouir de la confiance de Washington, elle n’apparaît pas vraiment en mesure d’assurer une transition tranquille de la dictature de Musharraf à un régime pro-occidental plus présentable. Au contraire, l’assignation à résidence de sa leader, imposée, puis levée, de nouveau imposée et puis de nouveau levée, montre que cette hypothèse n’est pas celle retenue par Musharraf qui continue sur la voie tracée le 3 novembre.
De plus, le fait que Bhutto n’ait pas essayé l’épreuve de force après l’interdiction de la marche prévue le 13 novembre de Lahore à Islamabad exprime en un certain sens sa fragilité dans la mesure où la corruption dont elle et son parti se nourrissent l’ont largement discréditée auprès des couches populaires. Elle ne se sentait peut-être pas en mesure, avec Lahore encerclée par plus de 20'000 policiers et militaires, d’endosser le rapport de force. Il n’est par ailleurs pas à exclure que le PPP ait renoncé à la marche de peur d’être débordé par la mobilisation populaire qu’elle aurait pu susciter et d’enclencher une dynamique dont il perdrait le contrôle.
Une gauche entravée
D’un autre côté, les arrestations de militants politiques et syndicaux se poursuivent. Déjà par deux fois avant le 3 novembre, des vagues d’arrestations s’étaient abattues sur des syndicalistes de base et sur les militants de gauche, en particulier nos camarades du Labour Party du Pakistan. Evidemment, après le coup du 3 novembre, la répression s’est intensifiée : d’après certaines informations, il y aurait aujourd’hui plus de 5'000 syndicalistes et militants de gauche dans les geôles pakistanaises. Beaucoup d’autres sont dans la clandestinité.
C’est ainsi avec une gauche en partie décapitée, entravée, qu’une explosion sociale pourrait se produire au Pakistan, dans une dynamique où la répression brutale pourrait générer des processus insurrectionnels auxquels, faute d’une présence de la gauche, les forces islamistes réactionnaires –qui, en dépit de la rhétorique anti-terroriste, continueraient à bénéficier de protections dans l’armée et les services secrets- pourraient donner le «la»
C’est une perspective cauchemardesque car l’instauration d’un régime islamiste au Pakistan ne serait pas un désastre seulement pour la population pakistanaise, elle le serait pour la paix mondiale dans la mesure où, en dépit des traités internationaux et avec la bienveillance de Washington, le Pakistan dispose de l’arme nucléaire. Une arme qui pourrait même tomber dans les mains d’al-Quaïda…
Autre chose que l’hypothétique bombe iranienne!
Paradoxalement se réaliserait alors, grâce au soutien étasunien à Musharraf –un soutien jamais démenti jusqu’à il y a peu- ce que Washington craint le plus, l’émergence d’un régime islamiste doté de l’arme nucléaire. Un scénario qui reléguerait au rayon des gadgets la très hypothétique atomique iranienne…
C’est une perspective cauchemardesque. Pour la combattre, il faut libérer tous les prisonniers politiques et abolir l’état d’urgence. En effet, seul le rétablissement de toutes les libertés et droits démocratiques est à même de permettre aux forces laïques, progressistes et anti-impérialistes de participer à la lutte contre le régime de Musharraf et contre les projets de privatisations accrues prônés par le parti de Benazir Bhutto. C’est essentiel pour que cette gauche puisse disputer aux forces réactionnaires islamistes la direction de la lutte.
Ainsi, contrairement à ce qu’on entend, venant de sources proches du Département de Calmy-Rey, ce n’est pas dans la recherche d’une transition contrôlée – «à petits pas, l’un après l’autre» comme l’a dit Condoleeza Rice- qu’on trouvera le moyen pour empêcher que le cauchemar devienne réalité. C’est avec le rétablissement des droits démocratiques et syndicaux qu’on pourra faire face.
Et aussi, la collaboration militaire avec le Pakistan doit être stoppée tout comme doit être annulée l’odieuse dette qui pèse sur son peuple. De même que c’est une campagne pour le désarmement nucléaire qu’il faut de toute urgence relancer.■

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12/10/2007

Derrière l'UDC... l'union sacrée!

Derrière l'UDC... l'union sacrée!

Paolo Gilardi

[article à paraître dans "lignes rouges", le 15 octobre]
La campagne électorale s’achève. Elle a sans aucun doute été l’une des plus dramatisées depuis des lustres. La surenchère journalistique, nombre d’observateurs l’ont souligné, a fini par occulter les enjeux de ces élections, pour autant que, des enjeux, il y en ait vraiment.
L’épouvantail Blocher a permis de masquer l’absence de divergences de fond entre les uns et les autres, les principales forces –verts et PSS d’un côté, libéraux-radicaux et PDC de l’autre- s’alignant toutes, à quelques nuances près, sur la politique de libéralisation et de démantèlement social dont est championne… l’UDC.
Dès lors, c’est de «méthodes» qu’on a beaucoup parlé. A juste titre, les affiches de l’UDC, ont suscité l’indignation. Indignation et colère salutaires, qui se sont traduites en particulier par la mobilisation des jeunes. Le 6 octobre à Berne, celle-ci a abouti à reléguer Blocher à la fosse aux ours, où il a dû se résigner à prononcer son discours en lieu et place de la vénérable Bundesplatz. Excusez du peu pour la symbolique! Même si aucune illusion n’est de mise sur le fait que l’UDC,  reléguée, le soit pour de vrai…
Suite à cette manifestation, et à celle qui l’a précédée à Lausanne, la presse et les partis ont fait à qui mieux mieux pour dénoncer «les casseurs» et la «détérioration du climat» politique. Et, tandis qu’à droite on tire profit de quelques vitrines brisées pour exiger un durcissement des mesures sécuritaires au delà de l’Euro 08, à «gauche» -surtout… tout à gauche- c’est le matraquage des jeunes manifestants par la police lausannoise aux ordres d’un magistrat de «A gauche toute!» qu’on couvre!
La dénonciation des méthodes, du «populisme», fait, elle, l’unanimité de Couchepin à Christian Grobet, le candidat à vie de «A Gauche toute!», signataire, avec le premier nommé et les représentants de tous les partis, sauf l’UDC, d’une déclaration contre les méthodes de Blocher.
Et pourtant, des «excès» de l’U.D.C. on ne s’en est pas toujours plaint. La «campagne populiste» du parti de Schmid et Blocher contre les «abus des bénéficiaires de l’A.I.» n’a-t-elle pas formé le terreau fertile pour que le parti de Couchepin et Pelli y cultive la 5ème révision de l’Assurance invalidité? N’est-ce pas le «populisme» des U.D.C. Freisinger et Mörgeli qui a préparé le terrain aux multiples restrictions du droit d’asile perpétrées par les démocrates-chrétiens Koller et Metzler? Le «populisme» des Guy Parmelain et autres Jacques Pagan n’alimente-t-il pas les offensives anti-impôts des libéraux Ruey et Brunschwig-Graf ? Poser ces questions, c‘est y répondre.
L’odeur «fétide» du «populisme» n’empêche pas nombre de caciques du parti de Blocher et Schmid de siéger dans les principaux conseils d’administration de la Suisse S.A., premier parmi tous, celui de l’U.B.S. D’y côtoyer et d’y défendre les mêmes options que les respectables Vreni Spoerri et Marcel Ospel… Leur odeur «nauséabonde» ne leur ferme pas non plus la porte de la société suisse des entrepreneurs, cette S.S.E. qui dénonce la C.C.T. des maçons et fait derrière elle l’unanimité du patronat…
Et pour cause! Principal parti bourgeois, l’U.D.C. est le fer de lance des attaques tout azimut contre l’ensemble des conquêtes sociales, aussi limitées soient-elles dans ce pays.
Sa base militante n’est pas celle, caricaturale, des retraités nostalgiques issus des vallées de la Suisse profonde.
C’est dans les grandes villes, Zurich en tête, mais aussi à Berne et à Genève, que l’U.D.C. est implantée, en particulier dans les milieux d’affaires. C’est depuis belle lurette que la Zurich branchée affiche ouvertement son appartenance à l’U.D.C. Grâce à elle, une classe entrepreunariale s’affirme: décomplexée, qui en veut et prête à se débarrasser des moutons noirs, quelle que soit la couleur réelle de la laine. Sous la bannière du parti de Blocher et Schmid, elle est prête à en finir aussi bien avec les scories socialistes du P.S. qu’avec les réminiscences de la politique du compromis qui fut celle des autres forces bourgeoises. Et surtout d’en finir avec toutes les entraves à la liberté d’exploiter!
La stigmatisation de couches de la population, le racisme, n’ont pas pour unique fonction celle d’attirer l’électeur: elles fondent, idéologiquement, l’affirmation de la primauté du droit de s’enrichir sur les droits des gens: les droits collectifs, les droits humains!
L’unanimisme anti-Blocher ne contribue pas à isoler l’U.D.C., il la renforce. A preuve, les déclarations du chef de «A gauche toute!», Zizyadis. Il affirmait (area, 5.10.07) que «aucune de nos voix ne manquera pour empêcher l’élection de Blocher, dussions-nous envoyer au gouvernement quelqu’un qui, à la fin, mènera la même politique que lui». Et, au journaliste qui lui demandait s’ils –les hypothétiques députés de «A gauche toute!»- iraient jusqu’à voter pour un autre candidat U.D.C., il répondait «nous sommes prêts à aller jusqu’à ça»!
Ainsi, à force de se concentrer sur les manières de Blocher plutôt que sur sa politique, quelle que soit la personne ou les forces qui l’incarnent, c’est à l’union sacrée, même pas contre, mais derrière l’U.D.C. qu’on se condamne. Avec Couchepin et Leuthard comme compagnons…■

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07/09/2007

Quand la RSR pose les questions...

Quand la RSR pose ses questions

P. Gilardi
Ce matin, 6 septembre, la RSR posait la question de savoir si «l’islam est soluble dans la démocratie». Autrement dit, elle interrogeait les auditeurs sur la compatibilité de la religion musulmane avec la «Démocratie». Un brin d’honnêteté intellectuelle et surtout de rigueur plaideraient pour qu’on parle d’une certaine conception de la démocratie, puisqu’il s’agit bien de celle sur laquelle se fondent par exemple les institutions helvétiques, celles des Etats Unis mais aussi l’Etat confessionnel israélien.
D’ailleurs, que l’on se pose la question de la «démocrato-comptabilité» de l’Islam mais jamais celle de l’Etat juif, suppose un a priori certain, mais passons…
Par contre, ne serait-il pas plus intéressant de renverser la question? Et de se demander si le modèle de démocratie occidentale est vraiment à même de répondre aux aspirations et besoins de cette humanité toute entière -dont font partie les plus de deux milliards de musulmans?

Mais poser la question en ces termes reviendrait à admettre, ne fût-ce pour l’intérêt de l’exercice, que d’autres modèles seraient à chercher plutôt que de prétendre que la culture et la religion des autres se dissolvent dans l’unique existant.

D’autant que c’est au nom de ce modèle, unique comme la pensée qui le sous-tend, qu’on mène les guerres. Et qu’on ne reconnaît pas les résultats des très démocratiques élections palestiniennes parce que c’est le Hamas qui les a gagnées…

Mais qu'importe, puisque c'est si démocratiquement que la RSR pose ses questions...■

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