19/06/2007

Au centre pour battre la droite?

S’allier au centre pour battre la droite?
Paolo Gilardi
Décidément, l’alliance avec le centre est à la mode. En rêvent les députés du PS Levraz et Berset qui publient un plaidoyer en faveur d’une alliance avec le PDC contre la «droitisation du Conseil Fédéral». H. J. Fehr, leur patron au PS, l’alliance il la propose aux radicaux. La souhaitent les socialistes français après le premier tour de Bayrou. La réalisent les ex communistes italiens en fondant, dans quelques mois le Parti démocrate avec Prodi et Rutelli, le leader de l’ancienne DC, la «démocratie chrétienne».
Devant l’hégémonie des valeurs de la droite, de la pensée libérale, face à des secteurs bourgeois décomplexés et agressifs -qui mangent au Fouquet’s et se reposent sur un yacht de 60 mètres-, contre la brutalité des méthodes blochériennes, contre l’hypothétique  «retour de Berlusconi», contre la poursuite d’une présidence républicaine aux USA, l’hypothèse d’un front commun avec le «centre humaniste et responsable» pourrait paraître raisonnable.
«Pourrait», car, à y regarder de manière un tant soit peu sérieuse, «humaniste», le centre l’est si peu sauf dans l’imaginaire des barons socialistes. Et ce n’est pas que moi qui le dis. Interviewée par la Radio suisse romande (Forum, dimanche 20 mai), la présidente des radicaux zurichois –ceux qui comptent, dans ce pays- a été on ne peut plus claire. «S’allier avec les Verts, fussent-ils «libéraux», et avec le PS ? Encore faudrait-il, a-t-elle rappelé, qu’il s’engagent à défendre les intérêts de l’économie privée…Mais comme pour eux ce n’est pas une priorité, les bourgeois doivent rester unis, y compris avec l’UDC». Quant au PS et aux Verts, ils savent ce qui leur reste à faire…
Moins agressifs que les radicaux zurichois -parce qu’ils ont a faire à des salariés moins dociles- le patronat italien et les centristes français, les accords, les convergences au centre, veulent bien les envisager. Mais à leurs conditions.
Ainsi, la fondation du parti démocrate en Italie se fait sur la base d’un projet de relance de l’accumulation du capital: au menu, de nouvelles privatisations, la destruction des législations sociales et des services publics. Elle se fait surtout avec une accentuation de la pression sur les alliés -la revoilà, l’alliance- du Parti de la refondation communiste pour qu’il accepte -ce qu’il s’est empressé de faire- le démantèlement du système des retraites, la rigueur budgétaire et la politique étrangère du gouvernement, celle qui envoie les soldats au Liban et en Afghanistan.
Il en va de même en France: les propositions de Bayrou -que la plupart de ses députés viennent de quitter pour rallier le nouveau maître de l’Elysée-, notamment en matière de  coupes des dépenses publiques, relèvent de la plus pure orthodoxie libérale. Une orthodoxie qui, au prétexte de la lutte contre la droite, n’est un obstacle ni pour Mme Royal, ni pour Strauss-Kahn ou encore Laurent Fabius…
Mais c’est au Etats-Unis que la politique du «centre pour battre les réactionnaires» donne toute sa mesure. Majoritaires tant au Sénat qu’à la Chambre des représentants, les démocrates n’ont pris aucune mesure pour obliger Bush à retirer les troupes comme le demandent les deux tiers des citoyens des Etats-Unis. Ils ont bien fait voter des motions en faveur du retrait, mais qui ne sont pas contraignantes; Bush peut s’asseoir dessus sans qu’elles déclenchent la crise qu’aurait impliquée le vote, constitutionnellement possible, d’une motion avec effet contraignant. C’est que, au moment où Bush ne dispose plus du soutien que de 28% de la population, c’est une crise politique que les démocrates veulent éviter.
Et c’est la raison pour laquelle leur proposition de retrait d’Irak est loin d’en être une. Le texte qu’ils ont adopté au Congrès n’établit pas de calendrier de retrait: il fixe au premier avril 2008 le retrait d’un premier contingent tout en sauvegardant «la possibilité de son redéploiement rapide en Irak». D’après l’agence étasunienne Inter Press Service, «la motion démocrate garantit la présence de dizaines de milliers de soldats étasuniens en Irak pendant des années».
Aux Etats-Unis, le mouvement anti-guerre a expérimenté les effets de sa subordination à l’impératif de battre Bush à tout prix. En 2004, en mettant une sourdine à ses critiques à  Kerry, il n’a pas empêché la réélection de Bush. Il a par contre affaibli sa capacité de mobilisation.

En se ralliant aux options bourgeoises sous prétexte de faire barrage à une droite plus dure, ce sont les besoins des salariés qu’on subordonne à ceux de la bourgeoisie; c’est dans les bras de Sarkozy, de Fini ou de Blocher qu’on finit par pousser de larges couches de travailleurs. C'est ainsi que, pour battre Blocher et permettre le refinancement de l'AI, les socialistes s'allient aux radicaux et aux démocrates-chrétiens pour proposer l'augmentation de la TVA. De grèver donc un peu plus le budget des ménages plutôt que d'aller prendre l'argent nécessaire là où il est, dans la masse salariale et de manière proportionnelle aux revenus.

Il en va de même pour une certaine gauche «extrême» qui accède désormais directement à la chambre des boutons à Genève: va-t-elle se couler dans le moule d’un gouvernement de coalition, celui dont le projet est la destruction des protections dont bénéficie le personnel de la Ville de Genève au risque de rejeter ce même personnel dans les bras du MCG?

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Retour sur le G8: pour la bonne marche des affaires

Retour sur le G8: pour la bonne marche des affaires…

Paolo GILARDI

Comme l’an passé, comme il y a deux ans, comme chaque année depuis 1975, les maîtres autoproclamés du monde, les chefs d’Etat et de gouvernement des sept pays les plus riches de la planète et qui représentent plus de 60% du Produit intérieur brut mondial -et auxquels on a bien voulu, realpolitik oblige, en associer un huitième, la Russie- ont fait leur show.
Et comme chaque année, le sommet s'est terminé par des déclarations tonitruantes, pétries de bonnes intentions, politiquement particulièrement correctes. Les années passées ce furent les grands engagements en faveur de la lutte contre le SIDA, pour la réduction de la pauvreté, pour l’allègement de la dette des pays les plus pauvres. Cette année, Angela Maerkel, hôte de la manifestation, l’a voulu: c'est dans la douleur que le G8 a brisé une lance en faveur de l’environnement.
Qu’importent les résultats…
Quant aux résultats de ces engagements, la progression de la pandémie de SIDA, l’approfondissement de la crise de la dette pour les pays les plus pauvres, le creusement des inégalités en disent long. Il en sera évidemment de même pour les mesures de protection de l’environnement et les risques de modification climatique. Car, comme le prétend le G7 –nous reviendrons plus loin sur la disparition du huitième larron- aucun de ces objectifs ne pourra être atteint «sans l’ouverture du commerce mondial». Le voilà, le véritable enjeu de ces rencontres de puissants «réunis autour de certaines valeurs universelles (…) et de l’économie de marché»!
Mais ce qui compte d’abord, c’est la tenue du sommet. Illégitime dans la mesure où il n’émane d’aucun accord international et encore moins d’aucune décision démocratique, le G8 exprime la volonté des nantis de cette terre, les économies dominantes, de l’affirmer publiquement, encore plus que le Forum économique de Davos, comme le véritable détenteur du pouvoir mondial. Qu’il soit par ailleurs protégé par un impressionnant dispositif policier et militaire –le plus important déployé en Allemagne depuis la chute du Troisième Reich- remplit deux fonctions particulièrement importantes.
D’abord, la protection armée des sommets est un message clair aux populations: il leur signifie le fait que les nantis sont prêts à défendre leur pouvoir et leur maîtrise des richesses, dût-ce se traduire par l’interdiction d’une partie de l’espace public –les zones rouges interdites d’accès-, par des mesures massives de répression et, même, par la mort d’opposants comme ce fut le cas à Gênes en 2001.
D’autre part, chaque cas de limitation des droits démocratiques à l’occasion d’un sommet du G8, a fait -et continue à faire- office de précédent en matière de suspension de certains droits élémentaires. Ainsi, le cas de Genève est particulièrement parlant: alors qu’aucune manifestation n’avait plus été interdite depuis la fin des années septante, que leur organisation n’était plus soumise à autorisation –mais simplement à annonce à la police par les organisateurs-, les interdictions survenues lors du G8 en 2003 créent un précédent en vertu duquel les manifestations doivent être autorisées par la police qui peut de nouveau interdire la tenue d’une manifestation, voire inculper les organisateurs en cas de «débordements».
Les vrais lieux de décision
Les résultats des sommets sont de peu de relief, voire secondaires par rapport aux vrais enjeux. Par contre, c’est dans l’ombre du G8 que déploie une intense activité une division subalterne, celle qu’on appelle le «G7-Finances» ou plus simplement «G7». Réunissant les ministres des finances des sept pays les plus riches -donc, sans la Russie, orthodoxie et sérieux budgétaires obligent-, ce cénacle bien moins médiatisé que son grand frère, se réunit plusieurs fois par an pour déterminer les politiques économiques et monétaires communes.
Moins tenu par le «politiquement correct» que le G8, le G7 prépare le terrain des décisions qui sont par la suite entérinées par les gouvernements des pays du G8. Ainsi ses suggestions sont claires. En matière de développement économique, c’est «l’élimination des entraves à l’investissement privé» que le G7 prône. De même, l’aide aux pays pauvres passe par «l’élimination des mesures de soutien aux exportations qui faussent le commerce dans le domaine de l’agriculture». Finies donc les aides gouvernementales aux petits paysans du Sud producteurs de coton ou de café, par exemple!
Et quand le G7 se penche sur une situation particulière, c’est aussi pour saluer des pays comme le Nigeria, présenté comme «la clé de la prospérité sur l’ensemble du continent africain». Comme le fait remarquer un document d’ATTAC-France, «que le taux de croissance par habitant de ce pays qui, selon le PNUD se situe à la 159ème rang mondial, ne soit, sur les dernières décennies que de 0,2% par an en moyenne ne semble pas émouvoir les maîtres du monde. Pas davantage d’ailleurs et entre autres, que plus du tiers des revenus soit accaparé par les 10% les plus riches de la population pendant que les 10% des plus pauvres doivent s’en disputer moins de 2%»…
Et c’est toujours le G7, fort sensible aux «graves questions de l’heure», qui attire l’attention des chefs d’Etat et de gouvernement sur le fait que «le niveau élevé et soutenu des prix de l’énergie est grandement préoccupant étant donné qu’il nuit à la croissance économique mondiale» ; c’est lui qui suggère au Fonds monétaire international et à la Banque mondiale de conditionner l’octroi de prêts aux pays pauvres par la reconversion de leur agriculture à la culture extensive de soja ou de palmes destinées à la production d’agro combustibles.
Ensemble en Asie Centrale
C’est parce que «valeurs universelles et économie de marché» sont peu compatibles avec le désordre, que la « libre entreprise» a besoin de conditions stables favorables aux affaires, que l’un des points abordés lors du sommet de Rostock mais peu médiatisés a été celui de la situation en Asie centrale. Le prouve l'invitation au sommet du président fantoche afghan Amir Karzaï et de son homologue pakistanais Pervez Musharraf.
C’est en effet dans cette région du monde que se joue la stabilité dont ont besoin les économies des huit pays les plus puissants du monde. C’est en Afghanistan que, après la rapide victoire étasunienne dans la guerre de 2001, les Etats-Unis sont en train de perdre une nouvelle guerre après celle déjà perdue en Irak. Le contrôle des champs pétrolifères du Sud du Caucase et de l’oléoduc censé convoyer le brut à travers l’Afghanistan, d’Asie Centrale vers la Méditerranée risque ainsi de devenir impossible.
Dès lors, il est de la première importance pour les puissantes économies des pays du G8 et qui figurent parmi les plus grands consommateurs de brut de la planète -les Etats-Unis, par exemple consomment un quart de la production mondiale totale- de trouver une issue à cette situation. L’invitation des deux compères, Karzaï et Musharraf répond à cette nécessité, et à plusieurs titres.
Elle fait d’abord de la situation en Asie centrale la préoccupation principale des pays du G8: le message est clair à l’attention des pays membres. Ainsi, l’Afghanistan n’est pas à comprendre comme une affaire strictement étasunienne, elle est l’affaire de tous les riches. Partant, c’est l’effort de guerre multilatéral qui doit être accru, y compris par la modification de la mission de l’ONU. C’est en effet cette dernière qui fournit encore aujourd’hui la légitimité «universelle» aux opérations militaires multilatérales menées sous commandement US par les troupes des pays de l’OTAN.
Le Pakistan aux avant postes
Ensuite, les discussions à Rostock impliquent directement le Pakistan dans la guerre afghane non seulement en raison de la géographie: son invitation au G8 fait de Musharraf une pièce bien plus impliquée qu’auparavant du dispositif en Afghanistan. Elle le pose devant ses responsabilités dans la lutte contre l’islamisme et en particulier contre les camps d’entraînement des Talibans au Pakistan.
Adoubé à Rostock comme co-responsable de la stabilité de la région, il aura dès lors carte blanche pour une intensification, au nom de la « guerre infinie contre le terrorisme», de la répression déjà en cours au Pakistan contre les mouvements populaires.
Avec la bénédiction des très démocratiques pays du G8…■

 

Le G8 en quelques mots
Le G8, le «groupe des huit pays les plus riches» est né sous le nom de G5 en 1975, après deux ans de contacts étroits des ministres des finances d’Allemagne, Etats-Unis, Japon, Royaume uni et France, à l’initiative du président français de l’époque et ancien ministre des finances, Valéry Giscard d’Estaing. Il est élargi en 1976 à l’Italie et au Canada. Il devient G8 en 1998 avec l’intégration de la Russie. Celle-ci ne participe cependant pas à la structure la plus opérative du G8, à savoir le «G7 finances» qui se réunit plusieurs fois par an.
Les pays du G8 représentent plus de 60% du PIB mondial. L’Inde et la Chine, 30% de la population mondiale, n’en font pas partie.

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