Quelques considérations d’un dimanche de votations (07/03/2021)

Il est à peine 15h45 et même si les résultats ne sont pas encore définitifs, je me permets quelques considérations.

 
 
Au plan national d’abord, si l’acceptation de l’initiative islamophobe de l’UDC par 51 ou 52% des voix devait se confirmer, il n’est pas inutile de rappeler que, par rapport à une initiative analogue interdisant la construction de minarets, le taux d’acceptation baisse de manière considérable, puisque, en novembre 2009, l’interdiction des minarets avait été acceptée par 57,5% des voix.

Ensuite, il est à relever que, il y a moins d’un mois, les sondages -de l’institut GFS, notamment- créditaient l’initiative anti-burka de 58% des voix. C’est le résultat de la campagne des collectifs féministes menée durant les dernières semaines et qui a eu le mérite de démontrer la nature profondément raciste, islamophobe et sexciste de l’initiative, et ceci malgré le ralliement à l’UDC de quelques femmes « de gôche » qui peuvent, hélas, se vanter aujourd’hui d’avoir fait pencher la balance du mauvais côté…

Et que le oui à la loi n’ait rien à voir avec le féminisme est paradoxalement prouvé par le résultat du Valais, champion toutes catégories en Suisse romande du soutien à l’interdiction, qui, le même jour élit un gouvernement strictement masculin…

Toujours sur le plan national, l’échec de peu du référendum contre l’accord de libre échange avec l’Indonésie montre une évolution en cours qui s’était déjà manifestée autour de l’initiative sur la responsabilité des multinationales. C’est, une fois encore dans les tergiversations d’une certaine « gôche », que doivent être recherchées les raisons de cette courte défaite.

Si, au lieu de s’en tenir à son sens des responsabilités gouvernementales, le Parti Socialiste Suisse avait dès le début fait campagne contre cet objet, la victoire aurait pu être à portée de main. Mais pour cela, il est indispensable, comme le disait jadis un triste comique, de « choisir son camp, camarade »…

Et que la victoire ait été à portée de … bulletin de vote est démontré par l’échec du projet de carte d’identité électronique -dont l’origine remonte au passage par le Département de Justice et Police de la ministre « socialiste » Sommaruga- balayé par le peuple.

Au plan local, genevois, il est d’abord à souligner que, après avoir voté en faveur du salaire minimum à 23 francs, le peuple a largement soutenu la loi d’indemnisation des victimes du COVID combattue par un référendum de la droite la plus rance.

C’est aussi le succès du mouvement syndical, et en particulier de sa faîtière, la Communauté genevoise d’action syndicale (CGAS) et de certaines de ses composantes, qui ont pris la responsabilité de mener unitairement une importante campagne de rue rendue difficile par les conditions sanitaires actuelles.

C’est la démonstration du fait que la résignation n’est pas de mise, bien au contraire !

Le refus massif du projet de parking de Rive en est la preuve ultérieure. Malgré les millions investis par les promoteurs dans une campagne destinée à leur rapporter par la suite de substantiels bénéfices, la mobilisation déterminée des habitantes et habitants de la ville et des quartiers concernés a permis de gagner.

Et enfin, la débandade subie par le PLR et son candidat, l’avocat Aellen -qui fût jadis l’un des responsables de la collaboration commerciale entre Genève et la Turquie de Erdogan- confirme le déclin historique de ce parti commencé durant la dernière décennie du siècle passé et ce malgré une mainmise certaine sur les organes dits d’information, notamment ceux du service public.

L’échec du PLR n’est pas seulement celui de Cyril Aellen, c’est celui de toute sa direction, désavouée aussi bien par une partie de sa base militante que par de pans entiers de son électorat traditionnel qui semblerait considérer insignifiantes les différences entre un imposteur avoué et condamné et le marigot des affaires dans lequel s’ébattent quotidiennement les chefaillons du parti, de respectables personnalités souvent bardées de patronymes à particule…

La question qui se pose désormais est la suivante : est-ce que, afin de barrer la route à une écologiste qui se fait forte de vouloir recréer la confiance dans les institutions (comme si c’était pour cela que les gens l’ont votée…) le parti des banquiers genevois -la paternité de la définition en vient à un conseiller national PLR genevois- va-t-il choisir de voter en faveur d’un candidat de droite condamné par les tribunaux il y a moins de deux semaines, un candidat qu’ils ont eux-mêmes chassé il y a quelques mois seulement ?

En somme, entre une Verte inconsistante et un repris de justice, pour qui vont-ils voter ?

A moins de vouloir assumer la responsabilité de l’éclatement de la droite genevoise en soutenant un autre candidat, ce qui, en termes de crise historique du PLR, ne va certainement pas éclaircir l’horizon…

Décidément, les temps sont dur pour le PLR ! Et on s’en réjouit…

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