Les armes ne sont pas la solution : elles font partie du problème ! (06/03/2022)

Il n’est pas mon intention dans ce billet de redire la responsabilité -ou plutôt l’irresponsabilité- absolue de Vladimir Poutine dans l’agression contre l’Ukraine. Ni de souligner la nécessité urgente de lui imposer, tout comme à ses suppôts, les oligarques, des sanctions qui les obligent à reculer. Et encore moins d’insister sur le retrait immédiat et sans conditions des troupes d’occupation de tout le territoire de l’Ukraine, Donbass et Crimée inclues.

Je n’ai pas l’intention non plus de m’étendre sur la mansuétude des chancelleries occidentales dont a bénéficié l’aspirant tsar. De l’invasion de la Tchétchénie -où il voulait « traquer le dernier des tchétchènes jusque dans les chiottes » (sic)- jusqu’à l’annexion de la Crimée en 2014 et à l’intervention en Syrie -où son aviation, en bombardant les villes, procédait à une sorte de répétition générale de ce qu’elle est en train d’accomplir aujourd’hui à Marioupol et peut-être demain à Kiev- Poutine n’a pu que croire à l’impunité que les Occidentaux lui laissaient entrevoir.

Aujourd’hui, après en avoir été les complices, ne serait-ce par négligence, ce sont ces mêmes chancelleries qui se saisissent de l’agression russe pour exiger une relance massive du réarmement. Comme si les armes, nucléaires ou conventionnelles qu’elles soient, étaient une solution alors qu’elles sont partie, et pas la moindre, du problème.

Tout récemment, c’est le gouvernement allemand qui a annoncé vouloir augmenter ses dépenses militaires de l’équivalent de deux points de son Produit intérieur brut. Pour un PIB de quelques 2500 milliards d’euros, l’augmentation des dépenses militaires reviendrait à ... 50 milliards d’euros.
En Suisse, tant l’UDC que le PLR plaident pour l’augmentation des effectifs -et des coûts- de l’armée, tandis que Mme Amherd intime au GSsA de retirer son initiative contre les avions de combat.

S’il s’agit, dans le cas de l’Allemagne dont la démilitarisation avait été imposée après la victoire sur le nazi-fascisme, d’un élément de rupture fondamentale avec un acquis du 20ème siècle, cette relance partout de la course aux armements est des plus inquiétantes. Elle expose la planète à des risques majeurs de déflagration généralisée que les "exploits" de Vladimir Poutine préfigurent.

Est-ce vraiment raisonnable de doter les Etats d’arsenaux impressionnants alors qu’en vertu d'aléas, électoraux ou moins, des autocrates irresponsables -que l’on pense à celui qui a téléguidé l’assaut contre le Capitole à Washington le 6 janvier 2021, ou à certain.e.s prétendant.e.s à la présidence de la République en France- pourraient, à l'instar d'un Poutine, se retrouver maîtres d’outils de destruction de masse? Poser la question, c’est y répondre.

Quant à ces milliards, ils seront forcément soustraits aux budgets des Etats, les privant des moyens nécessaires pour les politiques sociales -avec une crise économique structurelle et non pas passagère-, pour la politique de coopération au développement, pour financer la nécessaire transition climatique avant que ce ne soit trop tard ainsi que nous le dit le dernier rapport du GIEC...

C’est pour permettre un développement solidaire au lieu de nous aventurer vers ce qui pourrait amener à la disparition pure et simple de la vie sur cette planète que les 50 milliards d’euros supplémentaires de l’Allemagne tout comme les autres milliards -768 pour les USA, 210 pour la Chine, …- dépensés par les Etats sont nécessaires et urgents.

Au début des années 1980, c’est en descendant massivement dans la rue nous avions forcé les deux superpuissances de l’époque à désarmer, en partie du moins.
C’est cette voie, celle de la rue, qui s’impose aujourd’hui, pour bouter Poutine hors d’Ukraine et pour bloquer les velléités de réarmement de ceux qui nous gouvernent.

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