Greta, mais pas trop!

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C'est ce que semble penser notre brave Département de l'Instruction Publique. Tout en se disant "sensible aux préoccupations climatiques que relaient les jeunes", une courrier récent des directions de l'enseignement, obligatoire et secondaire, aux parents d'élèves semble vouloir "siffler la fin de la récré"...

En effet, après avoir rappelé que ce vendredi, à l'occasion de la grève pour le climat, "les cours sont maintenus" et que "aucune activité dédiée [à la problématique climatique] ne sera organisée dans les locaux scolaires le matin", la missive envoyée à des milliers de parents d'élèves rappelle que "aucune absence pour motif de "grève du climat" ne sera acceptée sans une lettre d'excuse", ce qui peut encore faire sens.

Par contre, en rappelant que "la matière enseignée ce jour-là fait partie intégrante du programme" et qu'elle peut "faire partie d'une évaluation par la suite" et en ajoutant que "en cas d'évaluation [ce vendredi], la présence est obligatoire" et que "le règlement s'appliquera en cas d'absence (note de 1)", les directions de l'enseignement font preuve d'une rigidité sans égales.

Par le passé, en cas de mouvements de grève dans l'enseignement par exemple, les directives données cherchaient à éviter que les élèves qui se solidariseraient avec l'accord de leurs parents avec leurs enseignant.e.s ne seraient pas sanctionnés, qu'il n'y aurait pas d'évaluations les jours de grève et que les éventuelles heures de cours ne soient consacrées qu'à la révision et non pas à l'enseignement de notions nouvelles. Mais c'était, dira-t-on, le bon temps.

Aujourd'hui, alors que la jeune Greta demande aux puissants de la planète de faire le nécessaire pour qu'elle n'ait "pas besoin de faire grève tous les vendredis", c'est de manière radicale que les autorités scolaires lui répondent: en créant les conditions pour que la grève de vendredi devienne impossible à assumer pour de nombreux élèves.

A croire que la mission de l'école, censée entre autres éduquer à l'esprit critique et former les citoyens de demain, définie à l'époque d'André Chavanne n'a plus cours dans le DIP de Mme Emery-Torracinta...

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Commentaires

  • Si le mouvement est suffisamment suivi, la directive et les consignes qu'elle donne ne vaudront pas un pet de lapin. Aux jeunes se savoir s'organiser face à ce qui est un coup de force digne d'un Etat autoritaire. Si les élèves sont excusés par les parents, les directions n'ont aucun moyen de sanction. Je voudrais voir ce que donnerait un cas pris en charge par un avocat si une sanction était quand même prise. Bref, une mesure d'intimidation.

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