C'est à cette "normale", qu'il ne faudra surtout pas revenir...

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En 2019, de la Sibérie à l’Australie en passant par l’Amazonie, la planète était en feu.
En 2020, un tiers de ses habitants sont confinés, privés de relations sociales et une pandémie sans précédents nous expose à de graves dangers.

En moins d’une année, la démonstration est en train d’être faite de la manière la plus tragique : le capitalisme est un système qui épuise les humains et la nature !

 

 

C’est au nom de la recherche constante du profit, des dividendes à verser aux actionnaires, que l’équilibre de la planète a été modifié de manière peut-être irrémédiable ; c’est un système de production généralisée de marchandises qui a accéléré le réchauffement climatique, qui provoque désastres et sécheresses.

C’est au nom de la rentabilité, du droit des capitalistes de valoriser leurs capitaux, que la production de marchandises s’est spécialisée dans différentes parties du monde, que le marché de la main-d’œuvre s’est mondialisé afin de permettre la « réduction des coûts du travail » et la concentration des richesses dans les mains d’une infime minorité.

C’est une économie extractiviste qui rapporte des milliards aux grandes multinationales qui est responsable d’une consommation débridée, basée sur les énergies fossiles, hautement polluante.

Et c’est sous prétexte de protection des populations locales que les dispositifs aux frontières ont été renforcés contre l’arrivée de victimes des guerres et de la misère ; c’est la fermeture des frontières des Etats les plus riches qui porte la responsabilité des morts en Méditerranée, le long du Rio Grande, au large de l’Australie.

C’est au nom de la rigueur budgétaire que l’entretien des systèmes de protection sanitaire ont été largement négligés, au moment même où ce sont les systèmes de défenses militaires qu’on a continué à développer à coups de milliards saisis dans le trésor public pour être versés dans les poches des actionnaires de l’industrie d’armement.

Aujourd’hui, en pleine pandémie, c’est encore une majorité des habitants de la planète qui est appelée à en assumer les coûts.

Il s’agit d’abord des populations pauvres et déshéritées, celles des favelas, des bidonvilles en Inde, en Afrique, les déportés des guerres, parmi lesquelles la notion de « confinement » est des plus abstraites.

Mais ce sont aussi les travailleuses et travailleurs du secteur informel, précaires, qui du Sud de l’Italie aux Etats Unis en passant par les mégapoles d’Amérique latine et d’Asie, qui, compte tenu de l’arrêt de l’activité économique se retrouvent sans ressources, sans moyens de se nourrir, de se soigner.

Ce sont les femmes, sur lesquelles retombe plus de 80% du travail dit de « care », de soin aux proches et d’entretien domestique, qui sont appelées à prendre en charge ce que les pouvoirs publics n’assurent plus en période de confinement, de fermeture des écoles et des structures d’accueil de la petite enfance.

C’est la santé des gens, en particulier celle des jeunes générations, des enfants, que les propriétaires des capitaux et les politiciens à leur solde sont prêts à mettre en jeu au nom de la relance de l’activité productive ; ce sont des droits sociaux acquis de longue lutte -limitation du temps de travail, salaires, durée de la journée de travail,…- qu’ils envisagent de supprimer au nom de la relance, du « retour à la normale ».

Depuis son avènement, le capitalisme a plus contribué à changer le cours de l’histoire du monde que tout autre système qui l’a précédé.

Aujourd’hui, ses limites, économiques, sociales, sociétales, environnementales, tout simplement humaines sont évidentes.

Avant l’apparition de la pandémie, du Chili au Yemen, de l'Iran à l’Algérie, de la France à Hong Kong, de Bagdad à Chicago, c’est par centaines de milliers, par millions, que les gens occupaient les rues et les places pour dénoncer les ravages sociaux imposés par le capitalisme.

Avant l’apparition de la pandémie, c’est par centaines de milliers, voire des millions, que des jeunes et moins jeunes tenaient le pavé pour affirmer leur droit à l’avenir, à une planète sur laquelle on puisse vivre.

C’est la « normalité » capitaliste que contestaient aussi bien les insurrections populaires que les mobilisations pour le climat ! C’est à cette « normale » qu’il ne faudra surtout pas revenir.

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