Insoumis, toujours! - Page 5

  • Elections judiciaires

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    Contre l’ordre à Jornot !

     

    Spécificité genevoise, le 18 avril, électeurs et électrices sont appelé.e.s à élire pour cinq ans le procureur général (PG). C’est la présentation par Ensemble à gauche de Pierre Bayenet qui empêche la réélection tacite du libéral radical Olivier Jornot en charge depuis 2011.

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  • 12'000, et après?

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    C’est pour «Une suisse ouverte et solidaire» que Verts, Parti socialiste et Union syndicale suisse ont mis dans la rue, samedi passé, quelques 12'000 personnes, d’après leur comptage.

    Sauf que, au-delà des bons sentiments, les contours de tant de solidarité et d’ouverture avaient de la peine à se dessiner autrement que sous les traits de ce qu’une partie des couches populaires ont rejeté le 9 février, les accords bilatéraux.

    A preuve, le fait que la revendication qui pourrait être en mesure de répondre aux craintes des couches populaires en matière de sous-enchère salariale et sociale, «pour une réelle protection des salaires et des conditions de travail», figurait en … 6ème position, bien loin des incantations «antiracistes» et «anti-xénophobes» au premier plan de l’appel à manifester.

    Incantations. Le terme s’impose, car sans mesures d’accompagnement salariales et sociales, l’invocation de «l’ouverture au monde» ne peut, au mieux, qu’être inefficace et, au pire, stigmatiser les classes populaires qui ont peur.

    Est-ce au nom de «l’antiracisme» qu’il faut accepter la sous-enchère salariale? Qu’il faut subir l’explosion de l’armée industrielle de réserve, pour reprendre une catégorie marxiste, du nombre de demandeurs d’emploi résultant d’une ouverture des frontières sans véritables mesures d’accompagnement? Poser la question, c’est y répondre…

    Une étude officielle explique que c’est dans les quartiers populaires de Zürich que le basculement massif contre les accords bilatéraux a eu lieu, pas dans le centre ni sur la huppée Goldene Küste, au bord du lac. A cette inquiétude, les incantations antiracistes n’apporteront aucune réponse.

    Pourtant, après le vote du 9 février les conditions restent réunies pour exiger autre chose. Alors que le gouvernement s’empresse de mettre un terme aux négociations avec la Croatie et que le grand patronat suisse craint pour son accès aux marchés européens, le moment pourrait être propice pour obtenir les mesures d’accompagnement dont le patronat ne veut pas.

    Après le 9 février, ce n’est qu’en accordant des avancées sociales significatives qu’il pourrait retrouver une marge de manœuvre vers l’Europe. Veulent-ils des accords avec la Croatie ? Des contingents élevés à Genève, Bâle ou Lausanne? Chiche, à condition qu’ils nous accordent 4000 francs de salaire minimum, une protection contre les licenciements, la réduction des horaires, l’extension des CCT et des centaines d’inspecteurs du travail!

     

    Par leur profession de foi sans contenus sociaux, les directions des Verts, du PSS et de l’Union syndicale suisse font exactement le contraire de ce qu’il faudrait. A l’heure où Johann Schneider, le ministre de l’économie qui a «optimisé» l’imposition fiscale de l’empire industriel de son épouse, Madame Amman, lance la campagne contre le salaire minimum, le signal donné samedi passé par l’USS est prélude de nouvelles défaites.

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  • Aéroport: pas sur le dos des riverains et de celles et ceux qui y travaillent

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    Après celle, victorieuse, du personnel de Swissport en 2010 et celle, durée plus de 180 jours, chez ISS il y a trois ans, la grève d’une partie du personnel de Gate Gourmet, entamée le 14 septembre, remet l’aéroport international de Genève sous les feux de la rampe. Et pour cause!

    Aujourd’hui, Cointrin fait figure de pièce maîtresse d’un projet de développement économique, celui souhaité par les banquiers, financiers et industriels de tout l’arc lémanique et au- delà.

    Que ce soit en termes de gestion de fortunes off shore, de capacité de séduire les compagnies de négoce -c’est en Suisse qu’on négocie plus d’un cinquième des matières premières vendues et achetées dans le monde-, ou encore pour que les entreprises de biotech qui se développent autour de l’EPFL puissent avoir accès aux marchés internationaux, pour les élites en Suisse romande, le développement de l’aéroport est incontournable.

    Il s’agit en premier lieu d’attirer des compagnies d’aviation -celles qui «montent» à l’exemple de Turkish Airlines- qui assurent des liaisons directes, sans devoir passer par les grands hubs, avec des pôles économiques en Europe et au Moyen Orient, mais aussi en Amérique du Nord. 

    L’augmentation du volume de passagers -14 millions en 2013, un record- est la résultante première de cette stratégie. Sa poursuite ne pourra se traduire que par une augmentation des vols et un accroissement notable des nuisances, autant sonores -pour la population de la deuxième ville du canton, Vernier- qu’atmosphériques. 

    Parallèlement, c’est l’agrandissement des pistes que les patrons et les banquiers réclament, ce qui ne ferait qu’accentuer les nuisances tout en bétonnant des espaces verts. C’est pour cette raison que les médias se sont empressés de frapper du sceau du crime de lèse patrie toute tentative d’organiser l’opposition à l’extension de la piste.

    Et pour être vraiment sûr des avantages concurrentiels de Cointrin, c’est une course à la baisse des conditions de travail qui est engagée à travers la multiplication des dénonciations des conventions collectives de travail dans les nombreuses entreprises opérant à Cointrin.

    Après Gate Gourmet qui avait licencié tout son personnel pour le réengager à des conditions salariales et sociales inférieures, c’est désormais SR Technics qui vient de dénoncer la CCT pour fin juin alorsque des rumeurs de mesures analogues chez Swissport commencent à circuler. 

    C’est clairement au mépris de l’environnement et sur le dos des populations riveraines de l’aéroport et des milliers de personnes qui y travaillent que le «miracle économique de l’arc lémanique» se fait déjà et veut se poursuivre.

    Dès lors, batailles pour l’environnement, luttes contre les nuisances et pour le cadre de vie et défensedes conditions de travail sont des facettes complémentaires du même combat.

     

    Un combat qu'associations de riverains et de protection de l'environnement, syndicats et gauche politique se doivent de mener ensemble, pour un développement de la région en fonction de la satisfaction des besoins de la majorité de la population, pas ceux des actionnaires.

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  • Fini, Stauffer?

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    Avec ses allures de John Wayne de sous-préfecture, le fondateur et président ad aeternam du MCG est arrivé bon dernier dans la course au Conseil d’Etat, derrière même l’astre montant de l’UDC genevoise, la (vraie) blonde  Amaudruz…

    Un looser, l’homme au flingue? Que nenni, hélas! Car, indépendamment de ses échecs électoraux -c’est la troisième fois qu’il se plante dans la course au gouvernement-, le gominé d’Onex a à son actif ce qu’aucun leader de la gauche -ou de sa gauche- pourrait revendiquer: il a imposé les termes du débat politique à Genève. Excusez du peu.

    Avec son effronterie mielleuse de bad boy de banlieue pavillonnaire, il clame haut et fort dans Le Temps: «je suis un faiseur de princes» (12.11.2013). Cela fait rire Vigousse. A tort, car, si on est débarrassé -peut-être- du candidat Stauffer, de ses idées nauséabondes, on ne l’est pas. Et pour un bout de temps, hélas...

    Il donne le ton

    A son image, son parti n’a jamais réussi, comme le font fièrement remarquer des députés de «gauche», à faire passer un seul projet de loi. Ils peuvent se vanter, eux, dont les seuls projets qui ont été acceptés l’ont été avec les voix de la droite. Stauffer, lui, tout comme le MCG, n’a pas besoin de majorités parlementaires pour donner le ton, le sien.

    Ses fanfaronnades de shérif «capable en 80 jours de débarrasser Genève de la racaille qui pollue la vie» (Le Temps, 25.5.2012) ne sont pas que rassurante musique aux oreilles de la gent policière, premier bassin de recrutement historique du MCG. Son discours sur «l’insécurité» sert de légitimation tout autant à la bride lâchée par les PLR Maudet et Jornod sur le cou des patrouilles de police, qu’à l’installation de caméras de surveillance dont Stauffer est le fervent défenseur -sauf en matière d’infractions à la circulation routière…- ou encore à la chasse aux joueurs de bonneteau et aux Rom’s.

    C’est la dénonciation de la figure sociale du «frontalier» coupable de tous les maux de la république qui a amené le gouvernement à prendre des mesures de «préférence cantonale» en matière d‘embauche. C’est cette dénonciation qui sert à stigmatiser une part non négligeable des salarié.e.s de Genève que les slogans du MCG appellent à «éradiquer», à diviser celles et ceux qui n’ont que leur travail pour vivre.

    Car la méthode Stauffer consiste à créer le rapport de forces social d’abord, à faire valoir une sorte de «bon sens populaire» pour mettre la pression sur les pouvoirs publics par la suite. C’est ainsi que son parti a animé un «conseil municipal populaire» dans la Brasserie du Lignon, dans un quartier très populaire. Stauffer et les siens, n’y ont pas galvaudé l’occasion de donner des exutoires au mal-être des gens: trop d’impôts, de laxisme, de frontaliers

    Comme ils n’ont pas manqué une occasion de montrer du doigt une gôche qui a déserté les brasseries populaires au profit du parlement et des conseils d’administration des régies publiques. C’est lui, Stauffer, «l’employé du peuple», qui a dénoncé la rémunération stratosphérique du président socialiste du Conseil d’administration des Services industriels. Ce qui ne l’empêche nullement de s’octroyer une substantielle hausse de salaire en tant que maire de la Ville d’Onex, ni de vitupérer, dans des blogs à la syntaxe approximative et à l’orthographe bancale, «les ennemis de Genève […] de la sécurité dans nos rues, de l’économie, des économies » que sont «les partisans de l’initiative 1 :12».

    Genève, terre d’accueil des… sociétés internationales

    C’est lui qui écrit aussi sur son blog que «les citoyennes/citoyens qui l’aiment doivent se mobiliser pour que notre Cité reste un lieu dans lequel les sociétés internationales, les organisations internationales et tous les autres décideurs mondiaux ne se mettent pas à fuir à cause de l’insécurité et de tout autre facteur… ».

    Une légitimation, de nouveau, de la politique sécuritaire mais aussi de la faible imposition des sociétés et de la réduction du «pouvoir de nuisance» des syndicats, notamment à l’aéroport, ce lieu que Stauffer veut équiper de «200 à 300 containers» permettant d’incarcérer les «faux réfugiés» et autres «criminels récidivistes» (Le Temps, 25.5.2012)

    Sur un terrain déserté

    C’est en 2005 qu’il a fondé son parti, à l’occasion de la 2ème votation sur les bilatérales. Au moment où, une gauche en pâmoison devant le «progrès de Civilisation» représenté par la «libre» circulation faisait preuve d‘un immense mépris face aux craintes populaires de dumping salarial. C’est sur ce mépris, que le John Wayne d’Onex a su construire son succès.

    C’est sur ce terrain, déserté, qu’il faut lui disputer l’écoute des couches populaires.

    Paolo Gilardi

     

     

     

     

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  • Le Reichstag serait-il sur le point de brûler?

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    La progression du MCG lors des élections genevoises a de quoi inquiéter. Tout comme celle du Front national dans les intentions de vote en France, sans parler des performances de l’Aube dorée en Grèce ou du mouvement Jobbik en Hongrie.

    En sommes-nous pour autant à la veille du fascisme en Europe? Le Reichstag serait-il sur le point de brûler? La question est souvent posée, traçant des parallèles entre 1929 et la montée des fascismes d’une part, et la crise actuelle et les dangers qu’elle comporte, de l’autre.

    Si tel était le cas, la tâche qui en découlerait serait l’organisation d’un large front antifasciste incluant aussi des partis bourgeois. Une large alliance, celle des «démocrates» -du PLR à la «gauche»- contre les «populismes»: la sirène en tente plus d’un.e, d’autant qu’elle a déjà été proposée pour faire face à l’UDC.

    Pourtant, nous n’en sommes pas là. Au-delà du fait que l’UDC n’est pas le FN, que le MCG n’est pas l’Aube dorée, même si c’est une logique fascisante qu’il développe, il n’est pas un seul pays d’Europe dans lequel la bourgeoisie aurait besoin du fascisme pour assurer sa domination de classe. En Suisse encore moins…

    Ceci étant dit, il s’agit cependant de ne pas sous-estimer la capacité de nuisance de la droite extrême. Par sa présence et son implantation devenue durable dans des couches populaires atomisées ou petites bourgeoises désorientées, le MCG donne le ton. Et fournit, clés en main, un semblant de cohérence, d’explication au malaise social.

    Cette cohérence n’est pas que celle du bouc émissaire: en stigmatisant «le frontalier profiteur de notre bien-être», ce sont les «profiteurs de l’AI et de l’assurance chômage» que l’on pointe avant de s’en prendre à ces mêmes assurances. Tout comme fustiger les manquements des autorités en matière de «sécurité», sert de base à la remise en cause de droits fondamentaux, en matière pénale et de détention, notamment.

    C’est une approche autoritaire qu’ils imposent dans le débat politique et qui se révèle fonctionnelle en période d’économies budgétaires: c’est le retour «de l’autorité» à l’école qui doit permettre la prise en charge de classes aux effectifs de plus en plus nombreux, c’est la prison qui doit répondre à la marginalisation d’une part de la jeunesse…

    C’est avec cette approche qu’ils ont labouré en profondeur les quartiers où l’insécurité sociale et les transformations sociétales bouleversent le quotidien et l’imaginaire des stables de jadis, cols blancs ou bleus qu’ils furent. Cela pèse sur le débat public, en fixe les contours et divise les salarié.e.s. et les laissé.e.s pour compte.

     

    C’est pourquoi ce sont les lieux de travail et les quartiers populaires qu’il faut réinvestir pour proposer d’autres combats, pour l’emploi, le logement, les droits sociaux…, pas juste pour demander aux gens de se réveiller une fois tous les quatre ans pour aller voter -pour la gauche, comme de bien entendu…

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  • C'est con, c'est nul et ça marche...

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    «C’est à cause des frontaliers que les loyers sont trop chers à Genève!». Monument d’absurdité -le frontalier habite … ailleurs-, l’affirmation a été lâchée par un élu du Mouvement citoyen genevois sur les ondes de la radio romande. Sans, d’ailleurs, que l’officiant de service, le journaliste, en relève l’incongruité…

    C’est con, c’est nul, et ça marche. Une simple tournée des cafés, au Lignon, à Onex, à Carouge et même aux Pâquis suffit pour s’en convaincre. Une ville asphyxiée par les voitures? La faute aux frontaliers, assénera le quidam qui, par ailleurs vous proposera de signer le référendum contre le financement de parkings d’échange en France permettant aux frontaliers de venir en bus…

    Responsables de tout, les frontaliers! Avec les rom’s qui dorment sous les ponts, les africains «dealers de coke» -qui comptent certains bons Citoyens Genevois parmi leurs clients- et avec la … «gauche permissive», telle que se plaît à la définir le gominé du MCG!

    Par ses imprécations, par son style, le MCG a su fixer l’agenda politique. Il a récupéré le fonds de commerce d’une droite fascisante -et populaire- qui a toujours existé à Genève, de l’Union de défense économique des années 1930 au parti Vigilance. Mais il a surtout su offrir un bouc émissaire aux frustrations sociales des couches populaires.

    Pour ce faire, il profite du vide laissé par une «gauche» qui n’a plus de tel que le nom. Car, lorsque c’est un conseiller fédéral socialiste qui veut élever l’âge de la retraite et plie devant les exigences des assureurs maladie, quand ce sont des ministres PS et Verts qui coupent dans la santé, l’éducation et les prestations sociales, comment croire en la «gauche»?

    Qu’attendre d’elle, lorsque une commune qu’elle dirige, celle de Carouge, externalise une partie de ses services de voirie à une entreprise qui pratique des conditions de travail qui n’ont rien à envier au monde carcéral et contre lesquelles le personnel est en grève depuis plus d’un mois?

    Lorsque le mouvement syndical et la «gauche», comme à Neuchâtel, acceptent l’ouverture prolongée des magasins, que reste-t-il comme espoir aux gens? Aux victimes de la crise, à ces gens qui perdent tout repère? A défaut d’apprendre à se battre, tous ensemble, en tant que salarié.e.s, c’est sur le frontalier qu’on déversera sa rage…

    Et qu’attendre de cette «autre gauche» qui, au moment des élections, fait alliance avec la «gauche» de gouvernement? Elle retrouvera des sièges et, peut-être pourra, à brève échéance, piquer des voix à ses alliés, Verts et Socialistes; sur le long terme cependant, sans rompre avec eux, elle sombrera avec.

     

    Une évidence s’impose: ce n’est pas d’une gauche de compromis et de gouvernement que les classes populaires ont besoin pour ne pas finir dans les bras des Dux gominés, mais d’une nouvelle gauche, qui retourne vers les lieux de travail, en totale rupture avec l’ancienne…

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  • Vive l'Etat svelte

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    Il n’y a pas que le toit et les plafonds qui se désagrègent au Cycle d’Orientation du Renard ainsi que le rapporte régulièrement la Tribune suite aux alertes du groupe d’enseignants du SSP et de l’Association des parents d’élèves.

    C’est l’école elle-même, celle qui est censée former les nouvelles générations, qui commence à tomber en ruine.

    Cela est dû à la décision récente du Conseil d’Etat de ne pas remplacer les membres absents du personnel administratif et technique de ne pas repourvoir pendant six mois les postes occupés par ceux d’entre eux qui partent à la retraite anticipée.

    Ainsi, au CO du Renard, le secrétariat fermera dorénavant une demi-heure plus tôt aussi bien le matin que l’après-midi, même si des cours se poursuivent jusqu’à 12 h. ou jusqu’à 17h.

    Quant à l’économat, il n’est momentanément ouvert que … pendant les grandes récréations, la magasinière comptable étant appelée à remplacer une secrétaire malade.

    Et pour ce qui est de la bibliothèque, c’est encore plus simple: elle risque d’être fermée toute l’année. Malade, la seule bibliothécaire risque d’être absente une longue période avant son départ à la retraite, fin décembre. Et comme on ne repourvoit pas les postes pendant six mois…

    Mais, comme tout-le-monde le sait, dans une école, un secrétariat, un économat et une bibliothèque c’est du superflu…

     

    Ca doit être ça, l’Etat svelte si cher au PLR, cet Etat qui ne devrait pas coûter en impôts aux grandes entreprises, aux banques et aux millionnaires…

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  • Services publics: TiSA, le nouvel AMI ?

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    A la fin des années 1990, il y avait eu l’AMI, l’accord multilatéral sur les investissements. Négocié en secret par 29 pays, il avait été abandonné dès que son existence fut portée à connaissance des populations. Car, comme l’avait dit alors Suzan George,  «l'AMI est comme Dracula : il meurt à être exposé en plein jour». En ira-t-il de même pour TiSA ?

    Connu sous son acronyme anglais TiSA, l’accord sur le commerce des services est actuellement négocié en secret par 27 Etats, dont la Suisse, dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce, l’OMC.

    La négociation a commencé en 2012 lorsque, ainsi que l’écrit le gouvernement canadien, «certains membres de l’OMC partageant un intérêt marqué à l’égard des services ont entamé des discussions sur de nouvelles approches visant à faire progresser la libéralisation du commerce des services».

    Méfie-toi de tes amis, surtout des bons…

    Autoproclamés VBA, pour «vrais bons amis» [des services], ce sont 27 pays, dont les Etats-Unis, la Suisse, l’Australie, le Canada et l’Union européenne qui, depuis, planchent sur un accord qui ne serait pas, toujours selon le gouvernement canadien «un simple accord entre Etats contractants, mais une partie intégrante du système OMC».

    Or, actuellement, l’ouverture des services à la concurrence, donc au marché, est réglée par l’accord général sur le commerce des services, l’AGCS, adopté en marge de la fondation de l’Organisation mondiale du commerce, l’OMC, en 1994. Il prévoit que certains services comme l'éducation, la santé et la couverture sociale de base ne soient pas soumis aux règles de libéralisation qui s’appliquent, par exemple, au trafic maritime ou aérien.

    C’est ce qui n’a pas l’air de plaire aux VBA pour qui «il faut promouvoir le libre échange des services» c'est-à-dire les ouvrir au marché. Ainsi, d’après ce que dénonce l’Internationale des services publics qui a révélé l’existence de ces négociations, ce sont les règles d’ouverture au marché que le nouvel accord modifierait.

    Ainsi, il propose d’une part une nouvelle norme. Alors que, d’après l’AGCS, étaient exclus de la libéralisation les «services fournis dans l’exercice de l’autorité gouvernementale», TiSA se veut un accord qui «n’exclut d’emblée aucun secteur des services». Dans ce but, il établit que peuvent être ouverts à la concurrence les services dans lesquels existent déjà, en marge du secteur public «des prestations gratuites et des services privés».

    Ce qui signifie tout simplement que aussi bien le secteur de la santé que celui de l’éducation échapperaient aux exceptions actuellement garanties par l’AGCS dans la mesure où, dans un secteur comme dans l’autre, existent déjà des prestations gratuites et des structures -écoles, cliniques- privées.

    Changer les règles du jeu

    Dès lors, les Etats seraient tenus d’observer une «neutralité concurrentielle», ce qui signifie que les pouvoirs publics, les gouvernements, ne pourraient en aucun cas privilégier les services publics. Ce qui imposerait, par exemple, un financement des écoles et cliniques privées à la hauteur de celui du secteur public…

    Il en irait de même pour ce que les VBA appellent les «mouvements temporaires de personnes naturelles», à savoir les mouvements migratoires de travailleurs actuellement encadrés par les règles de l’OIT, l’organisation internationale du travail et qui seraient confiées à l’OMC.

    Véritable programme de main basse sur les services publics -et donc sur les besoins de la population- TiSA est négociée en toute discrétion, à l’abri du regard des Parlements et, à fortiori, des populations. C’est ce que la sénatrice démocrate étasunienne Elizabeth Warren dénonce comme une tentative «d’effectuer discrètement, par l’intermédiaire d’accords commerciaux, ce qui ne peut être accompli publiquement, au vu et au su de tous» (bloomberg news, 23.05.2013).

    C’est pour cela que les autorités, y compris les gouvernements doivent être interpellées publiquement sur leur implication dans ce plan de bataille contre le bien commun. A travers, par exemple, la mobilisation lors du sommet de l’OMC prévu  Bali du 3 au 6 décembre prochain.

    L’occasion de voir syndicats et mouvements devant le bâtiment de cette institution à Genève début décembre pour que, à l’instar de l’AMI, TiSA s’éteigne aussi à la lumière du soleil?

    En attendant, il faut exiger du Conseil fédéral, et en particulier de la part des deux ministres PLR en charge du dossier, Burkhalter et Schneider-Amman, le retrait de la Suisse de ce si mal nommé groupe des «vrais bons amis».

     

    Paolo Gilardi 

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  • Services publics: TiSA, le nouvel AMI ?

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    A la fin des années 1990, il y avait eu l’AMI, l’accord multilatéral sur les investissements. Négocié en secret par 29 pays, il avait été abandonné dès que son existence fut portée à connaissance des populations. Car, comme l’avait dit alors Suzan George,  «l'AMI est comme Dracula : il meurt à être exposé en plein jour». En ira-t-il de même pour TiSA ?

    Connu sous son acronyme anglais TiSA, l’accord sur le commerce des services est actuellement négocié en secret par 27 Etats, dont la Suisse, dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce, l’OMC.

    La négociation a commencé en 2012 lorsque, ainsi que l’écrit le gouvernement canadien, «certains membres de l’OMC partageant un intérêt marqué à l’égard des services ont entamé des discussions sur de nouvelles approches visant à faire progresser la libéralisation du commerce des services».

    Méfie-toi de tes amis, surtout des bons…

    Autoproclamés VBA, pour «vrais bons amis» [des services], ce sont 27 pays, dont les Etats-Unis, la Suisse, l’Australie, le Canada et l’Union européenne qui, depuis, planchent sur un accord qui ne serait pas, toujours selon le gouvernement canadien «un simple accord entre Etats contractants, mais une partie intégrante du système OMC».

    Or, actuellement, l’ouverture des services à la concurrence, donc au marché, est réglée par l’accord général sur le commerce des services, l’AGCS, adopté en marge de la fondation de l’Organisation mondiale du commerce, l’OMC, en 1994. Il prévoit que certains services comme l'éducation, la santé et la couverture sociale de base ne soient pas soumis aux règles de libéralisation qui s’appliquent, par exemple, au trafic maritime ou aérien.

    C’est ce qui n’a pas l’air de plaire aux VBA pour qui «il faut promouvoir le libre échange des services» c'est-à-dire les ouvrir au marché. Ainsi, d’après ce que dénonce l’Internationale des services publics qui a révélé l’existence de ces négociations, ce sont les règles d’ouverture au marché que le nouvel accord modifierait.

    Ainsi, il propose d’une part une nouvelle norme. Alors que, d’après l’AGCS, étaient exclus de la libéralisation les «services fournis dans l’exercice de l’autorité gouvernementale», TiSA se veut un accord qui «n’exclut d’emblée aucun secteur des services». Dans ce but, il établit que peuvent être ouverts à la concurrence les services dans lesquels existent déjà, en marge du secteur public «des prestations gratuites et des services privés».

    Ce qui signifie tout simplement que aussi bien le secteur de la santé que celui de l’éducation échapperaient aux exceptions actuellement garanties par l’AGCS dans la mesure où, dans un secteur comme dans l’autre, existent déjà des prestations gratuites et des structures -écoles, cliniques- privées.

    Changer les règles du jeu

    Dès lors, les Etats seraient tenus d’observer une «neutralité concurrentielle», ce qui signifie que les pouvoirs publics, les gouvernements, ne pourraient en aucun cas privilégier les services publics. Ce qui imposerait, par exemple, un financement des écoles et cliniques privées à la hauteur de celui du secteur public…

    Il en irait de même pour ce que les VBA appellent les «mouvements temporaires de personnes naturelles», à savoir les mouvements migratoires de travailleurs actuellement encadrés par les règles de l’OIT, l’organisation internationale du travail et qui seraient confiées à l’OMC.

    Véritable programme de main basse sur les services publics -et donc sur les besoins de la population- TiSA est négociée en toute discrétion, à l’abri du regard des Parlements et, à fortiori, des populations. C’est ce que la sénatrice démocrate étasunienne Elizabeth Warren dénonce comme une tentative «d’effectuer discrètement, par l’intermédiaire d’accords commerciaux, ce qui ne peut être accompli publiquement, au vu et au su de tous» (bloomberg news, 23.05.2013).

    C’est pour cela que les autorités, y compris les gouvernements doivent être interpellées publiquement sur leur implication dans ce plan de bataille contre le bien commun. A travers, par exemple, la mobilisation lors du sommet de l’OMC prévu  Bali du 3 au 6 décembre prochain.

    L’occasion de voir syndicats et mouvements devant le bâtiment de cette institution à Genève début décembre pour que, à l’instar de l’AMI, TiSA s’éteigne aussi à la lumière du soleil?

    En attendant, il faut exiger du Conseil fédéral, et en particulier de la part des deux ministres PLR en charge du dossier, Burkhalter et Schneider-Amman, le retrait de la Suisse de ce si mal nommé groupe des «vrais bons amis».

     

    Paolo Gilardi 

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  • Obligation de servir: Oui, sans enthousiasme…

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    Qu’elle est loin l’initiative actuelle du GSsA de celle qui nous avait mobilisé.e.s il y a presque vingt-cinq ans. Alors que celle-là voulait supprimer l’armée, c’est l’juste l’obligation de servir que celle-ci voudrait abolir. Pour, prétendent certains militants, pouvoir ouvrir un vaste débat sur la sécurité.

    En attendant, ce sont les adversaires de l’initiative qui posent la question de l’existence d’une armée -qui serait menacée par l’initiative- alors que les porte-parole du GSsA ne cessent de s’en défendre, de prétendre que c’est après qu’on en discutera, laissant par ailleurs complètement ouverte la question d’une armée de volontaires, voire professionnelle…

    Alors qu’il y a vingt-cinq ans, c’était la lutte collective contre la militarisation, contre l’armée comme instrument de domination tant sur le plan international qu’en matière de sécurité intérieure, ce que le texte soumis le 22 septembre exige, c’est une posture individuelle, le droit de ne pas être obligé de servir. Les différences sont de taille.

    Cette obligation de servir n’est pourtant pas une affaire individuelle. Inscrite dans la Constitution fédérale, elle conditionne la citoyenneté -pour les individus mâles- à la soumission à cette obligation. La symbolique n’est pas secondaire.

    Présentée comme «école de la Nation», l’obligation de servir a toujours été fonctionnelle à l’apprentissage de la discipline et de la soumission aux ordres, quels qu’ils soient, à la formation d’individus prêts à marcher au pas. Belle idée de la Nation!

    C’est au nom de cet obéissance qu’on mobilisa aux frontières des milliers d’hommes à une époque où industriels et banquiers s’enrichissaient grâce au commerce avec ceux dont on disait vouloir se défendre.

    C’est pour obéir aux ordres que des jeunes soldats tirèrent sur des manifestant.e.s en novembre 1932 par exemple. Obéissantes, le furent aussi les troupes dépêchées pour occuper le Jura en 1968 tout comme celles envoyées pour protéger la construction de la centrale atomique de Gösgen…

    Certes, après 1989, la dite «école de la Nation» devenait trop chère, en premier lieu pour banques et grandes entreprises systématiquement obligées d’obvier aux absences d’employés et cadres astreints aux cours de répétition.

    Et puis, à l’heure des coupes dans les budgets sociaux, il a bien fallu couper aussi, un peu, si peu, dans les dépenses militaires.

    C’est ainsi que les effectifs de l’armée ont fondu, de quelques six-cent mille hommes en 1989 à cent-vingt mille aujourd’hui. Et, à la différence de ce qui se passait il y a vingt-cinq ans, se faire réformer est devenu un jeu alors que, à l’époque, la «voie bleue» relevait du parcours du… combattant.

    Sauf que l’obligation de servir, elle, elle est toujours là. Et elle n’est pas importante uniquement en termes symboliques, ce qui en soi suffirait pour en exiger l’abolition.

    Elle impose aussi à tous ces exemptés du service qu’un besoin d’effectifs réduits rend inaptes le paiement de la taxe militaire, une taxe particulièrement inique qui trouve sa justification unique dans l’obligation de servir.

    Symbolique et taxe militaire: ce sont les deux raisons fondamentales pour lesquelles je voterai en faveur de l’initiative du GSsA.

    Auxquelles s‘en ajoute une troisième, subsidiaire: au moment où ses opposants placent les enjeux en termes d’existence même de armée, il ne faudra surtout pas leur offrir une victoire par trop éclatante…

     

    Paolo Gilardi

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  • Exit, la loi Jornot!

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    Adoptée par une majorité populaire en mars 2012, la loi sur les manifestations –de fait, contre, les manifestations- a été vidée de sa substance ce 10 juillet par décision du Tribunal fédéral, la plus haute instance judiciaire du pays.

    Laissant transparaître leur lassitude de devoir statuer sur des «lois genevoises dictées par des considérations électoralistes», les juges de Montbenon ont en effet annulé ou fortement relativisé les mesures liberticides contenues dans la loi.

    Présentée au Grand Conseil genevois seulement six jours après les incidents survenus lors de la manifestation contre l’OMC fin-novembre 2009 par l’ancien député et actuel procureur général Olivier Jornot et par sa collègue libérale Nathalie Fontanet, la loi a été définie comme « bâclée » et « mal écrite » par les juges de la cour suprême.

    Désaveu !

    En particulier, en rappelant le principe du Code pénal selon lequel ne peut être punie que la participation directe à des actes délictueux ou à leur préparation, ils ont invalidé de fait la disposition essentielle de la Loi, celle qui attribuait aux organisateurs de manifestation la responsabilité objective de tout débordement survenant durant une manifestation. C’était une disposition lourde de conséquences dans la mesure où personne ne se serait plus avisé d’organiser une manifestation.

    De plus, le Tribunal fédéral a déclaré anticonstitutionnel l’article de la loi prévoyant la privation du droit d’organiser une manifestation durant une période pouvant aller jusqu’à cinq ans pour tout organisateur de manifestation qui se serait terminée par des «débordements» ou dont l’autorisation n’aurait pas été sollicitée.

    En troisième lieu, le TF anéantit la disposition prévoyant des amendes «pouvant s’échelonner de 10'000 à 100'000 francs» et appelle à des sanctions pécuniaires raisonnées –en fonction de la gravité des faits, des moyens financiers du prévenu etc- en cas de participation à des actes délictueux.

    Enfin, le TF rappelle que «l’obligation pour les organisateurs de manifestations d’organiser un service d’ordre» n’en est, justement, pas une. La police peut exiger que les manifestants mettent sur pied un service d’organisation, mais c’est à elle et à elle seule qu’il revient d’assurer aussi bien l’ordre public que la protection des manifestations.

    Qui interprète quoi ?

    Privée de son noyau dur, la loi Jornot devient ainsi largement caduque. Demeurent cependant des inquiétudes quant à l’application des recommandations du TF.

    En effet, si les principales dispositions liberticides sont annulées, reste le fait que ce sont l’administration et la justice qui sont appelées à interpréter les recommandations du TF, en matière d’amendes et de service d‘ordre notamment. Dans ces domaines, la marge d‘interprétation peut être plus ou moins large en fonction de qui interprète.

    Or, sur ce point, un problème institutionnel se pose. C’est en dernière instance au patron de la justice, au Procureur général, qu’il revient d’interpréter. Or, le procureur général n’est autre que l’un des deux auteurs d’une loi, «mal écrite et bâclée» que le TF a mis en charpies. Comment va-t-il interpréter les limites mises à sa propre loi ? N’y a-t-il pas là pour le moins confusion des genres ?

    Et une loi contre les grèves…

    Lors de l’adoption de la Loi contre les manifestations en mars 2012, la co-auteure du texte, Nathalie Fontanet s’était faite forte, au cours d’un débat radiophonique qui nous opposait, de poursuivre sur la bonne voie en déposant un autre projet de loi, conçu probablement avec le même Jornot, instituant un principe de réquisition en cas de grève dans la fonction publique.

    Après la loi contre les manifs, voilà donc la loi contre les grèves! La décision du TF va-t-elle suggérer à Mme Fontanet et à ses acolytes plus de prudence alors que le projet de loi est désormais devant le Parlement? Parier là-dessus serait fort risqué.

    C’est pourquoi, dans la continuité de la victoire remportée devant le TF, il est indispensable d‘organiser l’opposition à ce projet de loi contre les grèves, déjà avant qu’il soit adopté.

    Y compris par l’organisation de mouvements de grève, puisqu’ils sont nécessaires.

    Paolo Gilardi

     

     

     

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  • Spacieuses comment?

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    Professionnelle et déontologique, la Tribune de ce jour.

    C'est au moment où des centaines de milliers d'habitantes et habitants du Brésil descendent dans les rues pour contester les crédits pharaoniques pour le championnat du monde de foot, qu'elle nous fait presque toute une page sur le voyage d'Hitzfeld (l'homme au double doigt tendu) et Pont à Saõ Paulo pour choisir l'hôtel de l'équipe de Suisse au cas où elle se qualifiait...

    On saura que les joueurs auront tous "des chambres individuelles particulièrement spacieuses". 
    Spacieuses comment? Probablement plus spacieuses que les millions de pièces uniques dans lesquelles s'entassent des familles entières dans les favelas...

    Du grand journalisme!

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  • Erdogan, Burkhalter et Ruth Metzler

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    Alors que même Angela Merkel se dit «épouvantée, comme beaucoup de gens», par la répression en cours en Turquie, à l’heure où nous écrivons, ce lundi 17 juin, aucun signe de vie n’est donné de la part du Département fédéral des affaires étrangères. Et même si, d’ici la parution de cette note, une vague préoccupation était manifestée -bien tard- par Didier Burkhalter, cela ne changerait rien sur le fond : le silence observé jusqu’ici est complice.

    Et pour cause! Le nouvel Eldorado des investisseurs qu'est la Turquie, plaît énormément à la Suisse, en particulier à Switzerland Global Enterprises, l'association présidée par l'ancienne ministre Ruth Metzler et qui se charge de favoriser les investissements suisses à l'étranger.

    Ces dernières sont au nombre de 450 à investir en Turquie, un pays dont Switzerland Global Enterprises écrivait pas plus tard qu'avant hier, qu'il fait "saliver les investisseurs". Et quand on sait que les entreprises suisses y ont investi quelques 2,8 milliards de francs en 2011, il n'y a pas de raison de se plaindre d'un premier ministre qui remet au pas ceux qui s'opposent à la construction d'un mega centre commercial à la place d'un parc et d'une mosquée à la place du souvenir des morts du 1er mai 1977!

    Puisque ça fait "saliver les investisseurs"... 

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  • Aurait-on dû les ignorer?

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    N’eût-il as été plus sage de les ignorer, les admirateurs de Mussolini qui prétendent défiler dans les Pâquis ce 25 mai? Ne faut-il pas les traiter par le mépris plutôt que de se mobiliser pour les empêcher de parader? N’aurait-on pas mieux fait de les laisser fantasmer entre eux sur le retour à un passé dont la seule évocation leur procure l’érection, celle du bras droit?

    C’est en un premier temps ce qu’avaient pensé d’aucuns avant que les animateurs de l’association des habitants des Pâquis appellent la population à prendre possession de la Place de la Navigation pour y affirmer, le 25 mai, son refus de voir des nazis défiler dans le quartier. C’est un choix juste, important.

    La banalisation des groupuscules fascistes n’est pas de mise. D’abord, parce que, loin de l’image du boutonneux de bonne famille qui se fait mousser à la lecture du Mein Kampf, le militant de ces groupuscules est aussi souvent jeune travailleur, apprenti, chômeur, précaire: il trouve dans la rhétorique identitaire une lecture de ses frustrations et dans la «racaille» un exutoire.

    Ces admirateurs des Sturmabteilungen, les S.A. de Ernst Röhm, plus plébéiennes que les élitaires S.S., sont dangereux.

    C’est l’un d’eux qui a poignardé au ventre Nibor, le chanteur d’un groupe punk antifa, lors de la fête de la musique à Genève en 2012. Ce sont leurs camarades, ceux auxquels renvoient leurs sites, les auteurs d’agressions homophobes en France tout récemment. Ce sont des nazillons se revendiquant des mêmes fanions qui ont mis le feu à des immigrés à Rome.

    Ce sont leurs idoles de l’Aube dorée qui organisent la chasse à l’immigré dans les rues d’Athènes et de Salonique; ce sont eux qui expulsent de leurs conférences de presse les journalistes qui refusent de rendre hommage à leur chef… Le svastika tatoué dans le cou, ils défilent le bras levé.

    C’est avec ces gens que les nostalgiques locaux -du Duce et du Führer- œuvrent à la recomposition d’une Internationale noire.

    C’est avec le négationniste Soral, avec le théoricien raciste de «la super-négritude» Sémi Keba qu’ils organisent des conférences en faveur de la séparation des races, en soutien au bourreau de Damas ou pour un renouveau identitaire et ceci jusque dans la maison des associations à Genève.

    Ce sont ces hérauts de l’idée d’une «gauche nationale» -qui rappelle le «National-socialisme»- qui, sous prétexte «d’insécurité», voudraient permettre aux commerçants de s’armer pour se défendre face «à la racaille».

    Ce sont ces groupes aux accointances avérées avec certains élus du MCG et de l’UDC qui, en défilant dans les Pâquis voudraient se proposer comme le glaive de tous les Dupond-Lajoie et autres Thénardier.

    Jusqu’ici, ils se réunissaient dans les bois, en catimini.

    Aujourd’hui, c’est le pavé des Pâquis, les Pâquis populaires et multiculturels, qu’ils voudraient investir pour le faire résonner de leurs slogans et du bruit de leurs rangers cloutés.

    Les en empêcher est un devoir.

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  • Les amis de Georges

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    C’est sous le titre «Le collabo sans repentir» que Le Temps lui a consacré un portrait dans la série de l’été sur les «méchants de l’histoire suisse». C’est la date de son décès que commémore l’un des groupuscules qui voudraient défiler dans les Pâquis le 25 mai; c’est son nom que porte un autre de ces groupes, le «Cercle Georges Oltramare».

    Son nom évoque bien de choses aux plus de cinquante ans, moins aux autres. On l’appelait Géo du fait de la signature G.O. qui était la sienne lorsque, depuis les colonnes du quotidien «La Suisse» il tenait une rubrique tellement antisémite qu’elle lui valut d’être licencié. Licencié pour antisémitisme par un canard dont les colonnes suintaient de propos antisémites: faut le faire!

    Viré, ce petit-fils et frère de conseillers d’Etat -le grand-père radical Antoine Carteret et le frère André, socialiste- fonde son propre journal, Le Pilori. Il y cloue à tour de rôle et par «un langage et un graphisme d’une violence incroyable, la juiverie internationale, la franc-maçonnerie, le bolchévisme et le syndicalisme» comme l’explique l’historienne Marie Madeleine Grounauer[i].

    Le syndicalisme, Géo, n’est pas le seul à le combattre. Face à l’éclosion des syndicats, dès 1924, une partie du patronat -petits patrons du bâtiment, commerçants- s’organise et fonde l’Union de défense économique, l’UDE, pour combattre les grèves qui sont nombreuses. Ainsi, par exemple, plus de 200 entreprises ont été touchées par les grèves organisées par le syndicat du bâtiment, la FOBB entre 1929 et 1930.

    Juifs, francs-maçons et bolchéviques

    En 1932, la majorité de l’UDE fusionne avec l’Ordre politique national, l’organisation dirigée par Oltramare qui devient alors le leader de la nouvelle force politique, l’Union nationale. Fondée pour «délivrer Genève des francs-maçons qui la trahissent, des juifs qui la dépouillent et des politiciens qui la déshonorent», l’UN s’illustre immédiatement en organisant un meeting public de mise en accusation des dirigeants socialistes «Léon Nicole et [le] juif Jacques Dicker», le soir du 9 novembre.

    La suite est connue: alors que, courageux mais pas téméraires, Géo et les siens transforment leur assemblée publique et soirée privée, l’armée tire sur les manifestants et en tue treize.

    Avec 15 députés en 1932, l’UN va participer activement avec les partis de l’Entente bourgeoise à la lutte contre le gouvernement à majorité socialiste issu des élections de 1933. Contestant «les méfaits d’un capitalisme désordonné, anonyme ou international», l’organisation dirigée par Oltramare en viendra à vouloir interdire la lutte des classes.

    Préconisant le front uni de tous les partis bourgeois contre le socialisme, l’UN admire l’Italie fasciste parce que, disait Oltramare, «c’est le premier pays qui a su se débarrasser du marxisme», une affirmation que ne reniait pas le conseiller fédéral Motta.

    L’admiration ne se limite pas à singer les parades du Duce lors de défilés en uniforme, chemise grise et béret basque, dans les rues de Genève. Géo va aussi intriguer pour permettre l’entrée de l’Etat mussolinien dans le capital du «Journal de Genève» au moment où le fascisme cherchait à se défendre contre la condamnation internationale après l’invasion italienne de l’Ethiopie en 1934.

    Le Duce reconnaissant

    L’opération, un échec, vaudra à Géo la reconnaissance du Duce qui le recevra à Rome en mai 1937 et qui, d’après l’historien Mauro Cerutti, ne se montrera pas ingrat puisque «la propagande italienne, et Mussolini personnellement, surent se montrer particulièrement généreux avec leurs amis en Suisse[ii] .

    En 1938, Oltramare se rallie au nazisme. «Entré [à Paris] dans les fourgons de l’armée allemande deux jours après la conquête de la capitale française» comme l’écrivait en juin 1945 le Journal de Genève, il anime une rubrique, «Les Juifs contre la France », à Radio Paris, la voix de l’occupant.

    Convaincu que «un Juif reste un Juif avant d’être Genevois», Oltramare se défendra par la suite d’avoir dénoncé sur les ondes «les Juifs qui ne portaient pas l’étoile». Il se serait, «en toute objectivité, borné à signaler les appartements laissés vacants par les Juifs en fuite».

    Prophylaxie

    Condamné à mort par contumace en 1950, il vivra encore dix ans dans l‘Espagne franquiste et en Egypte.

    C’est cet infâme personnage pour qui, comme pour Goebbels, «les persécutions sont odieuses [mais] les mesures de prophylaxie nécessaires», qui inspire ceux qui voudraient défiler dans les Pâquis le 25 mai…

    Paolo Gilardi

     

     



    [i] Son petit livre, La Genève rouge de Léon Nicole, paru en 1975 devint à cette époque le best-seller de la gauche radicale genevoise.  

    [ii] Mauro Cerutti, Gorges Oltramare et l’Italie fasciste dans les années trente.

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  • Un pas a été franchi

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    Avec le licenciement des grévistes de l’hôpital de La Providence, un pas a été franchi.

    Après avoir usé et abusé d’un discours presque naturaliste sur l’inéluctable renoncement à la convention collective «seul garant» du rachat de l’hôpital par le groupe d’affaires Genolier, après le chantage à l’emploi, c’est au licenciement collectif, au lock-out, que les patrons recourent.

    Jusqu’ici, ils s’étaient retenus. Certes, leur télé a tout fait pour les isoler, les grévistes. Leurs journaux n’ont cessé de décrier «une grève minoritaire et irresponsable», tandis que leurs élus s’alignaient devant les exigences de Genolier.

    Ils ont aussi distribué les points: les bons à celles et ceux qui ont plié, acculés par le chantage, et se sont remis au travail, à contrecœur mais soumis. Les mauvais, aux autres, aux insoumis.es.

    Que le patronat décrète quels sont les bons et les mauvais syndicats, ce n’est pas une nouveauté. Car rien n’est plus insupportable aux yeux des patrons qu’un syndicat qui est ce qu’il est censé être, l’outil des travailleurs qui n’hésite pas à recourir à la grève, s’il le faut.

    Mais, ce qui leur est encore plus intolérable, aux patrons, c’est que, malgré les pressions, malgré le chantage, malgré l’oubli dans lequel on voudrait bien les confiner, les salariés, eux, résistent. Et que, même devant la menace ultime, le licenciement, ils décident de continuer la grève. Voilà pourquoi il faut les faire payer, les effronté.e.s! Viré.e.s !

    L’attaque est inédite, depuis les années trente. Elle sert de message à toutes celles et tous ceux pour qui se saigner pour garantir les dividendes des actionnaires n’est pas dans la nature des choses: c’est une menace pour quiconque voudrait se mettre en grève.

    La tâche leur a été grandement facilitée. Par une conseillère d’Etat d’abord, socialiste, qui, dès le début, a pris fait et cause pour le patron. Par une gauche parlementaire, modérée ou soi-disant radicale, qui a attendu le 60ème jour de grève pour se réveiller. Et par des syndicats qui, adeptes du «chacun pour sa branche», ont peu fait pour populariser la grève de La Providence.

    Or, en touchant au contrat collectif de travail et au droit de grève, c’est à la raison d’être des syndicats que le patronat s’en prend. C’est leur existence qui est en jeu: privés de ces outils indispensables à la vente collective de la force de travail, ils ne seront que ce que les patrons veulent, de «bons» syndicats.

    Ainsi, c’est le dispositif de défense de l’ensemble des salarié.e.s qui est visé. Et cela nécessite une riposte bien plus musclée que les rodomontades de circonstance ou les drapeaux syndicaux brandis devant les cliniques du groupe Genolier.

    Car, tout comme la réintégration des grévistes licencié.e.s, la reconnaissance dans les faits du droit de grève, exige la mobilisation la plus ample possible.

    A commencer par la manifestation de ce 16 février à Neuch’.  

    Paolo Gilardi

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  • Et si le 3 mars? Question de plan B...

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    Conseil d’Etat et supporters de la LCPEG ne cessent de donner dans l’alarmisme : si la loi était refusée le 3 mars, prétendent-ils, Genève serait condamnée à 10 ans de crise politique, rien que ça. Mais qu’en est-il vraiment ?

    Après nous le déluge ?

    Si le Non devait l’emporter, Genève disposerait jusqu’au 1er janvier 2014 pour mettre sa loi en conformité avec la loi fédérale. D'après le département des finances, il pourrait même demander que le délai du 1er janvier soit reporté "d'au minimum six mois".

    Si le canton ne devait pas se mettre en conformité, resteraient deux hypothèses, la liquidation de la CIA ou la capitalisation forcée à 100% par l’Etat de la nouvelle caisse.

    D’après les calculs du Département des finances, une liquidation de la CIA coûterait quelque huit milliards à l’Etat de Genève car c’est lui qui reprendrait à son compte le versement des prestations de libre passage pour les actuels assurés et le paiement de toutes les rentes dues par la caisse.

    Une capitalisation totale imposée par l’autorité de surveillance coûterait quant à elle quelque onze milliards à l’Etat de Genève, donc aux contribuables.

    Dans les deux cas, aussi bien les finances publiques que l’image du Canton, sans parler de sa notation, seraient mises à mal.

    C’est pourquoi, pour ne pas courir ces risques, le gouvernement n’aurait plus qu’une solution: négocier avec les syndicats représentant le personnel une nouvelle LCPEG qui ne prétérite pas autant les salarié-e-s des services publics.  

    L’effort qui leur est demandé actuellement -augmentation des cotisations, baisse des rentes et allongement de la durée du travail- représente une moyenne de 159 millions par an. Dans une nouvelle loi, il pourrait être pris en charge partiellement ou totalement par l’Etat.

    Une autre LCPEG est possible

    C’est possible et sans augmenter les impôts puisque, en taxant les niches fiscales que la droite n’a pas voulu supprimer au Parlement et en supprimant les 690 forfaits fiscaux dont bénéficient de richissimes étrangers on trouverait l’argent qu’il faut!

    La responsabilité du gouvernement serait ainsi engagée: ce serait à lui, et avec lui aux partis des banques et de la finance, de tout faire pour éviter ce qu’il appelle «le chaos».

    C’est à lui de négocier une nouvelle LCPEG qui ne puise pas de l’argent frais dans les poches de celles et ceux qui travaillent pour renflouer les banques et les compagnies d’assurance, celles-là même qui ont indûment encaissé des surprimes et refusent de nous les rendre.

    Et si c’était oui ?

    Par contre, si un Oui venait à sortir des urnes, ce ne serait qu’une première étape.

    Une fois eu l’assentiment populaire au fait que pour renflouer les caisses, c’est aux salariés qu’il faut s’en prendre, les représentants du grand patronat ne vont plus se gêner.

    Le chef de file du Parti libéral-radical, Pierre Weiss n’a-t-il pas déjà annoncé que, en cas de l’acceptation de la LCPEG le 3 mars, il allait déposer un nouveau projet de loi la durcissant ?

    C’est devant l’assemblée des délégués du PLR qu’il l’a promis, le 10 janvier. Une fois levé «grâce à la collaboration des Verts et des Socialistes et de certains syndicats, l’obstacle mental à une remise en cause des retraites des fonctionnaires», c’est à la primauté des prestations, à l’âge de la retraite, à la reconnaissance de la pénibilité de certaines tâches et au financement majoritaire du 2ème pilier par l’Etat, qu’il va s’en prendre!

    De même, c’est le 7 mars que le PLR va décider du lancement d’une initiative pour instaurer le salaire au mérite pour le personnel de l’Etat. Un oui le 3 mars l’y encouragerait fortement.

    Voilà, pourquoi, encore une fois, il faut dire NON à cette LCPEG le 3 mars.    

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  • Une simple règle de trois

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    Ca vous rappelle quelque chose, la règle de trois ? Si, si, une fois ou l’autre, nous l’avons tous apprise à l’école…

    Reprenons, donc. L’Etat prend à son compte 45% de la capitalisation de la nouvelle caisse, soit quelques 6 milliards de francs en quarante ans, ou 130 millions par an. 
    Restent, pour arriver à cent, 55% à charge du personnel.

    D’après l’information diffusée par le Conseil d’Etat, les employé.e.s de l'Etat viendraient à contribuer à hauteur de 2,6 milliards, toujours en quarante ans.

    Sauf que, si les 6 milliards à charge de l’Etat représentent 45%, les 2,6 milliards à charge du personnel sont loin de représenter les 55% autres…

    En fait, ils ne représentent qu’une partie de l’effort, celui consenti en termes d’augmentation des cotisations. Le reste sera représenté par des rentes amputées de plusieurs centaines de francs par mois et par des années supplémentaires de travail.

    Toutes des choses qui, aux yeux du Conseil d’Etat et du parlement, tout comme à ceux d’une presse aux ordres, ne sembleraient pas représenter un effort… 
    Si c’en est pas un, c’est quoi alors, juste du fun ?

    Ayant appris quelques notions dans une école qui, quoi qu’on en dise, sert toujours à quelque chose, la règle de trois nous l’appliquons. Et nous nous rendons compte du fait que

    130 millions : 45 x 55 = 158,88 millions.

    C’est ainsi un effort de presque 159 millions de francs par an qui est demandé au personnel de l’Etat.
    Au lecteur le loisir de refaire l’exercice en divisant les six milliards par 45 avant de multiplier le résultat par 55 pour mesurer l’ampleur de l’effort demandé au personnel sur quarante ans.

    C’est même plus simple à faire qu’à dire…

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  • Citation hors contexte

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    Monsieur le rédacteur en chef,

    Cité hors contexte à des fins polémiques par votre éditorial de ce jour, je tiens à préciser qu’en aucun cas le privilège qu’ont la plupart des « fonctionnaires » d’accomplir des tâches d’utilité publique, ne peut justifier qu’on leur impose des sacrifices à hauteur de 159 millions de francs par an pendant quarante ans pour renflouer la nouvelle caisse de retraite et, en fin de compte, renflouer les banques et les compagnies d’assurance qui gèreront les avoirs de la nouvelle caisse, si jamais celle-ci voyait le jour..

    Quant à la conclusion de votre éditorial selon laquelle la seule issue en cas de refus populaire le 3 mars serait «l’explosion du système» elle laisse songeur aussi bien par sa pauvreté argumentative que par les limites qu’elle impose au droit du peuple de se prononcer.

    Paolo Gilardi

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  • Mario et Mariano, ces héros!

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    «Mais, pas d’illusions: cette somme, équivalente à 1% du PIB de l’UE (…) demeure symbolique». C’est ainsi que le quotidien Le Temps du 30 juin caractérise la décision prise la veille par les chefs de gouvernement de l’UE d’une aide de 120 à 130 milliards -dont 60 avant la fin de l’année- pour sauver les banques espagnoles et italiennes.

    Face aux milliers de milliards mis à disposition des banques en 2008-2009, ce sont en effet des peanuts que ces 120 milliards qu’on dit destinés à la croissance. Et qui ne le sont pas, à moins de considérer que l’aide européenne directe aux banques -sans, donc, que cela alourdisse les dettes souveraines des Etats- soit une incitation à la croissance…

    C’est pourtant cette somme «symbolique» que l’on présente comme un coup de pouce «aux pays vertueux» dans une «Europe qui doit retrouver de la compétitivité» comme l’explique la presse italienne.

    L’Allemagne veut bien contribuer à travers du Fond européen de stabilité financière et du futur Mécanisme européen de stabilité, mais à la condition d’une posture vertueuse, c'est-à-dire, d’une poursuite et d’un approfondissement des contre-réformes sociales.

    Car, pour les banquiers et financiers, à défaut de solutions à la crise de l’euro, regagner de la compétitivité est synonyme de réduction des coûts de la main-d’œuvre, de baisse drastique des retraites, d’allongement de la durée du travail, de flexibilisation, et de vente, voire de bradage, des biens publics par le biais des privatisations.

    Ce sont les recettes que, pétris de vertu, imposent à leurs peuples Mario Monti et Mariano Rajoy, les chefs des gouvernements italien et espagnol, que la négociation de Bruxelles a, d’après Der Spiegel, élevés au statut de «meilleurs partenaires possibles de l’Allemagne».

    Car, c’est sans tergiversations que ces deux là s’appliquent à réduire les coûts du travail et des retraites et font fi des réticences et résistances de leurs populations. Ce sont eux qu’on montre en modèle au gouvernement d’union nationale récemment mis sur pied en Grèce, qu’on montre aussi aux Portugais et autres Irlandais. Les voilà, les nouveaux héros.

    C’est derrière leur image d’exécutants zélés que se rassemblent les puissants d’Europe. Tous les puissants d’Europe. Car, au-delà des désaccords sur l’euro, de Berlin à Paris, de Rome à Madrid, de Londres à Athènes, la solidarité des classes dominantes est sans failles autour d’un même projet de réduction massive des conditions de vie des populations.

    C’est au nom de leur solidarité de classe que le Financial Times exhortait les Grecs à «ne pas faire le saut dans le vide» en votant pour Syriza, c'est-à-dire contre les mémorandums imposés par la Troïka.

    Contre cette solidarité là, c’est la solidarité de ceux d’en bas qu’il faut construire, pour faire vivre l’espoir auquel les résultats de Syriza et les résistances des peuples, le grec en premier lieu, donnent corps.

    Et c'est ce mercredi à 18h30 à la maison des associations que se réunit le néo-constitué Comité de soutien au peuple grec. On vous y attend.

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